Dans le milieu de l'année 2020, le groupe Arcom a changé de mains. Ses trois associés fondateurs ont cédé la majorité du capital à Gilles Fallet, ancien directeur administratif et financier de Tournus Equipement et cinq managers de la société. Petit Poucet parmi les gros acteurs du marché de l’automatisme des bâtiments, Arcom pense avoir une carte à jouer grâce à l’agilité de ses équipes de R&D.


En juillet 2020, le groupe Arcom a changé de mains. Ses trois associés fondateurs Pascal Tabouret, Gilles Fontaine et Bernard Delhomme, ont cédé la majorité du capital à Gilles Fallet, ancien directeur administratif et financier de Tournus Equipement et cinq managers de la société. La transmission « en douceur »,  – les fondateurs accompagnant les repreneurs pendant un an –, donne naissance au holding Arcom Développement dont le siège social est à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).

Il abrite deux activités, la gestion technique du bâtiment que le nouveau président préfère baptiser « l’immotique » (contraction de domotique et immeuble) car son marché concerne le tertiaire et l’industrie, et l’éclairage public (marque Citylone), ainsi qu’une filiale, Arcom Automation, qui fait les installations sur les chantiers.
Arcom possède sa propre usine de fabrication de cartes électroniques à Brindas, près de Lyon, où se situent aussi une unité d’assemblage des produits et un laboratoire d’électronique ainsi qu’une grande partie de la R&D. Celle-ci est partagée avec Chalon-sur-Saône où se situe également un atelier d’assemblage.


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L’arrivée d’une nouvelle direction se fait à un moment clé de l’entreprise. Depuis 2015, Arcom a beaucoup investi dans la recherche et développement de ses propres produits d’automatisme du bâtiment. La R&D mobilise 15 personnes, dont 5 recrues en 2020, sur un effectif de 60, et en valeur, 10% d’un chiffre d’affaires autour de 8 millions ces dernières années.  Les produits d’Arcom sont maintenant « mûrs pour un marché de volume », estime le nouveau président.


Le dernier né, commercialisé cette année, est un régulateur IP (connecté au réseau Ethernet), qui gère à la fois la climatisation, ventilation et chauffage (CVC), et l’éclairage et les stores d’un bâtiment.  « C’est la seule plateforme paramétrable du marché en France, affirme Gilles Fallet, qui permet aux intégrateurs et installateurs de gagner un temps précieux grâce à un seul produit sans outil de raccordement et de surcroît, qui consomme cinq fois d’énergie qu’une solution classique IP. »

 

Un marché à fort potentiel

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A gauche, la gestion de l'éclairage public à Sélestat en Alsace, et une armoire électrique d'Arcom Automation.

 

Choisie par le repreneur pour la « capacité technologue qu’elle représente sur un marché à fort potentiel », Arcom a d’autres produits en développement dans ses cartons. Les ingénieurs travaillent sur la détection des personnes dans les bâtiments (utile par exemple en cas d’incendie) et la géolocalisation des pièces, sorte de guide électronique via une application smartphone.

Face à des concurrents qui sont de gros acteurs, comme Schneider, Siemens ou Signifie (ex Philips), Arcom qui annonce détenir 5% de part de marché de la régulation connectée dans les bâtiments, a une grosse carte à jouer, estime Gilles Fallet. Et des chances pour décrocher la bonne. « Car une PME est plus réactive qu’un groupe pour s’orienter vers les technologies les plus pertinentes. »
Les opportunités de marché sont favorables. Le décret tertiaire de la loi ELAN (Evolution du Logement, de l’Aménagement et du Numérique) de 2018 réglemente le niveau des performances énergétiques des bâtiments existants de plus de 1.000 m2 à partir du 1er janvier 2025.

B 4.0

Bien qu’installé en province, c’est dans la région parisienne qu’Arcom réalise le plus gros de son chiffre d’affaires, à la fois dans la gestion technique du bâtiment (un tiers de l’activité) – l’entreprise participe actuellement à la rénovation de la tour Cèdre dans le quartier de la Défense à Paris –, et l’éclairage public (18%). Mais l’industrie exprime un « début d’intérêt pour la gestion technique des bâtiments, qui se concrétise à l’occasion de la rénovation des locaux. » Dernièrement, Arcom a réalisé la conception et la gestion de la production de froid des entreprises Frairies de Bourgogne  (Saône-et-Loire) et Jambon de Bourgogne  (Côte-d’Or).

Qui est Gilles Fallet ? 


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L’équipe dirigeante d’Arcom, avec Gilles Fallet, président (au centre) et les associés fondateurs à ses côtés.

Nivernais de naissance, Gilles Fallet se plait tellement à l’autre bout de la Bourgogne, dans le sud de la Saône-et-Loire que lorsqu’il prit la décision, en 2019, de reprendre une affaire bien à lui, il chercha chaussure à son pied dans un périmètre géographique qui lui épargnait de déménager. Il avait été pendant 10 ans le directeur financier de Tournus Equipement, un fabricant de meubles de cuisine pour les professionnels en Saône-et-Loire. Avec Pierre Marcel, son président, il avait contribuer à faire prospérer l’entreprise, passant son chiffre d’affaires de 38 millions d’€ en 2009 à 65 millions dix ans plus tard.
Il espère dupliquer le modèle chez Arcom. Comme chez Tournus Equipement où la majorité du capital appartient aux salariés, la reprise d’Arcom se fait avec avec cinq autres managers : Romain François, directeur R&D, Philippe Raynaud, directeur d’Arcom Services, Emmanuel Tuloup, directeur commercial, Stéphane Delhomme, directeur de l’activité de fabrication de cartes électroniques et Frédéric Vérot, directeur de Arcom Automation.
Le nouveau président cherchait une entreprise dans un secteur à gros potentiel. L’entreprise de domotique était née en 2005 du rapprochement des sociétés COMTEC Technologie et AR2i qu’avaient créés pour la première, Bernard Delhomme, et la seconde, Pascal Tabouret et  Gilbert Fontaine. Tout au long de sa carrière,Gilles Fallet a occupé des fonctions transversales (finances, contrôle de gestion, marketing, commercial) dans diverses entreprises : Jeux et Puzzles Ravensburger, Plastic Omnium Système Urbain, Sunyland-Chaudfontaine (Eaux minérales, Jus de fruit).

 

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Arcom intervient régulièrement dans la rénovation énergétique des établissements scolaires, en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est (en photo, la cité scolaire Charlemagne à Thionville, en Moselle), pour le chauffage et l’éclairage, ou encore en installant des capteurs de présence dans les salles de cours et gymnases.

 

Photos fournies par l'entreprise.

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