Traces Ecrites News effectue sa traditionnelle pause hebdomadaire à l'occasion des vacances de la Toussaint. Durant cette semaine, nous revenons sur quelques informations de la vie des entreprises de Bourgogne-Franche-Comté et du Grand Est qui ont marqué la rentrée. Aujourd'hui : Suez. Le groupe a mis en service début octobre, avec l'éco-organisme Citeo, un site à Epinal (Vosges) qui a vocation à séparer les catégories de plastiques que les équipements classiques ne sont pas en mesure de traiter, ceci à l'instar de son homologue chez Bourgogne Recyclage. Les deux associés dans le projet lui ont consacré 19 millions d’€ d’investissement.
ARTICLE PARU LE 19 OCTOBRE 2023. La possibilité offerte aux ménages de déposer la totalité de leurs emballages plastiques dans un sac ou une poubelle jaune se traduit, sur le plan industriel, par une étape de traitement supplémentaire appelée « surtri. »
La première mise en œuvre à grande échelle en France a démarré cette année, chez Bourgogne Recyclage à Ruffey-lès-Beaune (Côte-d’Or). Elle est suivie, en ce mois d’octobre, par un équipement analogue dans le Grand Est, exploité par Suez à Epinal (Vosges). Ces deux sites ont vocation à traiter des catégories de plastiques que les centres de tri traditionnels ne sont pas en mesure de séparer, soit un total de 55.000 tonnes de déchets par an : 30.000 en Côte-d’Or et 25.000 à Epinal.
« On ne peut pas demander aux centres existants de séparer huit catégories différentes de plastiques, car certaines résines représentent des quantités infimes. Ces flux mineurs sont désormais regroupés dans une nouvelle catégorie appelée « flux développement » et ils sont dirigés vers ces nouvelles infrastructures que constituent les centres de surtri », rappelle Éric Fromont, directeur du tri chez Citeo, l’éco-organisme en charge de la filière des emballages ménagers. Les balles de « flux développement » regroupent quatre familles : le polyéthylène téréphtalate (PET) coloré - par exemple les bouteilles d’huile de couleur - ainsi que le PET opaque (bouteilles de lait), les barquettes en PET (barquettes de viennoiserie, de fruits et légumes, etc.) et le polystyrène (pots de yaourt, autres barquettes).
Citeo avait lancé à l’été 2021 un appel à manifestation d’intérêt visant à ouvrir trois centres de surtri en France. Il anticipait ainsi la simplification du geste de tri des emballages ménagers, généralisée au 1er janvier 2023. Après Ruffey-lès-Beaune et Epinal, le troisième équipement ouvrira ses portes à Mende (Lozère) à la mi-2024. Et Citeo confie réfléchir d’ores et déjà à l’implantation d’un quatrième.
De la décharge au surtri

© Philippe Bohlinger
Pour le groupe Suez, le marché du surtri redonne des perspectives aux installations construites par le groupe en 2014 à Epinal, sur le site de Razimont, une ancienne décharge. En effet, la perte, en 2019, du marché du syndicat mixte départemental vosgien des déchets ménagers Evodia, au profit du groupe familial régional Schroll-Citraval, avait affecté l’activité du centre où travaillent environ 40 personnes. « Après cette perte, nous avions conduit quelques essais techniques de traitement des flux développement. L’appel à manifestation d’intérêt remporté auprès de Citeo nous a conduit à stopper les activités de tri des emballages ménagers et à consacrer la totalité des surfaces bâties à cette nouvelle mission », détaille Guillaume Silvestre, directeur des activités de tri de Suez pour le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté.
Ce changement de vocation a mobilisé un investissement de 19 millions d’€, à raison de 15 millions d’€ pour Citeo dans les procédés de traitement et 4 millions d’€ pour Suez dans l’infrastructure. Dans le détail, dix machines de tri optique complétées par un robot et un trommel (tambour rotatif) assurent les différentes phases de séparation, avec une ultime étape réalisée par des agents de tri en cabine.
« Nous devenons un nouveau maillon dans le processus de tri. Ce contrat de sept ans, renouvelable trois fois un an, répond à de nouveaux enjeux nationaux de recyclage, tout en contribuant à maintenir des emplois localement », se félicite Guillaume Silvestre.
A la sortie du centre de surtri d’Epinal – comme de celui de Ruffey-lès-Beaune –, les matières plastiques sont traitées dans un périmètre hexagonal, à l’exception du polystyrène confié au recycleur chimique belge Indaver et à l'Espagnol Eslava, acteur historique du recyclage mécanique de cette résine.
Dans le Grand Est, le groupement constitué par Carbios, Wellman et Valorplast a obtenu de recycler 30% des barquettes de PET monocouches et multicouches qui seront séparées, soit plus de 5.000 tonnes par an à l’horizon 2025. Les monocouches seront traités mécaniquement par Wellman à Verdun (Meuse) en vue d’un retour à l’emballage alimentaire. Le reste du flux sera transformé par le Français Carbios, dans sa future usine de Longlaville (Meurthe-et-Moselle), une des premières au monde permettant le biorecyclage de tout type de PET, notamment les multicouches. A travers ce projet conduit en partenariat avec Indorama Ventures, Carbios va appliquer à grande échelle sa technologie spécifique, qui utilise des enzymes pour transformer des pots et barquettes en PET déclaré apte au contact alimentaire.















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