Le papetier Norske Skog injecte 250 millions d’€ sur son site de Golbey dans les Vosges. Masqué, Amazon cherche un – gros - point de chute en Alsace voire à Belfort. Fessenheim ferme sans tambours ni trompettes. La question des rendements divise toujours les viticulteurs alsaciens. Jules Cunin reprend le fabricant de poutres en bois lamellé-collé Vosges Lam. Le projet d’usine de masques de Dräger cherche un pied à terre dans le Bas-Rhin. HypnoVR lève 1,7 million d’€. Entre Moselle, Sarre et Luxembourg, les prémices de l’hydrogène européen.


• Le papetier Norske Skog injecte 250 millions d’€ sur son site de Golbey dans les Vosges


Le norvégien Norske Skog a annoncé le 17 juin dernier un projet d’investir 250 millions d’€ en vue de diversifier la production de son site de Golbey (Vosges). L’usine qui emploie 334 personnes dans la fabrication de papier journal, se lancera à partir de 2023 sur le marché de l’emballage ou « packaging ». Dans le détail, Norske Skog va convertir une de ses unités de fabrication de papier journal pour faire du papier recyclé destiné aux cartons d’emballage. A terme, le site de Golbey affichera une capacité annuelle de 555.000 tonnes de papier pour l’emballage et 330.000 tonnes de papier journal.

Le groupe papetier qui emploie au total 2.300 personnes, va transformer une autre unité sur son site de Bruck (Autriche) pour 90 millions d’€ d’investissement. « Les conversions sur les sites de Golbey et de Bruck sont des investissements rentables. Ils permettront à Norske Skog d’établir une forte présence sur le marché du packaging » argumente Sven Ombudstvedt, directeur-général. Cette rationalisation des capacités de production répond à la baisse de la consommation de papier journal constatée en Europe depuis plusieurs années. Philippe Bohinger

 

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• Masqué, Amazon cherche un – gros -  point de chute entre Alsace et Belfort

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Amazon pourrait rejoindre la mégazone d'activités de Dambach-la-Ville


Amazon atterrira-t-il en Alsace, et où ? L’hypothèse de la construction d’une plate-forme logistique de l’ordre de 150.000 m2 pour le géant de l’e-commerce apparaît de plus en plus plausible. Elle constituerait son plus important entrepôt dans l’Est, loin devant celui de Metz-Frescaty de 85.000 m2 en cours de travaux. Comme d’habitude avec le groupe américain, le projet est entouré de ce halo de mystère, de clauses de confidentialité et de faux-semblants qui place les élus locaux en porte-à-faux et ne fait qu’attiser la contestation locale. Dambach-la-Ville (Bas-Rhin) et sa mégazone où de grandes parcelles restent vides tient la corde.

Le président sortant de la communauté de communes du Pays de Barr, Gilbert Scholly, a consenti à reconnaître des contacts depuis plus d’un an, sans en dévoiler beaucoup plus. L’installation, ce 10 juillet, du nouveau conseil communautaire s’annonce animée, les élus y seront « accueillis » par une manifestation du collectif d’opposants, " Chaudron des alternatives" .

Mais les regards se tournent aussi vers Ensisheim (Haut-Rhin) où le dossier d’enquête publique d’un certain Eurovia 16 Project intrigue. Cette société française à capitaux luxembourgeois, présentée comme investisseur logistique, pourrait fort constituer le paravent d’Amazon. De même que Vailog à l’Aéroparc de Fontaine (Territoire de Belfort) ?
Dans ce contexte de vigilance générale, les élus d’opposition au Grand Belfort et au département soupçonnent le projet de 80.000 m2 de Vailog présenté en début d’année, de « rouler » pour le géant américain. Sans avoir obtenu de réponse explicité des exécutifs. Vailog s’était soigneusement gardé de renseigner sur l’identité de son client final sur place. A chaque fois, l’argument est brandi de la création d’un millier d’emplois. Et il fait débat. Mathieu Noyer

 

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• Fessenheim ferme sans tambours ni trompettes

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Le pupitre de conduite de la centrale nucélaire de Fessenheim définitivement hors service.

Aucune cérémonie officielle, aucun ministre : la discrétion la plus totale a présidé lundi 29 et mardi 30 juin à l’arrêt définitif de la centrale nucléaire de Fessenheim, événement pourtant historique. Après le premier fin février, le second réacteur a été débranché, ouvrant la voie à une longue phase de démantèlement, jusque vers 2040. Il restera encore 450 agents EDF à la fin de cette année, puis 60 en 2025.

