URBANSIME/BESANÇON. Caserne Vauban, halles de la Sernam, ancien hôpital Saint-Jacques, usine Weil : la ville de Besançon tire un trait sur ce passé. Trois grosses opérations d’urbanisme reconvertissent ces sites en logements et bureaux.
En marge de l’inauguration, ce 23 mars, de la maison du projet de l’écoquartier Vauban à Besançon, bâti dans l’enceinte d’une ancienne caserne militaire, le point sur ces projets.

 

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Le projet du promoteur bisontin SMCI dans l'ancienne infirmerie à l'entrée du quartier Vauban. © SMCI.

 

Jusqu’à il y a un an, on pouvait deviner que le terrain de sept hectares à l’ouest de la gare Viotte, était une caserne militaire. Derrière le mur d’enceinte, le 19ème Régiment du Génie avait là ses quartiers jusqu’à la fin des années 2000. Les casernements ont été démolis et demain, ce sera un écoquartier de 800 logements et 6.000 m² de bureaux et services. En 2014, CM-CIC Aménagement Foncier, filiale du Crédit Mutuel, s’est vue confié par la ville, ce projet d’envergure développé sur une dizaine d’années, et que décrit la maison du projet, inaugurée ce vendredi 23 mars, dans l’un des deux pavillons du corps de garde que la ville a acheté pour des activités culturelles ou associatives.

 

L’écoquartier Vauban verra le jour en trois phases jusqu’en 2026, pour ne pas saturer le marché local qui écoule 400 à 500 logements neufs par an. « Cette organisation permet d’ajuster le programme dans le temps et d’acheter progressivement le foncier porté par l’établissement public foncier local », explique Jean-Philippe Ducaire, directeur de l’agence de Besançon de CM-CIC Aménagement Foncier.

 

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La première, de 3,5 hectares, est en chantier. Plusieurs promoteurs ont fait le pari d’un quartier à l’écart et pourtant pas très éloigné du centre-ville que dessert depuis l’an dernier une ligne de transport en commun en site propre.

 

Le Bisontin SMCI aménage 11 logements dans l’ancienne infirmerie aux côtés d’un programme neuf de 40 unités. Alter Immo reprend une partie du programme initialement annoncé par Icade (moins d'une centaine de logements). Un groupement composé de Linckcity (Bouygues Construction), Edifipierre, l’Immobilière Comtoise et le bailleur social Néolia a réservé le foncier pour 161 logements. Un dernier lot doit être attribué en fin d'année.


Cette première tranche est relativement dense, contrairement à la seconde pour lequel un permis d’aménager a été récemment déposé. Il s’agira cette fois de petits collectifs et de maisons de ville sur trois niveaux au maximum, en cohérence avec la zone pavillonnaire voisine dont la proximité apparaîtra plus évidente lorsque que les murs d’enceinte auront disparu.


CM-CIC Aménagement Foncier investit 7 millions d’€ dans cette opération, la plus importante que la filiale du Crédit Mutuel n’ait jamais faite en Franche-Comté.

 

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Les deux tours du pôle Viotte où logeront les services de l'Etat et du conseil régional, ainsi qu'une quinzaine de logements aux derniers étages réalisés par le promoteur SMCI. © Brigitte Métra.

 

A quelques encablures, un autre projet sort de terre, lui aussi pour requalifier un espace en déshérence abandonné par la Sernam. Sa situation, à côté de la gare Viotte, lui donne une vocation tertiaire. La Sedia (Lire l’article de Traces Ecrites News ici), société d’économie mixte née de la fusion de la SedD et de la Socad, est l’aménageur de cet espace de 3,1 hectares de part et d’autre de la voie ferrée.

 

Avec la ville de Besançon, l’opérateur organise le 3 avril prochain une réunion publique pour expliquer aux riverains l’impact d’un chantier de deux années qui démarre dans quelques semaines. Désignée début février, Eiffage Construction bâtit les deux bâtiments qui s’élèveront à l’entrée du quartier sur cinq et huit étages ainsi qu'un parking souterrain de 324 places.

