Nouveau record pour l’EuroAirport. Les eaux au plus bas, le trafic plonge pour le port de Strasbourg. Epopia lève 1,5 million d’€. Le Grand Est veut carburer à l’hydrogène. La Caisse d’Épargne Grand Est réduit ses effectifs. Le traité d'Aix-la-Chapelle et les projets transfrontaliers.

• Nouveau record pour l’EuroAirport

Un record de trafic de plus pour l’EuroAirport de Bâle-Mulhouse. La plate-forme franco-germano-suisse a transporté 8,6 millions de passagers l’an dernier, près de 9 % de mieux qu’en 2017. Onze nouvelles destinations régulières, des montées en cadence de plusieurs lignes et un taux de remplissage des avions encore en léger progrès (84 %) conjuguent leurs effets pour aboutir à ce score.
L’aéroport espère franchir cette année la barre des 9 millions de passagers mais il ne se départit pas de sa prudence légendaire en matière de prévisions. Cette année comporte, il est vrai, un facteur sérieux d’incertitude : le Brexit, la forme qu’il prendra et l’impact qu’il pourra avoir sur les relations d’affaires et les voyages privés vers Londres, première destination au départ de Bâle-Mulhouse. Ces liaisons vers la capitale britanniques ont déjà connu une stagnation en 2018.
Toutefois, la perspective à moyen terme d’atteindre un trafic de 12 à 15 millions de passagers est bien réelle. Elle motive l’extension du terminal en rapport avec cette fourchette prévisionnelle. «  Les installations actuelles de 100.000 m2 ont été conçues pour 8 à 10 millions de passagers, nous y sommes donc »  rappelle Frédéric Velter, directeur adjoint de l’EuroAirport. Un total de 30.000 m2 supplémentaires a été voté et budgété à 250 millions d’€, tous investissements compris. Ce projet fait l’objet en ce moment d’un concours international d’architecture qui livrera son verdict dans le courant de l’année. La suite du processus doit aboutir à la mise en service en 2025.
Le trafic fret, par contre, a reculé de 2 % l’an dernier, pour se situer à 110.000 tonnes, dont 62 800 tonnes par avions cargo ou express. C.R.

 

BPALC 

• Les eaux au plus bas, le trafic plonge à Strasbourg

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Le port de Strasbourg a inauguré l’an dernier son terminal sur le site de Lauterbourg, à la pointe nord de l’Alsace. © Port de Strasbourg.

Les sécheresses longues et exceptionnelles du second semestre 2018 avaient fait tomber le Rhin à ses plus bas niveaux historiques. Ceux-ci avaient entraîné le sous-chargement des bateaux de marchandises, voire leur mise provisoire à quai. Ces phénomènes se traduisent dans les chiffres à Strasbourg : le trafic de ce port fluvial, le second de France en temps normal après Paris, a chuté à un plancher qu’il n’avait plus connu depuis un demi-siècle : 5,9 millions de tonnes, soit 26 % de moins qu’en 2017. 

Tous les piliers de l’activité strasbourgeoise – céréales, graviers pour la construction, produits pétroliers – ont été affectés, ils ont terminé 2018 par une évolution entre moins 13 et moins 45 %. Seules les ferrailles et les produits chimiques progressent. L’activité de conteneurs diminue également, mais dans une moindre mesure : moins 14 %, représentant un total de 360.300 EVP (équivalents vingt-pieds). Les alternatives entre modes de transport ont en effet joué. Si le conteneur fluvial a souffert  (-38 %), il a pu être remplacé en partie par le conteneur ferroviaire qui progresse de 19 %, jusqu’à devancer d’une courte tête la voie d’eau, en nombre d’EVP transportés : 67 740 contre 65 978.
Une première au port de Strasbourg, sans doute provisoire le temps que les conditions de navigation reviennent à la normale. C.R.

 

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• Epopia lève 1,5 million d’€

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Epopia s'est constituée en 2012 autour de l'idée de construire des histoires à envoyer par le bon vieux courrier postal. © Epopia.

Le papier et le courrier font encore rêver… les enfants du moins. Epopia, jeune entreprise strasbourgeoise née en 2014 de l’idée d’écrire aux enfants des aventures interactives – ils en sont les héros et font évoluer le scénario au fur et à mesure des lettres qu’ils écrivent en réponse aux épisodes précédents – se donne les moyens de son développement. Elle vient de boucler une levée d’1,5 million d’€ auprès du fonds régional Capital Grand Est, d’Alsace Business Angels, de business angels à titre privé, d’Ader Investissements et de trois éditeurs pour enfants : Martin Media, LDE et Média Participation.

Ces apports doivent notamment permettre de développer des versions en anglais pour les développements à l’étranger, et lancer de nouveaux thèmes. Epopia enregistre 40.000 abonnés, séduits par les trois premières séries d’histoire autour du Royaume, de la Réserve naturelle et de la Mission d’exploration dinosaures. Née en sous le nom Rêve aux lettres à l’initiative de son actuel dirigeant Rémy Peral, Epopia compte 18 salariés : écrivains, illustrateurs graphistes, développeurs informatiques et travaille avec un réseau de partenaires, dont des enseignants. C.R.