Le territoire, lui, doit se reconvertir, et l’échéance du 30 juin est à nouveau l’occasion pour lui de souligner les faibles avancées du programme concocté par l’Etat et signé il y a plus d’un an, le 1er février 2019. Aucun de ses chapitres (emploi, mobilité, nouvelles énergies pour un territoire bas carbone, industrie du futur) n’a vraiment décollé.  L’Etat met en avant son appel d’offres de 300 mégawatts de photovoltaïque « représentant un engagement financier de 250 millions d’€ » et les études préliminaires au raccordement ferroviaire transfrontalier entre Colmar et Fribourg-en-Brisgau.

Les outils censés faciliter la mise en œuvre de la reconversion mettent plus de temps qu’espéré à se constituer, ou à se débloquer. La Société d’économie mixte transfrontalière de pilotage de la reconversion attendra encore la fin de cette année pour se créer. La zone d’activité EcoRhena fer de lance voit sa surface se réduire au fur et à mesure des contraintes environnementales pour se ramener à quelque 90 hectares, et les questions de fiscalité locale sur l’après-Fessenheim cristallisées autour du Fonds national de garantie individuelle des ressources ne sont pas réglées.

Le projet emblématique d’un Technocentre pilote européen du démantèlement nucléaire n’a reçu qu’un soutien du bout des lèvres du gouvernement. Député (LR) du Haut-Rhin et président de la mission d’information parlementaire sur le suivi de la fermeture, Raphaël Schellenberger exprime le sentiment majoritaire : « l’Etat est indifférent à la reconversion. Sa priorité, c’était la fermeture, et c’est tout. » Mathieu Noyer


• La question des rendements divise toujours les viticulteurs alsaciens


Les tensions étaient déjà vives dans le vignoble alsacien en début d’année, mais la crise sanitaire n’a rien arrangé. En mai 2020, en volume les ventes de vins d’Alsace ont baissé de 33% par rapport à l’an passé. Pour écouler leurs stocks, certains vignerons ont candidaté au dispositif de distillation de crise.  « Aujourd’hui, plus personne ne peut nier que nous sommes en surstocks », indique un cadre de l’Association des viticulteurs d’Alsace (AVA).
Les vignerons récoltants et les négociants ont proposé de baisser les rendements de 80 hectolitres/hectare à 60. Mais les coopérateurs ne souhaitaient pas descendre en-dessous de 70 hectolitres/hectare. Un consensus à 65 hectolitres/hectare a été refusé, chacun restant campé sur ses positions et finalement, à la mi-juin, le conseil d’administration de l’AVA a voté pour des rendements à 60 hectolitres/hectare.
Le 25 juin, 500 viticulteurs alsaciens ont manifesté devant la Maison des Vins d’Alsace à Colmar pour protester contre cette décision. Avant l’assemblée générale de l’AVA le 16 juillet à Colmar, le conseil d’administration doit se réunir à nouveau la semaine prochaine pour essayer de trouver un terrain d’entente. Les vignerons indépendants et les négociants se disent finalement prêts à voter le compromis à 65 hectolitres/hectare. Reste à connaître la position des caves coopératives… Julie Giorgi

 

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• Jules Cunin reprend le fabricant de poutres en bois lamellé-collé Vosges Lam

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Jules Cunin veut recentrer l’activité de Vosges Lam sur les poutres de longue portée, avec l’objectif de tripler l’activité d’ici trois ans. © Traces Ecrites


L'entreprise du bâtiment Jules Cunin à Contrexéville (Vosges) a bouclé pendant le confinement le rachat de Vosges Lam, ex Weisrock. Le groupe familial qui emploie 280 personnes (chiffre d’affaires en 2019 de 38 millions d’€) intègre ainsi le savoir-faire reconnu de son homologue de Saulcy-sur-Meurthe (Vosges) dans la fabrication de poutres de longue portée en bois, des produits obtenus par collage de lamelles parallèles ou « lamellé-collé ».