 

C’est là que logeront 850 agents des services de l’État sur 17.150 m2. Un an plus tard fin 2020, ils seront rejoints par 250 agents du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté qui occuperont 6.000 m2 dans la moins haute des deux tours.

 

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Là encore le chantier est ouvert pour près d’une dizaine d’années. A partir de 2021, l’aménageur s’intéressera à l’aspect résidentiel de la reconversion du site, avec un potentiel d’une centaine de logements de l’autre côté de la voie ferrée, au nord. Des éléments de programme restent à trancher, notamment la part des logements sociaux et une éventuelle résidence pour les seniors. Une opération qui se chiffre au final à une quarantaine de millions d’€.

 

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Le site de l'ancien hôpital Saint-Jacques, 30.000 m2 de bâtiments inscrits ou classés. © Traces Ecrites.

 

Besançon pourra alors démarrer une autre réhabilitation, celle de l’ancien hôpital Saint-Jacques en centre-ville. 80 à 85.000 m2 de surface de plancher qui seront, pour moitié réhabilités, pour l’autre reconstruits après démolition des bâtiments hospitaliers les plus récents.

 

Les éléments de programme sont connus : un potentiel de 350 à 600 logements, une grande médiathèque de 12.000 m2 qui associera une bibliothèque municipale et la bibliothèque universitaire, le transfert d’établissements de formation universitaire, la pépinière de start-up du Crédit Agricole ,Village By CA.

 

La ville et l’hôpital, propriétaire des lieux, ne devraient pas tarder à dévoiler les équipes d’architectes-urbanistes et de promoteurs qui ont planché l’an dernier dans le cadre d'un appel à projet.

 

Dans les faubourgs, une autre page se tourne définitivement. Le bailleur social Néolia entreprend la reconversion de l’ancienne usine textile Weil fermée en 1995. Dans quelques années, l’espace de 1,6 hectare, sera occupé par 105 logements sociaux et 120 destinés à l’accession à la propriété “abordable” (en dessous du prix moyen du marché de la promotion privée).

 

Après un premier programme de 70 logements locatifs sociaux livré en 2013, l’opérateur a entrepris en février la construction de 84 autres qui seront livrés au 3ème trimestre 2019. Une dernière tranche de 80 unités clôturera la reconversion des lieux.

 

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Immeubles réalisés par Néolia sur le site de l'ancien usine Weil. © Philippe Donzé, architecte.
2 commentaire(s) pour cet article
  1. Un franc-comtoisdit :

    Il est un peu tard pour faire connaître son opposition à la fusion de la Bourgogne avec la Franche-Comté. Besançon est elle en passe de devenir un gros bourg dans les décennies à venir ? D'autres solutions étaient possibles.....

  2. Une franc-comtoise...dit :

    Beaux projets !... Mais quelles perspectives envisager alors que depuis la fusion des régions Franche-Comté et Bourgogne de nombreux organismes privés et publics partent sur Dijon... les employés et les familles avec... Comment d'ici quelques années remplir ces nouveaux bureaux et appartements alors que l'on commence à percevoir un avenir pour cette belle ville de Besançon similaire à celui qu'a vécu Dole (également ex capitale Franc-Comtoise) il y a plusieurs siècles, lorsqu'elle a été annexée à la France (remplacer "Dole par "Besançon", cette dernière par "Dijon" et actualiser le texte, source "Wikipédia"... : "Les Dolois ont d’abord ressenti le rattachement à la France comme une humiliation car la conquête française rangeait Dole au rang de petite ville. Les états généraux sont supprimés, Dole perd son statut de capitale, le parlement est transféré à Besançon, en 1676, l’université, en 1691, l’atelier de monnaie est fermé et les fortifications sont détruites sous la direction de Vauban. Les grandes familles partent vivre à Besançon."). ... ou alors pour remplir ces nouveaux lieux, d'autres sites de Besançon deviendront-ils des friches désaffectées ? Une bisontine... fière de l'être... et contre cette fusion de non sens "Bourgogne-Franche-Comté"...

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