Le vosgien Schappe Techniques apporte sa pierre à la mission américaine Mars 2020. HanesBrands vend sa filiale Europe qui abrite les collants Dim. Le Grand Nancy met un coup d’arrêt à son projet de tramway sur fer. Crossject attend un coup de puce de l’état pour le lancement de son auto-injecteur de médicaments. LCDP reconvertit l’ancien siège de la Carsat à Dijon en complexe immobilier bas carbone avec Engie Solutions. Apsiis, une association Nord-Franche-Comté pour ne pas perdre l’ingénierie malmenée par GE Belfort.


• Le vosgien Schappe Techniques apporte sa pierre à la mission américaine Mars 2020


Les échantillons de terre collectés par le rover Perseverance de la Nasa dont l’atterrissage sur Mars a eu lieu hier soir 18 février, seront rapatriés sur terre notamment grâce au savoir-faire de Schappe Techniques à La Croix-aux-Mines (Vosges). La manufacture textile a produit les fils techniques qui constitueront le bouclier thermique de la capsule chargée du transport des échantillons de terre martienne que l’engin va rapporter en 2030.
« Nous avons peu de concurrents dans le monde capable de filer une grande variété de matériaux, du carbone aux aramides, en passant par l’acier et les thermoplastiques », expose Laurent Chaigneau, le gérant et principal actionnaire de Schappe Techniques.
La manufacture a livré six tonnes de bobines d’un fil spécifique, d’une déformabilité jusqu’à 25 % sans casser et d’une résistance identique à celle d’un produit plat.
Fondée il y a un siècle et demi, l’entreprise basée à Blyes (Ain) emploie l’essentiel de ses 110 salariés à La Croix-aux-Mines (Vosges). Elle réalise un chiffre d’affaires de 100 millions d’€ dans l’aérospatiale, la défense, les équipements de protection individuelle, les vitrages automobiles, les kimonos et les joints d’étanchéité. P.B.

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HanesBrands vend sa filiale Europe qui abrite les collants Dim

Le groupe américain HanesBrands (chiffre d’affaires de 1,8 milliard de dollars) veut recentrer ses activités sur les Etats-Unis, a t-il annoncé évoquant « des alternatives stratégiques » pour sa filiale Europe qui exploite Dim, entreprise emblématique d’Autun qui emploie encore 650 salariés. « L’opération va prendre entre 9 et 18 mois », a indiqué à l’AFP,  Luc Marti, le secrétaire du CSE central de Hanes France.
Syndicats et élus locaux s'interrogent sur les conséquences sociales sur cette petite ville de Saône-et-Loire dont Dim est le premier employeur.
La marque de lingerie qui fabrique à Autun des collants (les autres sous-vêtements en Roumanie) avait déjà perdu près de 300 emplois lorsque HanesBrands l'avait rachetée en 2014 à DBApparel, filiale du fonds américain Sun Capital Partners.
L’entreprise est née en 1953 à Troyes à l’initiative de Bernard Giberstein sous le nom de Bégy, transférée trois ans plus tard à Autun où il fut le premier en France à fabriquer des bas en nylon puis sans couture. Le nom de Dim a été créé 10 ans plus par  le publiciste Marcel Bleustein-Blanchet, fondateur de Publicis, en référence au « bas DIManche », ainsi baptisé car à l’époque on s’endimanchait encore.
Dim a ensuite eu comme propriétaire le groupe français BIC en 1973, puis l’américain Sara Lee et en 1988, DBApparel qui possédait les marques Wonderbra et Playtex. C.P.

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• Le concepteur de l'auto-injecteur de médicaments Crossject reçoit un coup du plan de relance

 

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Crossject a développé un injecteur de médicaments sans aiguille pour l’administration de médicaments en cas d’urgence, en attente d’une autorisation de mise sur le marché. © Crossject


Le concepteur du médicament prêt à l’emploi par auto-injection a reçu ce vendredi 19 février la visite Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, sur son site de Gray (Haute-Saône). Patrick Alexandre, le PDG de Crossject, s'est entend attribuer une aide de l’Etat de 1,5 million d'€ dans le cadre du plan France Relance, pour poursuivre son chemin vers l’industrialisation de Zenoe®, son auto-injecteur sans aiguille. L’an dernier, il s’est doté d’un outil industriel d’une capacité de 6 millions d’unités, phase intermédiaire avant la construction d’un site neuf de 7.000 à 10.000 m2  chiffré entre 10 et 20 millions d’€.
Les perspectives de développement de cette technologie de rupture sont grandes entre les phobiques aux aiguilles et les soins d’urgence pour huit médicaments en développement : crise d’asthme sévère, surdose d’opiacés, choc allergique ou encore crise d’épilepsie.
En décembre 2020, Crossject côté en bourse depuis 2014, avait levé 12 millions d’€ sous forme d’obligations pour sécuriser l'essentiel de ses besoins de trésorerie en 2021 et clore la demande d'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM), retardée l’an dernier à cause de la Covid-19. Ce coup de pouce du plan de relance lui donne une marge de manoeure supplémentaire avant d'atteindre ce but. C.P.