Créé il y a presque 150 ans, Vosges Lam avait été repris il y a trois ans à l’allemand Haas par Pierre Adolff-Peduzzi, ancien directeur France du groupe Haas. L’entreprise de 60 personnes a été rebaptisée Weisrock Vosges par son nouveau propriétaire, en référence à la marque qui fait la réputation internationale de la société.  « Nous entendons recentrer l’entreprise sur son cœur de métier, la conception et la fabrication industrielle de poutres de longue portée, avec l’objectif de tripler l’activité d’ici trois ans », livre Serge Cunin, président de Jules Cunin.
L’activité de pose de Vosges Lam qui représentait la moitié du chiffre d’affaires de 10 millions d’€ est intégrée au pôle « couverture étanchéité » de Jules Culin. L’entreprise familiale est spécialisé dans les lots techniques du bâtiment : plomberie, climatisation, électricité industrielle et couverture-étanchéité. Philippe Bohinger


• Le projet d’usine de masques de Dräger cherche un pied à terre dans le Bas-Rhin


Le groupe allemand Dräger spécialisé dans le domaine des technologies médicales et de sécurité va investir dans une usine de fabrication de masques de protection de type FFP2/FFP3. Elle devrait être implantée dans les mois à venir dans le Bas-Rhin. L’endroit exact, la superficie de l’usine et le nombre d’emplois créés n’ont pas encore été communiqués par l’entreprise.
Les masques de protection produits seront destinés à servir le secteur sanitaire, industriel, les services d’incendie et de secours, et les autorités civiles et militaires. Dräger a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 2,8 milliards d’€ en 2019. Aujourd'hui, le groupe est présent dans plus de 190 pays et compte plus de 14.000 employés dans le monde. Julie Giorgi

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• La start-up HypnoVR lève 1,7 million d’€

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HypnoVR a conçu un logiciel de réalité virtuelle pour l’anesthésie et le traitement de la douleur et de l’anxiété. © HypnoVR


Fondée en 2016 à Strasbourg, HypnoVR sécurise 1,7 million d’€ de financements pour accélérer le développement de sa technologie : un logiciel de réalité virtuelle capable de plonger et maintenir un patient en état d’hypnose. Acquis au cours des derniers mois, ce financement mixte combine une augmentation de capital, un soutien bancaire et des financements publics.
L’augmentation de capital est répartie entre les investisseurs historiques, de nouveaux et les trois fondateurs. La start-up qui emploie 14 collaborateurs, bénéficie aussi d'un soutien financier (sous forme de subvention et d'avance remboursable) de près de 500.000 € du Programme d'Investissement d'Avenir (PIA) et de la Région Grand Est.

HypnoVR compte aujourd’hui neuf études cliniques mettant en avant les bénéfices de l'hypnose dans différentes spécialités et indications dont la chirurgie pédiatrique, la chirurgie dentaire, la gynécologie, l’anesthésie et l’urologie. Une partie des fonds sera attribuée à la mise en place de nouvelles études cliniques ainsi qu’au développement de nouvelles solutions de gestion de la douleur aigue, de la douleur chronique et de l’anxiété.

HypnoVR est déjà présent dans plus d’une centaine d’établissements de santé en France, en Suisse et en Belgique grâce à sa propre équipe commerciale. Ses logiciels sont distribués par deux centrales d'achat publics : UniHA (1er réseau d'achats groupés de l'hospitalisation publique) et l’UGAP (regroupement de deux services d'achat de l'État français), mais aussi trois centrales de référencement privées. En parallèle, HypnoVR a signé fin 2019 deux partenariats stratégiques d’envergure avec le groupe Vivalto Santé et le laboratoire Pierre Fabre Oral Care, leader de l’hygiène bucco-dentaire en France. Julie Giorgi

 

 

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• Entre Moselle, Sarre et Luxembourg, les prémices de l’hydrogène européen



Un projet de réseau transfrontalier de transport d’hydrogène émerge entre la Moselle, le Land de Sarre (Allemagne) et le Grand-Duché du Luxembourg. Ses porteurs, GRTgaz en France et le germano-luxembourgeois Creos, travaillent à interconnecter leurs réseaux qui se rejoignent dans cet espace, de façon à créer une infrastructure de transport de 70 kilomètres qui constituerait une première en Europe.
Il s’agit de convertir à l’acheminement d’hydrogène des canalisations qui transportent aujourd’hui du gaz classique. Les études en cours doivent amener à une décision de confirmation d’investissements courant 2022, pour un montant évalué à une dizaine de millions d’€.

Plus que les considérations financières, ce sont les interrogations techniques et réglementaires qui doivent être levées. Ce réseau permettrait d’alimenter notamment les industries lourdes de Moselle et de Sarre, ainsi que des véhicules collectifs pour « décarboner » la mobilité dans cette région transfrontalière au trafic très dense. Mathieu Noyer

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