L’unique entreprise familiale française, constructeur et loueur de bateaux fluviaux, installée à Digoin en Saône-et-Loire, engage un plan stratégique sur cinq ans et en trois phases, pour mieux respecter l’environnement. A l’arrêt suite à un incendie ravageur le 28 octobre 2020 dans le bâtiment principal de son chantier naval, ce dernier reprend sa réalisation de bateaux, dont un futur zéro carbone propulsé à l’hydrogène. Et ce après près de 2 millions d’€ d’investissement sur un site entièrement reconfiguré.

 

Claude Carignant respire beaucoup mieux. D’ici à quelques semaines, le chantier naval qu’il dirige via la société Construction Polyester du Centre (CPC), qui emploie 12 personnes, reprendra complètement son ouvrage, soit la mise en chantier de deux types de bateaux sous marque « Tarpon (quatre modèles) » et « La Péniche ».

Le 28 octobre 2020, l’entreprise implantée à Digoin (Saône-et-Loire) avait subi un grave incendie qui a ravagé les deux tiers de l’atelier de montage et d’agencement. Seul celui dédié au polyester, séparé, avait été épargné. Le dirigeant ne s’étend pas sur le sujet, mais les sempiternelles pinailleries des assurances ont retardé la reconstruction.

 

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Dix-huit mois plus tard et près de 2 millions d'€ d'investissements, équipements compris, un site flambant neuf et reconfiguré est paré pour accroître la capacité de production à plus d’un bateau par mois. Le constructeur utilise également cet outil de travail pour fabriquer des hébergements insolites pour ses trois villages de vacances et une clientèle de prestataires touristiques, des campings notamment.

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Le nouveau chantier naval de Construction Polyester du Centre, toujours situé en bordure du Canal du Centre. © Les Canalous

 

Fort de ce nouveau chantier naval de 3.500 m2 couverts sur un hectare de foncier, Claude Carignant et son fils Alfred, qui dirige à Digoin la société de location de bateaux Les Canalous (17 bases en France, 550 bateaux à la location, dont 300 en pleine propriété), souhaitent verdir leur flotte. « Matériellement, il est toutefois inenvisageable de passer tous nos bateaux d’une propulsion thermique à l’électrique ou demain à l’hydrogène, nous allons procéder par étapes », explique Claude Carignant.

Digitalisation des process

 

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Le nouveau chantier naval joue sur la cohérence des flux et doit permettre de produire plus d'un bateau par mois. © Les Canalous


Le programme s’étage en trois phases sur cinq ans. Il consiste déjà à utiliser des carburants moins polluants, puis ne plus mettre en chantier que des bateaux à propulsion électrique sur les parties des 8.000 km de voies navigables en France dotées de bornes de recharge (*). Parallèlement, les Carignant doivent imaginer le bateau de demain à énergie hydrogène, considérée d’avenir. Ils sont déjà à l'oeuvre pour sortir de leurs ateliers, un modèle à hydrogène d’ici à fin 2023.

 

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En attendant, père et fils misent aussi sur l’intelligence numérique pour digitaliser leur process. Grâce à des capteurs, ils pourront superviser et gérer la flotte à distance, en matière de maintenance préventive, voire prédictive, de détection d’avaries éventuelles, de dépannage avec la prise en main du bateau à l’appui de tutoriels ou encore d’état des lieux. Les Canalous développent cette stratégie avec une start-up de Mâcon, baptisée Nauticoncept (10 personnes).

A la reprise d’activité du chantier naval qui attend en recrutement pas moins de 6 à 8 stratificateurs (agenceurs), menuisiers et ébénistes, s’ajoute la préparation de la saison de location 2022 autant sur l’eau et que sur terre.

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© Les Canalous

 

« 2020 fut une année très compliquée en raison de la pandémie et ce, malgré un été qui a dépassé nos espérances. De son côté, 2021 a vu une clientèle française compenser la perte des étrangers. Nous souhaitons maintenant un retour à la normale cette saison qui pour l'heure s’annonce bien », explique Alfred Carignant.

Les Canalous, dont le nom découle du sobriquet donné par les mariniers de Loire aux bateliers de canal, réalisent un chiffre d’affaires de 8 millions d’€  avec un effectif de 50 permanents et jusqu’à 150 personnes avec les saisonniers.

 

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Un autre entreprise du groupe « Carignant », la Société Doux Voyage, commercialise sous la marque Slowmoov, trois villages de loisirs (**) sous la forme d’hébergements insolites : des toues cabanées, héritées de ces bateaux de Loire éphémères, pour des séjours flottants, ou « Rêve de Robinson », un habitat doté d’une coque de bateau inversée.

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Passage du pont canal de Digoin avec La Péniche, l'un des plus gros bateau fabriqué en moins de 15 mètres. © Les Canalous

 

Construction Polyester du Centre (CPC) les fabrique et prépare un nouveau modèle hérité d’un petit bateau de Loire, le fûtreau, une barque d’usage local. « Pour mieux mailler notre présence avec ce type d’hébergements, nous avons des projets de croissance externe et un concept à l’étude de franchise nationale », indique Claude Carignant qui se rappelle avec plaisir les 40 ans des Canalous, fêtés le 2 décembre dernier et le souvenir d’avoir commencé l’aventure avec deux bateaux d’occasion.

(*) Un exemplaire des bateaux " La Péniche"  navigue déjà à l'électrique sur le canal d’Alsace.
(**) Les trois villages Slowmoov sont situés à Chassenard, près de Digoin, Bar-sur-Aube (Aube) et Chamberet (Corrèze).

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