 

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• Le Grand Nancy met un coup d’arrêt à son projet de tramway sur fer

 

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L’autorisation de circuler de la technologie actuelle Bombardier arrive à échéance le 31 décembre 2022. © Philippe Bohlinger


Le Grand Nancy a décidé ce 11 février de suspendre le projet de tramway sur fer dans lequel il prévoyait d’investir près d’un demi-milliard d’€. Le nouveau président de la métropole, Mathieu Klein (PS), ne cachait pas sa volonté de réétudier le projet à l’aulne de la crise sanitaire et d’un rapport de la Chambre régionale des comptes pointant l’impact du projet sur une agglomération déjà fortement endettée.
Le dossier porté par la précédente majorité avait obtenu sa déclaration d’utilité publique il y a un an. Il visait à remplacer l’actuelle ligne 1 du réseau de transport urbain dont la technologie hybride Bombardier est aujourd’hui obsolète. L’autorisation de circuler du matériel roulant, capable de se déplacer sur un rail central comme sur route, arrive à échéance le 31 décembre 2022.
Pour Patrick Hatzig, vice-président aux mobilités du Grand Nancy, « ce n’est pas pour autant la fin du tram ! Nous engageons sept mois supplémentaires de réflexion en vue de définir un nouveau projet de déplacement tous modes. » Il évoque 20 km supplémentaires de ligne en site propre pour le réseau de transport urbain, un objectif de 200 km de pistes cyclables sécurisées, le développement de zones piétonnes en centre-ville, etc. P.B.

 

flandria

 
• LCDP reconvertit l’ancien siège de la Carsat à Dijon en complexe immobilier bas carbone avec Engie Solutions

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Un parc arboré clos occupera le tiers de la surface du site de 30 000 m2. © Archigroup


L’immeuble imposant en zone d’activité Cap Nord à Dijon a abrité depuis toujours les services de la Carsat Bourgogne-Franche-Comté. Depuis leur déménagement en 2016 sur la zone Valmy, LCDP a racheté en 2018 ce bâti de 18.000 m2 et lance aujourd’hui, une opération de reconversion d’ampleur.
Avec le concours des architectes d’Archigroup, le promoteur dijonnais transforme l’immeuble de 6 niveaux en un programme de bureaux, baptisé Tellus, comprenant aussi une offre d’hébergement. Sur 4 niveaux sont également prévus un tiers-lieu et de nombreux services pour les occupants de la zone d’activité, la plus grande de l’agglomération dijonnaise avec 500 entreprises : restaurant avec terrasse, salles de réunions en location, amphithéâtre, datacenter, crèche privée, salle de sport, conciergerie, espaces de bien-être, salle d’escalade en intérieur…
Mais surtout, LCDP veut en faire « un site exemplaire en termes de responsabilité environnementale et de sobriété énergétique. » Le promoteur souligne notamment sa volonté de réemployer le maximum des matériaux dans le cadre d’une démarche C2C (« cradle-to-cradle », berceau à berceau).
Pour y parvenir, LCDP s’est associé à Aire Nouvelle, filiale de promotion immobilière et d’aménagement d’Engie Solutions. L’immeuble bénéficiant de 5.000 m2 de toitures produira une partie de son énergie. Les promoteurs veulent ausi innover en matière de mobilité douce, pensant notamment à l'hydrogène. Un gros chantier en perspective, l’immeuble construit à la fin des années 1970 ayant une grande partie de ses plafonds et cloisons en amiante, matériau utilisé à l’époque comme coupe-feu. C.P.

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© Archigroup.

 

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Une association Nord-Franche-Comté pour ne pas perdre l’ingénierie malmenée par GE Belfort

Syndicalistes, entrepreneurs et consultants du Nord-Franche-Comté se réunissent dans Apsiis. Cette association se constitue dans le but de garder et cultiver sur place les compétences d’ingénierie qui quittent peu à peu le territoire au fil de la réduction de voilure de General Electric à Belfort.
Dévoilée mardi 16 février, elle est fondée par quatre délégués syndicaux Sud et CFE-CGC de General Electric autour de Philippe Petitcolin, rejoints par plusieurs acteurs économiques, dont l’Agence économique régionale Bourgogne-Franche-Comté (AER). Parmi ses membres, on compte les entreprises locales, Euro-CFD et Eimi, et le groupe Altran, l’objectif consistant à réunir dans les prochains mois une trentaine d’adhérents : industriels, universitaires, pouvoirs publics… Apsiis a pour vocation de poser des jalons, ce que suggère son nom complet : « Association de préfiguration de sociétés d’intégration et ingénierie systèmes ».
Comparé à un « incubateur industriel » par le consultant membre Jean Maillard, elle entend collecter les idées locales dans le domaine de l’ingénierie pour l’énergie (hydrogène et nucléaire en premier lieu) ou pour d’autres applications, les faire instruire par un comité technique et les transformer en projets concrets en les mettant en rapport avec des financeurs et en aidant à construire un business plan : création d’entreprise, partenariat avec un groupe, etc.
Dès lors, Apsiis n’entend pas durer éternellement, mais « impulser une dynamique, sur 9 à 18 mois », selon Philippe Petitcolin. « L’initiative est tournée vers les entreprises locales et vers les extérieures intéressées à s’installer ici pour développer des projets », ajoute Jean Maillard. M.N.

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