Les vacances d’été arrivées, l’actualité des entreprises ralentit. Pour rester connecté, la rédaction de Traces Ecrites News vous propose de revenir sur les faits les plus marquants de ces derniers mois. Deuxième de la série : Robert Bikes, jeune société de l’agglomération de Metz qui a lancé ce printemps, la production de son vélo cargo électrique. Dans cette aventure de relocalisation, Robert Bikes est associé à l’entreprise de tuyauterie-chaudronnerie SME à Folschviller, également en Moselle.
ARTICLE DÉJÀ PUBLIÉ LE 8 JUIN 2022. Un nouvel acteur de l’univers du vélo est né, il est lorrain et s’appelle Robert Bikes. Cette jeune pousse basée à Augny dans l’agglomération de Metz, commercialise depuis quelques mois un sémillant vélo cargo électrique assemblé en Moselle. Le projet est original sur le plan industriel. Il relocalise le procédé de fabrication du cadre en acier, le corps du deux-roues.
Le soudage des tubes est confié au tuyauteur-chaudronnier SME à Folschviller (Moselle) et le traitement du cadre par cataphorèse et thermolaquage à SLCT à Fontoy (Moselle). Les roues sont issues des ateliers du stéphanois Mach 1, tandis que la batterie est fournie par l’incontournable allemand Bosch.
Robert Bikes a été fondée en 2021 par Yan Beaudoing, un « Gadzart » qui, après son diplôme d’Arts et Métiers, a travaillé comme responsable qualité chez ThyssenKrupp Presta à Florange (Moselle), puis comme directeur logistique chez 4 Murs à Marly (Moselle). L’ingénieur de 37 ans rêvait d’un projet entrepreneurial davantage en phase avec ses convictions personnelles, associant transition écologique et réindustrialisation. Son projet vélocipédique a été accompagné par l’incubateur de start-up The Pool à Metz, membre du réseau Sémia de la Région Grand Est.
Au départ, le trentenaire imagine un cadre en bambou bourré d’innovations technologiques, avant de revenir vers un cycle plus traditionnel misant davantage sur « l’innovation d’usage. » Il conçoit un vélo cargo électrique ou « longtail », dont le cadre rallongé pourrait emporter jusqu’à 250 kg sur ses deux roues et ainsi remplacer une voiture individuelle pour se déplacer en ville ou sur un site industriel.
Yan Beaudoing, par ailleurs co-gérant d’une société d’agencement de cuisines, cherche à industrialiser son prototype : « J’ai envoyé des mails à une poignée de tuyauteurs-chaudronniers de la région, en partant du principe qu’ils avaient les capacités techniques pour assembler des tubes en acier ».
« J’ai vu atterrir, dans la boîte mail générique de l’entreprise, le message d’un entrepreneur qui vend des cuisines voulant se lancer dans le vélo... Ça m’a plu ! », poursuit Sébastien Lo Presti, le gérant de SME. Le dirigeant, désormais associé de Robert Bikes, a été séduit par le projet. « Un chef d’entreprise se doit d’être attentif aux tendances, aux filières émergentes qui prêtent peut-être à sourire comme le cycle. D’autant plus que le métier d’industriel est de plus en plus complexe pour une société de 40 personnes comme SME. Nous n’avons pas la bonne taille et nos métiers ne sont plus attractifs. Le vélo peut contribuer à séduire les jeunes générations », poursuit le dirigeant.
Opportunités dans la mobilité et l’hydrogène

Fondé en 1977 par son père, l’entreprise de soudage (chiffre d’affaires de 5 millions d’€) a grandi avec l’industrie lourde locale : plateforme pétrochimique de Carling, centrale thermique de Saint-Avold. La tour d’extraction de charbon, inscrite aux Monuments historiques qui domine la zone d’activité de Folschwiller, rappelle ce passé. SME s’est diversifiée dans les années 2010 dans la tuyauterie-chaudronnerie, la mécanosoudure et l’usinage. L’entreprise possédait toutes les compétences requises pour réaliser des cadres de vélo. Les quinze premières unités ont été fabriquées en avril dernier.
« Fabriquer en Moselle, c’est un acte de bravoure. Mais il était important de laisser l’opportunité à une filière cycle de se structurer, car il y a un vrai levier économique autour des mobilités douces », conclut le dirigeant. La production, commercialisée au prix de 5.599 €, pourrait atteindre son équilibre économique d’ici à 2025, à raison de 300 unités par an. De quoi marcher dans les pas de Kiffy qui a industrialisé la production d’un longtail dans la Loire.
Attentif aux mutations industrielles, SME ne s’interdit pas d’explorer d’autres secteurs émergents, comme celui de l’hydrogène. La PME met notamment ses compétences en tuyauterie au service du marnais Haffner Energy qui a bâti une unité pilote de production d’hydrogène « vert » par thermolyse et vapocraquage de biomasse à Strasbourg.

« Quand tu dirigeras la boîte, tu connaîtras le temps de cycle d’une machine de sablage industriel », lançait il y a une vingtaine d’années Jean Lo Presti, co-fondateur de SME, à son fils Sébastien. Ce dernier est un pur autodidacte, entré à 16 ans en apprentissage dans l’entreprise familiale où il a passé ses BEP, Bac professionnel et BTS en chaudronnerie. « J’ai travaillé à tous les échelons de la société en commençant par vider les sacs de sable dans la machine de décapage des pièces de fonderie », raconte Sébastien Lo Presti. Passé par le bureau d’études, les chantier et le chiffrage, le dirigeant de 38 ans est seul aux manettes de l’entreprise depuis quatre ans. Son parcours personnel l’incite à former de jeunes salariés en embarquant 15% d’apprentis dans ses effectifs.





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