Urbanisme. Transformer un totem de l’architecture militaire en un ensemble d’habitat du XXIème siècle, c’est le pari – bien avancé – que pilote l’aménageur SERM pour la caserne Lefèbvre à Mulhouse.

Un monument que cette caserne Lefèbvre !

En plein cœur de ville, elle se drape de toute sa majesté «wilhelmienne», elle qui a successivement incarné la nouvelle puissance prussienne qui l’érigea entre 1874 et 1877, le retour à la France qui lui donna son actuelle dénomination au sortir de la Grande Guerre, l’héroïsme des soldats français dans les combats de la Libération en 1944 et le passage obligé du service militaire après-guerre jusqu’à sa désaffectation....

Cette bâtisse atypique, l’aménageur mulhousien SERM (Société d’Équipement de la Région Mulhousienne) entreprend de la ramener dans une certaine «normalité» par sa conversion en un ensemble d’habitat.

Normalité… pas tout à fait quand même.

La structure même des lieux oblige ses transformateurs à être imaginatifs, pour «faire de la contrainte du bâti un atout». Et la Zac Lefèbvre de 4 hectares de foncier pour près de 40.000 m2 construits forme l’avant-garde d’un ambitieux projet de reconquête urbaine, les «Jardins Neppert».

Sur cet espace de 25 hectares signé de l’architecte et urbaniste Nicolas Michelin, la ville entend métamorphoser son offre de logements et de qualité de vie, pour retrouver de l’«attractivité résidentielle», talon d’Achille de Mulhouse. En clair, redonner envie d’habiter en centre-ville dans du logement moyen et haut de gamme.

La partie de la caserne dont la majestueuse façade, fort judicieusement conservée, est confiée aux bons soins du bailleur Batigère et du cabinet d’architectes strasbourgeois TOA.

Pour tirer parti des particularités du lieu, ils ont conçu des paliers spacieux devant favoriser le bon voisinage, une exposition maximale à la lumière, des surfaces généreuses (le deux pièces à 50 m2, le quatre pièces à 90 m2…), des patios arborés pareils à des jardins intérieurs.

Attirer la promotion privée

Les 108 logements sociaux deux à quatre pièces devraient être terminés à la rentrée 2012. Un peu plus loin, 42 appartements et 5 maisons se trouvent en plein chantier sous la conduite de Cirmad Est, pour le compte de l’Association Foncière Logement.

Conçus par l’architecte lyonnais Thierry Roche, ils seront proposés sur le marché locatif libre et disponibles dès cet automne.

Troisième composante : un foyer d’accueil pour handicapés (adultes actifs et personnes âgées) démarre en septembre les travaux de ses 101 logements, sous la conduite du bailleur Mulhouse Habitat pour le compte de l’association gestionnaire Les Papillons Blancs et sous la plume du cabinet d’architectes mulhousien DLRW. Il sortira de terre à l’été 2013.

Le tout sera jalonné d’un parc d’un hectare, première composante de l’espace vert continu dont Nicolas Michelin fait la colonne vertébrale des «Jardins Neppert». Au total, ces Jardins verront la construction de 582 nouveaux logements. La partie locative est donc bien entamée, entre autres grâce à la Zac Lefèbvre.

Le défi consiste à attirer des promoteurs privés pour des produits d’accession. Mulhouse pensait avoir trouvé la clé grâce au hollandais ING qui s’était positionné sur 130 logements.

Mais c’était avant la crise… qui a fait rebrousser chemin au promoteur. Selon la SERM, les contacts noués sont bien avancés pour trouver rapidement un ou plusieurs remplaçants.

Crédit photo: Christian Robischon et TOA

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