Sous la houlette de son nouvel actionnariat et de son nouveau dirigeant Jean-François Honoré, Eurogerm connaît un développement accéléré, qui continue de reposer sur l’innovation et l’international. La construction d’une nouvelle usine, près de son siège social dans la métropole dijonnaise, s'inscrit dans un plan de renforcement de sa stratégie de recherche-développement, pour affirmer sa position de leader sur le marché des produits et solutions pour la filière blé-farine-pain.


Pour Eurogerm, les travaux viennent tout juste de commencer, au sein de l’Écoparc Dijon Bourgogne, à Saint-Apollinaire. Le spécialiste des ingrédients et auxiliaires technologiques de la filière blé-farine-pain se dote d’un nouvel outil industriel qui lui fera gagner en autonomie dans ses approvisionnements, dès le premier trimestre 2024.

« Actuellement, nous achetons beaucoup de matières premières, environ 800 à 900 ingrédients, explique le président, Jean-François Honoré. Cette unité dédiée à la fermentation nous permettra de produire notre propre levain, avec notre signature, les micro-organismes que nous aurons sélectionnés, de façon à répondre aux besoins spécifiques de chacun de nos clients, en particulier ceux de la filière CRC [ndlr : culture raisonnée contrôlée] qui exigent un levain 100 % français. » 

 

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Le projet avait d’abord consisté à créer un laboratoire de recherche, l’Etic (Eurogerm Technological Innovation Center), l’été dernier, dans lequel une quinzaine de spécialistes mènent des projets de recherche appliquée pour l’ensemble du groupe. « Ce laboratoire travaille avec un écosystème international composé d’universités et de start-up, grâce auquel ce sont pas moins de 45 personnes qui travaillent sur la mise au point de notre projet de bio-fermentation », précise le président.

Une usine pilote est en cours de création, à Quetigny, là où l’entreprise vit le jour en 1989. Elle produira, sur 500 m2, de petites quantités du nouveau levain signé Eurogerm, dès le mois d’avril. En attendant la mise en service de l’unité de 3.650 m2 taillée pour une production annuelle de 1.000 tonnes de levain. La construction de cette usine représente un investissement de 21 millions d’€ (dont 1,8 million apporté par le plan de relance), soit le double des 10 millions d'€ initialement envisagés : « nous l’avons redimensionnée », précise Jean-François Honoré.  

 

Une nouvelle page à tourner à l’horizon 2026

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Eurogerm entend consolider son statut de leader des recettes pour améliorer farines et pains. © Eurogerm


La nouvelle unité de production pourrait vite s’avérer trop petite. Une extension est d’ores et déjà imaginée pour 2026, qui coïncidera avec la mise en place d’un nouvel actionnariat. Retour en arrière. En avril 2021, le fondateur d’Eurogerm, Jean-Philippe Girard, finalisait la cession de l’entreprise à Naxicap Partners : une nouvelle holding, Novagerm, devenait actionnaire majoritaire de l’entreprise, aux côtés d’Unigrains, de l’ancienne holding ACG et des cadres, appelés à reprendre le contrôle dans le cadre d’une opération de LMBO (leverage management by out ou acquisition avec effet de levier). (Lire l'article de Traces Ecrites ici)

« À l’horizon 2025-2026, un nouveau tour de table intégrera des actionnaires avec d’autres profils, correspondant à la stratégie à déployer et aux développements à mener », précise Jean-François Honoré. D’ici là, Eurogerm aura encore grandi. L’entreprise connaît une croissance spectaculaire depuis sa création, qui s'est récemment accélérée : le chiffre d’affaires a bondi de 133 à 185 millions d’€ entre 2021 et 2022 et devrait s’élever à 240 millions d’€ en 2023.

Dans le même temps, le nombre de collaborateurs est passé de 500 à 650 (dont près de 200 dans la métropole dijonnaise), et devrait atteindre 750 à la fin de l’année. Cette progression s’explique par plusieurs facteurs, à commencer par une opération de croissance externe conclue en juin dernier : la création d’Eurogerm KB LLC, fusion de la filiale d’Eurogerm aux États-Unis et de KB Ingrédients, permet au groupe dijonnais de se positionner plus fortement sur un marché nord-américain très porteur.

 

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Des facteurs endogènes sont également porteurs, et pas seulement par le lancement de l’activité de fermentation. « L’innovation fait partie de l’ADN d’Eurogerm et nous amène à élaborer des produits toujours plus techniques, rappelle son nouveau dirigeant. Dans le contexte d’une hausse du prix et des tensions d’approvisionnement sur les matières premières, nous nous positionnons vis-à-vis de nos clients comme un interlocuteur de conseil technologique : cette crise nous permet de valoriser notre rôle auprès des entreprises de la filière agroalimentaire. »

Exemples ? Alors que le prix des œufs flambe, les équipes de R&D ont élaboré des dorures n’utilisant pas d’œuf, mais qui pour autant apportent la même promesse visuelle et gustative. Par ailleurs, la hausse du coût du gluten a conduit les chercheurs d’Eurogerm à travailler sur des protéines alternatives issues de produits naturels et qui ne dénaturent pas non plus le goût du pain. Dans ce contexte, la mise en œuvre d’une production de levain maison permet à Eurogerm de renforcer son expertise et son positionnement comme un acteur clé de la filière blé-pain-farine.

 

Qui est Jean-François Honoré ?

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Jean-François Honoré, président d’Eurogerm. © Eurogerm

 L’actuel président d’Eurogerm a pris ses fonctions au siège de Saint-Apollinaire le 1er mars 2022, après 25 années d’expérience professionnelle à l’international. Ingénieur de formation, diplômé de l’Institut européen d’administration des affaires (Insead), il a travaillé dans des groupes du secteur alimentaire en Europe, aux États-Unis et en Asie. Sa nomination à la tête d’Eurogerm marque son retour en France. « Depuis presque un an, j’ai le bonheur de diriger une entreprise passionnante, très inclusive, forte d’une présence internationale intéressante et dont le projet repose sur l’innovation. Notre développement, dans le cadre d’une stratégie coconstruite avec nos collaborateurs et nos clients, ne nous fait pas oublier nos valeurs fondamentales, ni perdre notre forte culture maison. »

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