 

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• Le Grand Est veut carburer à l’hydrogène

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© Association Française pour l'Hydrogène et les Piles à Combustible (AFHYPAC)

Le Grand Est terre d’hydrogène aussi ? La région poursuit son développement vers les nouvelles mobilités et le décarboné en misant sur cette énergie d’avenir, entre autres. Elle en a réuni les acteurs mi-janvier à Illkirch (Bas-Rhin) pour lancer l’action fédératrice entre organismes de recherche, entreprises et collectivités et approcher, voire atteindre, le potentiel qui a été identifié : 10 stations en 2023 puis 40 à 100 dans dix ans, la circulation de 500 voitures individuelles puis de 2 000 à 5000 aux mêmes échéances, la production de 9 000 tonnes en 2023. Les prévisions en termes d’emplois, toujours à prendre avec précaution annoncent 1.300 créations en 2023 puis 3.600 et 2028 pour un chiffre d’affaires régional de respectivement 400 millions puis 1 milliard d’€.
Cette ambition prend forme dans un programme : Dinamhyse, consortium récemment constitué, autour de six entreprises et non des moindres (Engie, EDF, PSA, Cockerill Maintenance et  Ingénierie, Haffner Energy et le distributeur de gaz R-GDS), l’université de Lorraine et l’organisme de recherche CEA Tech Grand Est, ainsi que trois pôles de compétitivité : Véhicule du futur qui endosse légitimement un rôle de chef d’orchestre, Fibres-Energivie (matériaux), et IAR (bioéconomie). De plus, un club H2 Grand Est sera lancé en mars. C.R.

 

LCRDijon

• La Caisse d’Épargne Grand Est réduit ses effectifs

Née en juin 2018 née de la fusion des Caisses d’Épargne Alsace et Lorraine Champagne-Ardenne, la Caisse d’Épargne Grand Est va supprimer d’ici 2022, 550 postes sur les 3.010 qu’elle compte actuellement. Ce qui représente 18% des effectifs. Un tiers des départs ne seraient pas remplacés. Le projet est encore en discussion avec les partenaires sociaux. Il n’y aurait pas de départs contraints, selon la direction, mais un départ à la retraite ou naturel (démissions ou mutations ) sur trois ne serait pas remplacé. Selon Les Echos, la banque voudrait faire fondre son coefficient d'exploitation qui, à 74 %, fait partie des plus élevés dans le réseau des Caisses d’Épargne.
La question des sièges administratifs est posée : ils sont au nombre de quatre, à Strasbourg, Metz, Nancy et Reims, la capitale régionale devant accueillir le siège social. La Caisse d’Épargne Grand Est compte 436 000 sociétaires et pèse 2,6 milliards d’€ de fonds propres. C.P.

 

• Les projets transfrontaliers du traité d'Aix-la-Chapelle

fessenheim
Le traité d'Aix-la-Chapelle prévoit un projet conjoint de territoire sur la reconversion du bassin d'emploi de la centrale nucléaire de Fessenheim.

Signé le 22 janvier par le Président de la République Française, Emmanuel Macron, et la Chancelière allemande, Angela Merkel à Aix-la-Chapelle, le traité de coopération franco-allemande, version réactualisée – et toujours très contestée –, du Traité de l’Élysée de 1963 de réconciliation entre la France et l’Allemagne, prévoit plusieurs projets transfrontaliers.
Les deux pays s’engagent à mettre en ouvre un projet conjoint de territoire portant sur la reconversion du bassin d'emploi de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) qui doit fermer. Il se traduirait par un parc d’activités économiques et d’innovation bi-national, axé sur la mobilité transfrontalière, la transition énergétique et l’innovation.
Le traité d’Aix-la-Chapelle prévoit également une amélioration des liaisons ferroviaires transfrontalières, précise le conseil départemental du Haut-Rhin dans un communiqué : par exemple, Colmar-Fribourg, en reconstruisant le pont sur le Rhin en fonction des résultats de l’étude de faisabilité en cours, mais aussi la liaison entre Strasbourg et l’aéroport de Francfort.
Marie-Noëlle Biguinet, maire de Montbéliard (Doubs), assistait à cette signature, invitée comme représentante du premier jumelage franco-allemand d’après guerre avec la ville de Ludwigsburg. « Il incarne des choses concrètes de la vie quotidienne », déclare t-elle : dans les écoles, les transports, la culture, le sport, etc.
Jean-Luc Bohl, vice-président de la Région Grand Est délégué à l’Attractivité était également présent à cet événement, « le transfrontalier est un des axes essentiels de la politique régionale », précise le Conseil Régional dans un communiqué. C.P.

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