Alors qu’il célébrera, ce 16 janvier 2023, ses deux ans d’existence résultant de la fusion entre PSA et Fiat, le constructeur automobile Stellantis vient d’inaugurer son usine de motorisations électriques Emotors à Trémery (Moselle), au nord de Metz. Il y assemblera 240.000 propulsions cette année.
Le constructeur automobile Stellantis gravit une nouvelle marche dans la conversion à la mobilité électrique de son usine de moteurs thermiques de Trémery (Moselle), au nord de Metz. Le 19 décembre dernier, le groupe a inauguré sur place une ligne de production de propulsions électriques en présence de Carlos Tavares, son directeur général, et de Roland Lescure, le ministre délégué en charge de l’Industrie.
Plus de 100 millions d’€ ont été injectés dans ce projet par la co-entreprise Emotors, une société détenue à parts égales par Stellantis, le sixième groupe automobile mondial (plus de 400.000 salariés) et par le spécialiste des motorisations électriques Nidec Leroy-Somer (6.200 personnes), filiale du Japonais Nidec. Cette enveloppe a permis d’aménager 30.000 m2 d’anciens ateliers d’usinage et d’installer les premiers îlots de production.
La mise en service de cette ligne sur le site qui a longtemps constituté l'une des plus importantes usines de moteurs diesel en Europe est un symbole pour le constructeur né il y a deux ans de la fusion entre PSA et FCA (Fiat Chrysler Automobiles). Près de 240.000 systèmes de propulsion sortiront des ateliers Emotors en 2023. Ils fourniront les nouvelles DS3 e-Tense, Peugeot e-208 et Open Mokka Electric, mais aussi la première version électrique de l’histoire de la marque américaine Jeep. « Ces moteurs électriques vont équiper des véhicules de segment B qui ont une autonomie supérieure à 400 km, et tout particulièrement la toute première Jeep électrique, la Jeep Avenger. C'est une particularité que je trouve savoureuse de la fusion entre FCA et PSA », s’est réjouit Carlos Tavares.

La co-entreprise prévoit de monter progressivement en cadence afin de quadrupler ses capacités dès 2024, de façon à produire un million de moteurs électriques l'an prochain. Ses effectifs, de plus de 180 personnes à l’heure actuelle, tous d’anciens salariés de Stellantis, devraient grimper d’ici là à 700 personnes.
Trois briques pour construire une stratégie industrielle

L’atelier Emotors constitue la deuxième des trois briques de la transition électrique de Trémery. La première a été posée en novembre 2019 avec la mise en route d’une première ligne d’assemblage de moteurs électriques.
Au départ, les composants du système de propulsion du moteur, la « machine électrique », étaient fournis par l’équipementier Continental. Avec Emotors, le constructeur a posé la deuxième brique de sa transition vers la mobilité bas carbone : il dispose désormais de son fournisseur de machines électriques attitré, installé au sein même de son site industriel. La co-entreprise fabrique le rotor et le stator, usine le carter en aluminium fourni par la fonderie Stellantis de Charleville-Mézières (Ardennes) et y ajoute l’onduleur, la partie en charge du pilotage électronique produite pour le moment par deux sous-traitants.
Pour Ghislain Boiteau, président d’Emotors « c’est un rêve qui devient réalité. Nous sommes partis en 2018 d’une feuille blanche et nous voilà aujourd’hui dans notre première usine. Notre mission va consister à concevoir les moteurs de demain, à fort rendement et à haute compacité, pour les véhicules Stellantis, mais pas seulement ».
La troisième étape est attendue dès la fin de ce premier trimestre. Elle doit permettre au site, où 2.500 salariés Stellantis continuent d’assembler des moteurs diesel et essence, de faire la jonction vers la mobilité 100 % électrique. En effet, Trémery va commencer à produire une motorisation essence couplée à une boîte de vitesse électrifiée e-DCT produite sur le site Stellantis voisin de Metz-Borny. Destinée à l’hybridation légère (non rechargeable), elle devrait offrir un gain de 15 % en consommation énergétique.
Le constructeur est convaincu que la propulsion thermique assistée par l’électrique va dominer le marché jusqu’en 2035, la date fixée par l’Union européenne de l’interdiction de la vente de véhicules thermiques. « Stellantis doit apporter une mobilité sûre, propre et abordable. Sur ce dernier point, les véhicules électriques affichent un surcoût de l’ordre de 40 à 50 % par rapport aux modèles thermiques. Cet écart est principalement la conséquence du prix des batteries », a rappelé le directeur général du constructeur à Trémery.
Le groupe automobile cherche à y apporter une réponse avec la mise en route d’une gigafactory de batteries à Douvrin (Pas-de-Calais) en 2023 et le renforcement récent de son partenariat avec le spécialiste de l’extraction et de la production de lithium Vulcan. Il mise aussi fortement sur les progrès à venir dans la chimie des batteries…













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