RÉSEAU. Le séminaire national du réseau Alizé®, les 11 et 12 octobre à Dijon et Beaune, a mis en lumière l'implication de Schneider Electric dans le mécénat de compétences.

L'électronicien est à Dijon le moteur du dispositif qui consiste à mettre l'expertise des grandes entreprises à disposition des plus petites.

Véritable poids lourd de l'industrie bourguignonne avec 1750 salariés, il est également à l'origine de celui de Chalon-sur-Saône, qui doit éclore en début d'année prochaine.

Beaune vient tout juste de le précéder.

Cliquez sur la photo pour l'agrandir et positionnez votre curseur dessus pour lire la légende.

Ce n'est pas un hasard si Guilhem Lassale, le directeur du site de Schneider Electric, à Longvic, près de Dijon, est le délégué régional d'Alizé® (1). La multinationale s'implique partout où le réseau national, promu par l'Association Travail Emploi Europe Société (ASTREES), prend racine.

Guilhem Lassale a lui-même épaulé l'an dernier Cuisine Innovation, une jeune société dijonnaise spécialisée dans la cuisine moléculaire.

L'industriel a apporté ses connaissances en logistique pour l'aider à se déployer en grandes surfaces. Une nouvelle prestation portera prochainement sur le contrôle de gestion.

Le réseau Alizé® repose sur le bénévolat. La grande entreprise propose ses compétences internes qui vont de l'organisation de la production à la gestion financière ou du personnel, en passant sur des postes plus techniques.

Le plus souvent, c'est le directeur ou le DRH qui s'engage personnellement. Tous les mois, un comité d'engagement étudie des projets de développement de PME.

Détectés par la CCI Côte-d'Or, animateur permanent du réseau en Côte-d'Or, les projets sont pris en charge selon les affinités et les compétences des accompagnants.

Entre un et deux nouveaux dossiers sont mis sur la table chaque mois. La prestation varie de 3 mois à un an et demi, au rythme de 3-4 demi-journées par mois.

Guilhem Lassale, directeur de Schneider Electric à Longvic.

Toute la Côte-d'Or et bientôt la Saône-et-Loire

«D'autres employés peuvent être mis à contribution, un soudeur par exemple si la demande de la PME porte sur ce poste précis ; l'employé qui accepte généralement sans difficulté, car c'est une façon de valoriser son travail, va dans la PME pendant ses heures de travail», affirme Pierre Dubar, cadre chez Schneider et membre du comité national Alizé®.

L'originalité du dispositif repose aussi sur la solidarité territoriale. «On peut tisser des liens avec d'éventuels fournisseurs ou sous-traitants situés près de nos centres de production», ajoute Guilhem Lassale.

Implanté dans le nord de la Côte-d'Or depuis 9 ans, le réseau couvre désormais toute la Côte-d'Or. Après Dijon en 2010, Beaune vient de le rejoindre, avant Chalon-sur-Saône, début 2013.

Les six nouveaux adhérents beaunois (2) portent à 35, les établissements, filiales de grands groupes ou grosses PME qui proposent leurs compétences à plus petites qu'elles.

«Je suis épaulé par Gérard Gauvain, un ancien dirigeant de Vallourec, aujourd'hui à la retraite», raconte Bernard Tridon, qui a créé il y a 2 ans, La Belle Boîte à Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or).

S'il est à l'aise dans la transformation du bois en coffrets d'emballage, présentoirs et mobiliers de magasins, il ressentait le besoin de peaufiner l'organisation de sa production depuis son installation dans de nouveaux ateliers.

«En plus de l'expérience de mon accompagnant, son regard extérieur m'ouvre les yeux sur des dysfonctionnements ou améliorations possibles», explique le dirigeant de cette PME dont les effectifs ont doublé en un an à 9 salariés.

Un poids lourd de l'industrie bourguignonne

Le groupe français Schneider Electric (22,4 milliards de chiffre d'affaires en 2011, 20 000 salariés en France, 130 000 dans le monde) est un poids lourd en Bourgogne, avec 1750 salariés. Il dispose de 4 sites en Bourgogne.

En Côte-d'Or, il fabrique des systèmes de gestion de l'éclairage à Longvic (230 salariés) et des contacteurs sur le site d'Epirey, à l'est de Dijon (350 salariés). En Saône-et-Loire, l'usine de Chalon-sur-Saône fabrique des disjoncteurs domestiques (350 salariés) et celle Mâcon (anciennement Areva T&D) des appareillages industriels avec 650 salariés.

L'usine de Longvic qui ouvre rarement ses portes, mais la fait le 12 octobre pour le réseau Alizé®, développe deux métiers : le profilage (pour la fabrication des supports d'éclairage) et le contact électrique.

Il est le seul en Europe à fabriquer des installations d'éclairage de 25 à 40 ampères pour l'industrie et le commerce. Elles renferment aujourd'hui plus de soft que de hard.

«Les automates qui modulent l'intensité de la lumière en fonction de l'occupation des ateliers peuvent faire économiser jusqu'à 30% sur la facture d'électricité», affirme Guilhem Lassale, son directeur.

Les installations de très forte puissante (jusqu'à 100 ampères) qui font fonctionner les lignes de production des usines sont l'autre spécialité du site. «L'activité est aujourd'hui au ralenti», reconnaît le directeur. Il attribue cette baisse de volume à la concurrence du câble.

L'équipement de l'usine Bericap (bouchons d'emballage) à Longvic, l'implantation des sous-stations du tramway de Dijon et l'éclairage de son centre de maintenance comptent parmi ses plus gros contrats récents.

(1) Le réseau Alizé® couvre 23 territoires en France. Dans l'Est, il est également présent à Colmar (Haut-Rhin). www.reseau-alize.com

(2) Atoll, Veuve Ambal, Saica Pack, Savoye, EDF et McDonald.

Photos : Traces Ecrites.

Commentez !

Combien font "7 plus 2" ?