La Covid-19 a inspiré à la start-up strasbourgeoise MedBed360, une plateforme de gestion en temps réel de la disponibilité des lits d’hospitalisation. Quant au Bourguignon Nauticoncept, il associe logiciels et capteurs physiques pour ouvrir aux particuliers le champ de la location de leur(s) bateau(x).

 

• MedBed360 gère en temps réel les lits d’hôpitaux disponibles

 
« L’idée a germé pendant le premier confinement. En discutant avec mon épouse qui est médecin anesthésiste réanimateur, j’ai pris conscience des difficultés qu’avaient les hôpitaux dans la gestion des lits, surtout en pleine vague du Covid-19 », raconte Roderick Ballan, ingénieur biomédical. Aujourd’hui, les données sur la disponibilité des lits sont répertoriées sur des logiciels internes aux hôpitaux mais ces données ne sont pas actualisées en temps réel. Cette gestion des lits fait souvent perdre du temps au téléphone aux médecins, aux infirmières et au Samu.


Lors du Hacking Health Camp de Strasbourg organisé en avril, Roderick Ballan, avec l’aide d’Anthony Morel, devenu depuis son associé, ont développé une plateforme permettant de renseigner et de consulter en temps réel la disponibilité des lits d’hospitalisation.
L’outil propose un accès pour les référents de service et de site pour renseigner l’état des lits ; et un accès pour les gestionnaires (les services d’urgence, le Samu ou l’Agence régionale de santé) qui leur permet de chercher et réserver les lits disponibles. C’est un moyen de fluidifier le parcours du patient et de lui sauver la vie car selon les urgences, son pronostic vital peut être engagé en cas de perte de temps. Pour les soignants, c’est aussi du temps libéré pour leur mission première que sont les soins.

L’ergonomie de la plateforme accessible en ligne (ordinateur ou smartphone) est telle qu’elle ne nécessite aucune formation et que le temps nécessaire pour renseigner les lits soit inférieur à 30 secondes.


Une version améliorée et payante en 2021

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Roderick Ballan, à gauche et Anthony Morel ont donné naissance à MedBed360, au Hacking Health Camp de Strasbourg, en avril, alors que les hôpitaux, en particulier dans le Grand Est, étaient submergés par les malades de la Covid-19. © MedBed360


La version zéro de la plateforme est aujourd’hui fonctionnelle et déployée gratuitement dans neuf établissements du Grand Est. MedBed360 gère actuellement environ un millier de lits. Au sein d’un même service, ceux-ci peuvent être fléchés Covid ou non Covid. La start-up est en discussion avec quinze autres sites en France, hôpitaux, groupes hospitaliers, aux Ehpad, aux établissements psychiatriques….

La version 1 qui devrait voir le jour à la mi-2021 sera synchronisée aux logiciels existants des hôpitaux, promettant un gain de temps encore plus important. Cette version sera payante « mais nous voulons rester abordables », assurent les associés.

En cours de création, leur société, InnoMed, est incubée auprès du réseau 1Kubator. Six recrutements sont prévus en 2021 (principalement des développeurs informatiques) avec un objectif de 100.000 € de chiffre d’affaires.

Julie Giorgi

 

baplcjuillet



•  À Mâcon, NautiConcept lève deux millions d’euros pour financer ses développements dans la location de bateaux.


Depuis sa création, en 2016, par quatre passionnés de nautisme et de technologies numériques, NautiConcept a déjà développé trois produits. Son dernier né est peut-être le plus prometteur. « Liberty Pass » est une solution numérique, associant logiciels et capteurs physiques, qui simplifie énormément la location de bateaux.

L’objectif est de rendre celle-ci accessible aux particuliers, même s’ils ne possèdent qu’un seul bateau.  « Notre solution, lancée en mai 2020, prend en charge tous les aspects de la location, à distance, afin que le propriétaire n’ait même pas besoin d’être sur le ponton : calendrier de réservation, journal d’entretien, et check-in et out lors de la location », décrit Nicolas Wolff, président de NautiConcept.

Avec ce système, louer devient réellement simple, et accessible, tandis que le ticket de location se trouve considérablement réduit. Chaque propriétaire de bateau peut ouvrir un mini club nautique, avec des abonnés payant un abonnement mensuel pour disposer du navire pendant une durée déterminée. Il faut compter entre 200 et 600 € d’abonnement par mois, selon les bateaux. De quoi démocratiser, un peu, un sport forcément élitiste.

 

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La bande des quatre fondateurs. De g. à d. : Joseph Mitton, cofondateur de Nauticoncept, avec Romuald Poirot (CEO), Guillaume Duprez (software architect) et Nicolas Wolff (président). © Nauticoncept

C’est pour répondre aux besoins professionnels de Joseph Mitton, à la tête de la concession Bateau Concept de Mâcon, que s’est formée lcette « bande des quatre » qui a fondé NautiConcept. L’homme cherchait un moyen moderne de tenir le carnet de bord de ses bateaux et il s’est naturellement tourné vers Nicolas Wolff, ingénieur en électronique, Romuald Poirot, ingénieur logiciel et Guillaume Duprez, ingénieur en développement spécialisé web et mobile, pour qu’ils lui proposent une solution. L’équipe estimant le marché porteur a décidé de fonder NautiConcept.

 

Des équipements interconnectés avec les appareils de bord 


Pour automatiser le journal de bord et le carnet d’entretien, l’entreprise mâconnaise s’appuie sur NauticSafe, qui combine capteurs physiques à bord et logiciel d’analyse. « Nous installons des capteurs, comme un capteur d’eau en fond de cale, ou des gyroscopes / accéléromètres qui nous permettent de connaître la vitesse, la gite, les éventuels chocs du bateau. Le gestionnaire peut même déterminer des zones de danger, où il interdit la navigation », décrit le dirigeant.

Les équipements développés par NautiConcept s’interconnectent avec les appareils de bord qui répondent à la norme NMEA2000. « Nous ne vendons pas ces capteurs. Nous avons adopté le modèle SaS (Software as Service), c’est-à-dire que nous louons un service, ce qui nous permet de générer des revenus récurrents et de mettre à jour nos capteurs quand nous le souhaitons », poursuit-il.

 

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NautiConcept compte aujourd’hui 9 salariés. Elle gère plus de 1.400 bateaux connectés, et plus de 5.000 utilisateurs de ses applications. La SAS au capital de 75.800 € n’a commencé à commercialiser ses offres qu’en 2018, et a connu un très fort développement en 2019. «  L’année 2020 est forcément hors normes avec la crise de la Covid-19. Notre chiffre d’affaires est en berne, mais nos clients s’en sont plutôt bien sorti pendant la courte période d’été. Nous sommes assez confiants en l’avenir », affirme Nicolas Wolff, qui refuse de divulguer le chiffre d’affaires de la société qu’il préside.

NautiConcept ne semble pas rencontrer de difficultés pour assurer son financement. Début février dernier, elle a levé deux millions d’€. L’investisseur institutionnel Invest PME et un investisseur privé ont rejoint les quatre fondateurs et quatre autres investisseurs privés qui étaient déjà entrés au deuxième semestre 2019. « Nous avons par ailleurs été suivis par nos banques historiques, Bpifrance et la Région Bourgogne sur cette opération », précise le dirigeant.

Arnaud Morel

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