Bourgogne Recyclage n’en finit pas de grandir. Par ses propres moyens et l’acquisition de celui d’homologues. Le spécialiste de la collecte et du traitement des déchets crée une double actualité en ce début d’automne : la construction d’un centre de tri de plastiques sans équivalent en France pour 18 millions d'€, et le rachat de son confrère Passard en Saône-et-Loire d’autre part.


Bourgogne Recyclage ne ralentit pas la cadence de sa croissance. Sur son site principal de Ruffay-lès-Beaune (Côte-d’Or) qui abrite également son siège social, l’entreprise familiale de 320 salariés mène tambour battant l’adaptation d’une partie des bâtiments à l’accueil d’une activité de « sur-tri » d’emballages plastiques, de façon à la mettre en service en avril prochain, au terme d’un investissement de 18 millions d’€.

Le déclencheur en est la nouvelle règlementation sur la récupération de ces déchets, « l’extension des consignes de tri » devant être – en théorie – généralisée au 1er janvier prochain. L’éco-organisme Citéo a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour créer sur le territoire national une capacité de traitement de 75.000 tonnes induite par ce déploiement.

« Nous sommes l’un des trois lauréats de cette consultation - avec Suez dans les Vosges et Environnement Massif Cental à Mende (Lozère) - et nous créons l’unité la plus importante, d'une capacité de 30.000 tonnes par an qui sera atteinte dès l’entrée en service », annonce Geoffroy Sécula, codirigeant de Bourgogne Recyclage avec son frère Guillaume.

 

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La rareté des installations et la taille de celle de Beaune vont rendre celle-ci récipiendaire de flux lointains. « Mais il s’agit de déchets en balles, denses, ce qui limitera l’impact en nombre de camions », tempère d’emblée Geoffroy Sécula. Ces matières seront celles qui n’auront pas été traitées par les centres de tri de déchets ménagers des collectivités, d’où le terme de « sur-tri ». « Il s’agira de bouteilles et flacons en PET coloré ou opaque, de pots en polystyrène (PS) et de barquettes en PET ou en PS », précise le dirigeant.

Bourgogne Recyclage mettra les moyens pour les séparer : pas moins de 15 machines de tri optique se concentreront sur le site pour rendre ces plastiques recyclables, Citéo étant chargé de les rediriger alors vers les filières de valorisation, principalement la regranulation en plastiques. L’installation de ces matériels du constructeur norvégien Tomra est orchestrée par Néos, l’ensemblier bourguignon des centres de traitement des déchets, qui procédera à la mise en place à partir de novembre.

 

 Une unité de combustibles de récupération en perspective dans l’Yonne

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Le groupe familial compte dupliquer dans le nord de la Bourgogne l'installation de traitements de combustibles solides de récupération qu'il exploite à son siège près de Beaune.
 © Traces Ecrites


Ce projet vient grossir un peu plus les volumes de déchets que traite le groupe bourguignon : ceux-ci se situent à 650.000 tonnes d’origine ménagère, professionnelle et industrielle, répartis en 9 sites en Bourgogne (Yonne et Côte d'Or), Franche-Comté (Doubs et Jura) et à Gien dans le Loiret. Un supplémentaire se dessine : sur le créneau devenu porteur des combustibles solides de récupération (CSR) – ces déchets non recyclables en vue de les incinérer et non plus les enfouir – l’opérateur vise la création d’une nouvelle unité jumelle de celle de 30.000 tonnes en place depuis huit ans à Ruffey-lès-Beaune, et ceci dans l’Yonne. « Nous cherchons le terrain d’implantation. Ce ne pourra être ni Venoy, ni Villeneuve-la-Guyard, nos sites actuels dans le département, qui ne présentent pas de la disponibilité foncière suffisante », précise le dirigeant.

Par ailleurs, l’entreprise a renforcé le pôle sud de la Bourgogne dont elle porte le nom. Le 1er octobre, elle a repris Passard, un récupérateur de déchets, notamment les ferrailles et métaux non-ferreux, situé au Creusot et à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire). « Ses dirigeants approchaient de la retraite. L’entreprise trouve ainsi un avenir toujours régional et nous-mêmes accédons à son savoir-faire et bénéficions de leur accompagnement pendant un temps », se félicite Geoffroy Sécula.

 

Dijon

 

Avec ses 10 millions d’€ de chiffre d’affaires annuel, Passard conforte celui de Bourgogne Recyclage à plus de 100 millions d’€. Le groupe familial s'affirme ainsi un peu plus encore comme pôle majeur de la restructuration nationale toujours en cours du secteur des traitements des déchets, en tant qu’acteur indépendant au milieu des grands groupes, fort d'un histoire de 70 ans forgée par quatre générations de dirigeants. 

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