Les trois nouveaux véhicules 100% électriques du groupe PSA sont attendus début 2020. La DS3 Crossback e-Tense, la Peugeot e-208 et l’Opel Corsa-e intègreront sous le capot des motorisations assemblées dans l’usine de Trémery, en Moselle. L’usine de 3.000 salariés a inauguré ce 20 novembre, la première et pour l’instant du moins, la seule chaîne d’assemblage des tractions électriques du groupe.


Au volant de la DS3 Crossback e-Tense, la conduite ressemble à s’y méprendre à celle une voiture à boîte automatique. Traces Ecrites News l’a testée pour vous le 20 novembre dernier sur le site de Trémery, en Moselle, à l’occasion de l’inauguration de la première ligne d’assemblage des motorisations électriques du groupe PSA, un investissement de 10,5 millions d'€.
Sur les petites routes lorraines, les 100kW de puissance de cette citadine sont comparables à un véhicule essence de 130cv, les émissions de CO2 en moins. Quant à la batterie de 50kW, elle offre une autonomie de 320 km. Cette autonomie correspondrait parfaitement, selon PSA, aux besoins d’un automobiliste parcourant une cinquantaine de kilomètres par jour pour se rendre sur son lieu de travail.
Demeure le prix de la DS3 Crossback e-Tense (40 à 55.000 €) supérieur à sa grande sœur thermique. « Dans le cadre d’une location longue durée sur trois ans et 45.000 km parcourus, le prix de revient est quasi équivalent en prenant en compte le coût du carburant », argumente François Poitevin, zone manager DS pour le Nord-est. Il estime que la version électrique représente actuellement 10% à 15% des ventes de DS3 Crossback en France.

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La citadine est assemblée sur le site PSA de Poissy (Yvelines), sa batterie à Trnava (Slovaquie), mais son groupe motopropulseur électrique est fabriqué à Trémery.
Historiquement spécialisée dans les motorisations diesel, l’usine mosellane est désormais la première du groupe équipée de ces chaînes de traction électrique.
Et la seule. « Nous sommes privilégiés, car nous demeurerons les seuls, a priori pendant un certain nombre d’années, à fabriquer les motorisations électriques du groupe. La capacité actuelle est de 150.000 unités par an, avec l’objectif d’atteindre 900.000 unités à partir de 2022 », se félicite Marc Bauden, le directeur du pôle industriel de Trémery-Metz de PSA.  Malgré l'absence de visibilité sur les ventes, Yann Vincent, directeur industriel et supply chain du groupe PSA annonce une augmentation de la cadence pour atteindre 180.000 unités en 2021. « Il fallait être prêt au niveau industriel. »

Le site de Trémery poursuit la fabrication de moteurs diesel et essence

En 2018, PSA-Trémery a produit 1,76 million de moteurs diesel et essence. Pour le moment, il n'est pas prévu d'arrêter de ligne diesel qui représente aujourdd'hui 70% de la production totale de moteurs. Une "capacité de production" de moteurs diesel avait été réduite à l'été 2018.
La production de moteurs électriques nécessite 30% de main d'œuvre en moins par rapport à une ligne thermique. Mais il n'y aura aucun impact sur l'emploi dans les cinq ans, assure PSA.

La ligne de motorisations électriques tournera à raison de 230 unités par jour en décembre. Elles viendront équiper les trois modèles commercialisés par le constructeur à partir du premier trimestre 2020 : la DS3 Crossback e-Tense, la Peugeot e-208 fabriquée à Trnava (Slovaquie) et l’Opel Corsa-e assemblée à Saragosse (Espagne).
En revanche, les véhicules hybrides qui seront fabriqués à Mulhouse et  à Sochaux notamment, intégreront des motorisations électriques fournies par des sous-traitants ; au moins sur les trois prochaines années.  « L’inauguration de la nouvelle ligne d’assemblage de notre site de Trémery marque une première étape dans la production de motorisations électriques dans toute leur variété », précise Marc Bauden.

Les futures générations de batteries fabriquées en Europe

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L'implantation de la ligne de motorisations électriques chez PSA Trémery a nécessité un investissement de 10,5 millions d'€. © Julien Cresp

Les groupes motopropulseurs électriques assemblés à Trémery intègrent un réducteur – une boîte de vitesse simplifiée – fabriquée par l’usine PSA de Valenciennes (Nord). En revanche, la machine électrique est actuellement fournie par l’équipementier Continental. D’ici 2022, l’usine lorraine devrait être en mesure de produire elle-même ce composant essentiel grâce à l’accord de co-entreprise signé en 2017 avec Nidec Leroy-Somer.
Les deux partenaires ont prévu d’injecter 220 millions d’€ dans ce projet. À cet horizon, la co-entreprise baptisée Nidec PSA emotors sera également en mesure de produire les motorisations nécessaires aux véhicules hybrides et micro-hybrides. L’enjeu est stratégique, car pour Yann Vincent, directeur industriel et supply chain du groupe PSA, « nous serons en mesure dès 2025, de proposer à nos clients une version électrifiée sur 100% de notre gamme. »


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Dans ce contexte, la production des futures générations de batteries en Europe demeure une préoccupation majeure assure PSA. Le groupe est actuellement engagé dans un consortium européen aux côtés des groupes Saft et Siemens pour créer un « Airbus des batteries ».
Le directeur industriel et supply chain du groupe PSA ne pas donne davantage de précisions concernant une hypothétique implantation d’une usine de batteries en Bourgogne-Franche-Comté ou dans le Grand Est. « Nous sommes absolument convaincus que l’Europe doit disposer de capacités de production massives de batteries, afin de ne pas dépendre de la Chine pour un composant aussi significatif des véhicules. Sans la création de capacités industrielles les prix vont s’envoler. Dans ce projet, le soutien de l’Etat est absolument critique », a-t-il commenté.

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La DS3 Crossback e-Tense devant laquelle pose François Poitevin, zone manager DS pour le Nord-est, sera commercialisée à partir du printemps 2020. © Philippe Bohlinger

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