Robin Aircraft est à l’initiative de la création de la Décarbonerie, un espace où start-ups, PME et laboratoires vont travailler de concert autour de projets pour une économie plus verte. Une vitrine aussi pour des entreprises industrielles qui manquent de recrues mais pas d’idées.
La Décarbonerie est l’un des volets de l’ambitieux projet de développement du groupe aéronautique constitué, aux abords immédiats de l’aérodrome de Darois, par Robin Aircraft, constructeur d’avions monomoteurs à structure bois et Centre-Est Aéronautique Pierre Robin (CEAPR), la société sœur de conception, logistique et pièces détachées. Un ensemble industriel de 70 salariés qui réalise 11 millions d’€ de chiffre d’affaires cumulé. « Notre marché est en fort développement, se réjouit Casimir Pellissier, qui a pris la succession de son père à la tête des deux entités entre 2018 et 2019, et pour y répondre, nous avons porté notre capacité de production d’un à deux avions par mois entre 2018 et 2021. »
Les effectifs ont également doublé pendant cette période, avec un net rajeunissement des équipes, dont l’âge moyen est passé de 52 à 39 ans. Et des recrutements précieux, notamment des ingénieurs aéronautiques et des chefs d’atelier. Mais l'avionneur veut aller plus haut désormais. D’où un programme d’investissement ambitieux de 5,4 millions d’€, dont 1,7 million apporté par France Relance, « un dispositif qui nous a été très précieux pour financer le projet .»
Dans le détail : 2 millions d’€ investis dans la recherche et le développement, avec une priorité autour de l’intégration de moteurs plus vertueux, 0,9 million pour l’acquisition de nouvelles machines – découpe jet d’eau, tour numérique, usinage trois axes… – et 2,5 millions d’€ pour la rénovation d’un bâtiment de 2.500 m2 destiné à accueillir la Décarbonerie.

La Décarbonerie, donc… Dans le bâtiment construit à l’origine pour abriter la direction des sociétés, le bureau de recherche et développement et un showroom, « notre objectif est de réunir ici des gens qui souhaitent imaginer ensemble des réponses aux problématiques que nous rencontrons dans l’industrie face à la transition environnementale », résume Médéric Bernard, chef de projet. Plutôt qu’une pépinière, la Décarbonerie sera « un tiers-lieu où se mélangeront start-up, PMI, laboratoires publics et privés, un écosystème où l’on élaborera des projets en open innovation au service de la décarbonation de l’économie. »
L’avionneur côte-d’orien travaille sur un avion encore plus vertueux

L’Agence économique régionale, la Région Bourgogne-Franche-Comté, le Pôle des microtechniques de Besançon, la société d’accélération de transferts de technologies (Satt) Sayens sont convaincus et soutiennent le projet. « Les premiers projets sont identifiés », précise Casimir Pellissier, pour cette décarbonerie qui sera pilotée par une société coopérative d’intérêt collectif (Scic) dont Robin Aircraft, CEAPR, le cabinet Troisième Lieu qui a accompagné le projet, le propriétaire du bâtiment et Médéric Bernard seront les actionnaires.
Les travaux prévus permettront la rénovation et surtout l’aménagement du lieu, autour d’un espace de coworking, de bureaux, de salles de formation, d’un lieu de vie comprenant un restaurant (« là où l’on discute pour faire avancer les projets ») et d’un centre de ressources intégrant un fablab. Une opération qui, au total, va nécessiter la levée de 3 millions d’€, dont 1 pour le bâtiment, 1,5 pour son aménagement et 0,5 pour les équipements.
La création de ce lieu tourné vers un avenir économique décarboné a du sens chez Robin Aircraft. « Nos avions étant en bois, nous avons déjà un atout par rapport à tous nos concurrents qui travaillent le métal ou le carbone », souligne Casimir Pellissier. L’avionneur côte-d’orien travaille sur un avion encore plus vertueux, avec une motorisation hybride voire totalement décarbonée, l’utilisation de matériaux plus verts comme, les fibres naturelles plutôt que les fibres de verre, des peintures à l’eau, la toile de lin plutôt que le polyester…).
Sans renier ce qui fait l’ADN de Robin : une production locale, par une équipe composée de menuisiers, d’entoileurs, de peintres, de mécaniciens, de selliers… qui fabriquent l’essentiel de l’avion hormis le moteur à raison de 2 000 heures de travail par appareil. Pour produire le DR400 – l’avion qui a fait la célébrité de la maison – du futur, Robin, entreprise du patrimoine vivant depuis 2017, mise sur l’innovation sans jamais oublier la tradition.


Lui-même pilote amateur, le dirigeant des sociétés aéronautiques de Darois est diplômé de l’ESC Bordeaux (aujourd’hui Kedge Business School). Il a d’abord travaillé pendant 6 ans chez Ernst & Young puis durant 2 ans dans une start-up parisienne. Avant de poser ses valises à Darois en 2016, d’abord pour travailler à la communication du petit groupe, puis succéder à son père, Guy Pellissier, à la tête de Robin Aircraft en 2018, puis de CEAPR (Centre-Est Aéronautique Pierre Robin) en 2021.




















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