L'image qui fait la fierté de Masevaux : celle de l'athée Clémenceau sortant de l'église, avait fait la Une de la presse nationale en février 1918.
L'image qui fait la fierté de Masevaux : celle de l'athée Clémenceau sortant de l'église, avait fait la Une de la presse nationale en février 1918.

ESCAPADE HISTORIQUE. En cette première année de commémoration du centenaire de la Grande Guerre, les manifestations se multiplient en Alsace. Nous vous en avons sélectionné trois, situées dans ou à proximité de la « poche » du Haut-Rhin retournée à la France à la suite des tous premiers combats en août 1914.

Toutes trois ont obtenu la labellisation nationale Mission Centenaire et la labellisation régionale Alsace 14-18.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

La vallée de la Doller et son chef-lieu Masevaux (Haut-Rhin) verront l’organisation d’un grand événement scénique les 4 et 5 juillet 2014, dont l’un des maîtres d’œuvre n’est autre que… notre ami et collaborateur de Traces Ecrites News, Christian Robischon !

Un son & lumière musical intitulé La Doller, source du retour de l’Alsace à la France  retracera les heures historiques exceptionnellement riches qu’a engendré le conflit à l’échelle de ce territoire.

Sa reconquête militaire dès le 7 août 1914 par le 42ème Régiment d’infanterie de Belfort a déclenché une série de bouleversements dans la vie quotidienne : l’école devient française, les cafés et commerces pour les soldats séjournant entre deux combats sur le front tout proche se multiplient, les fonctionnaires de la période allemande laissent place à une administration militaire rigoureuse.

La vallée de la Doller préfigure ainsi en partie ce qui adviendra de l’Alsace toute entière à l’Armistice.

Un défilé de troupes françaises sur la place actuelle des Alliés (baptisée ainsi à la fin de la guerre) à Masevaux, où les représentations des 4 et 5 juillet sont prévues.
Un défilé de troupes françaises sur la place actuelle des Alliés (baptisée ainsi à la fin de la guerre) à Masevaux, où les représentations des 4 et 5 juillet sont prévues.

Masevaux, capitale de l'Alsace reconquise

Elle voit passer quantité de personnalités militaires, politiques et culturelles françaises et étrangères, un mouvement qui s’intensifiera à partir de juillet 1917 lorsque Masevaux est désignée capitale de l’Alsace reconquise.

Autre événement marquant pour la population : le contact avec des officiers et soldats venus de pays lointains, notamment d’Afrique et des Etats-Unis.

Douze tableaux retraceront ces heures, les 4 et 5 juillet, autour de deux personnages fictifs mais se rapportant à des faits réels   : un enfant et sa maman, figures de proue d’une famille au destin caractéristique de cette Alsace de l’époque tiraillée entre deux pays - le père est mobilisé dans l’Armée allemande, le grand’père est un vétéran de l’Armée française de 1870 -.

Composé par la Société d’Histoire de la Vallée de Masevaux, le texte sera illustré d’images et films d’époque. Chaque thème sera commenté par des pièces de musique, d’époque ou adaptées au récit.

Notre confrère Christian Robischon tiendra le célèbre grand’orgue de Masevaux, les 4 et 5 juillet. ©Alexandrestudio.
Notre confrère Christian Robischon tiendra le célèbre grand’orgue de Masevaux, les 4 et 5 juillet.
©Alexandrestudio.

Elles feront alterner l’orchestre d’harmonie de la Musique municipale de Masevaux, organisatrice de la manifestation, un chœur d’enfants de la vallée, le trompettiste international Frédéric Presle.

Notre confrère, pour sa part, tiendra le célèbre grand’orgue de Masevaux. Les 4 et 5 juillet, place des Alliés à 21 h 30 (repli à l’église Saint-Martin en cas de mauvais temps.

Le sentier du kilomètre zéro

Le 20 juillet, sera officiellement inauguré le sentier du  kilomètre zéro à Pfetterhouse, également dans le Haut-Rhin. Le terme désigne l’extrémité Sud du front qui s’est étiré jusqu’à la mer du Nord. Il correspond à une borne frontière où les Français fixèrent le début des combats.

Les préparatifs du centenaire ont donné l’occasion de sa remise en valeur, grâce à la mobilisation dévouée d’une Association des Amis du kilomètre zéro. On pourrait presque parler d’une exhumation car ce site a été largement ignoré, en l’absence de combats.

Une image d'époque du poste d'observation suisse du Largin.
Une image d'époque du poste d'observation suisse du Largin.

Mais cela ne veut pas dire qu’il ne s’y est rien passé ! Les Allemands y ont édifié une barrière électrique pour empêcher le passage en France. Et juste en face de lui, au Largin, les Suisses ont aménagé un poste d’observation qu’un détachement du génie de l’armée helvétique a reconstruit en 2012.

Ce qui donne au lieu une dimension trinationale franco-germano-suisse pour le moins inédite. De ce fait, il jouera également un rôle important en 1939-45, comme point de passage vers la Suisse entre France et Allemagne.

L’Association des Amis du kilomètre zéro a conçu un circuit didactique de 7,5 km, aisément praticable par tout public sur un terrain plat et boisé. Il emprunte les divers ouvrages qu’elle a dégagés et restaurés.

La Villa Agathe, ouvrage fortifié français à Pfetterhouse.
La Villa Agathe, ouvrage fortifié français à Pfetterhouse.

Informations : www.amisdukmzero.com

La bataille du Moulin de la Caille

Enfin, signalons le week-end exceptionnel qui attend le petit village de Montreux-Jeune et les communes environnantes du 8 au 10 août. Il reconstituera la bataille du Moulin de la Caille.

Un combat particulièrement meurtrier, aujourd’hui noyé dans la masse des souvenirs des affrontements pendant quatre ans, mais qui fut décisif à sa survenance le 13 août 1914 dans la défense de l’accès à Belfort.

Outre la reconstitution grandeur nature, le week-end comportera conférences, expositions, démonstrations, animations musicales, une messe du souvenir présidée par l’évêque aux Armées Mgr Ravel, etc.

Préparée depuis deux ans, la manifestation est le fruit d’une mobilisation de dizaines de bénévoles fédérés par une association constituée spécifiquement pour l’occasion. www.moulin-de-la-caille.org

Et en Bourgogne :

A Chenôve, le 26 juin,  le maire, Jean Esmonin ouvrira officiellement le centenaire 14-18  par la projection  des Yeux de la Guerre. Cette réalisation originale de photographies stéréoscopiques, prises pendant la 1ère Guerre mondiale, numérisées est diffusée pour la 1ère fois en public sur grand écran. A l’image des films 3D, chaque spectateur devra porter des lunettes adaptées pour vivre ces instants d’émotions en relief. Ce film, réalisé par  Nicéphore Cité et l'entreprise On-Situ à Chalon-sur-Saône avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication, sera présentée et commentée par Jean-Michel Sanchez, réalisateur et directeur artistique d'On-Situ, et un historien de la Maison des Sciences de l’Homme de  l'Université de Bourgogne. Cette projection a obtenu le label officiel de la Mission du Centenaire. L’entrée est libre selon les places disponibles. Informations pratiques : www.ville-chenove.fr - salle des fêtes de l’Hôtel de Ville à 20h.

 

 

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