La 19ème édition des RIDY qui a eu lieu ce jeudi 3 octobre à Auxerrexpo fut un bon cru. Pas moins de 2.500 visiteurs s’y sont rendus, accueillis par 250 exposants, venus de 26 départements, dont grand région oblige, certains de Côte-d’Or comme STI Genlis (câblage électrique) et du Doubs, tel AICC (découpe laser). Rencontre avec les icaunais Boudin, Cavois et Citas.

 

• Boudin, mouliste de maintenance pur jus

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Un travail minutieux, presque d'orfèvre. © Boudin.

Dominique Vié vous accueille avec chaleur pour expliquer son métier et de suite préciser qu’il n’est pas fabricant de moules. « A 80%, ils viennent de Chine, ce qui ne veut surtout pas dire qu’ils sont bas de gamme, car méfions-nous des idées reçues surtout aujourd’hui avec l’Asie », explique le dirigeant, repreneur de cette entreprise de Maillot, près de Sens, spécialisée dans la mise au point des moules en acier et en aluminium.
Car sortis de chez le fabricant, ces derniers sont inutilisables en l’état. Il faut les ajuster, les parachever, les tester, rectifier puis tester encore et encore. Cela prend en moyenne entre un à deux mois et Boudin fait 1.000 modifications par an auprès de 150 clients.
Avec Antoine, son fils de 28 ans diplômé d’une école de commerce, cet ancien commercial dans les métiers de bouche, passé à la technique, voit l’avenir avec sérénité au point d’injecter 3 millions d’€ dans une extension pour presque tripler de surface.
« L'agrandissement nous permettra de travailler des moules de 50 tonnes, contre seulement 7 actuellement. » Boudin réalise un chiffre d’affaires de 2 millions d’€ avec 25 salariés, dont 11 ajusteurs, très difficiles à trouver, précise le dirigeant.

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Dominique (à droite) et Antoine Vié sur leur stand au dernier salon Ridy. © Traces Ecrites.

 

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• Cavois, chaudronnier industriel petit mais costaud

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Grosse pièce mécano-soudée qu'a l'habitude de réaliser le chaudronnier icaunais Cavois.
© Cavois.

David Plazenet (49 ans) est un entrepreneur heureux depuis qu’il a repris l’entreprise Cavois en 2013. « J’étais déjà depuis longtemps un bon candidat pour devenir mon propre patron », souligne-t-il. Contrairement à d’autres cadres supérieurs qui partent voler de leurs propres ailes, son parcours  professionnel préalable dans de grands groupes spécialisés en aéronautique et automobile reste un bon souvenir. Il voulait juste humer l’air de la liberté, dit-il.
Bien lui en a pris avec Cavois, petite entreprise de chaudronnerie industrielle et chantier naval de Mailly-la-Ville, commune située entre Avallon et Auxerre. Onze personnes y travaillent avec le dirigeant et atteignent le million d’€ d’activité. Cette taille modeste masque toutefois des travaux de grande ampleur, réalisés de la conception à la pose finale : passerelles, tabliers de pont, châssis, garde-corps, palonniers…
Comme beaucoup de PME, Cavois peine à recruter un personnel compétent et polyvalent. Alors, il forme des apprentis – deux actuellement – dans l’espoir qu’ils remplacent ceux qui vont partir à la retraite. « Depuis la reprise, j’ai embauché une personne par an, soit six au total », assure David Plazenet.

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David Plazenet en pleine explication au salon Ridy 2019. © Traces Ecrites.

 

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• Citas, bientôt innovatrice en traitement de surface

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Ligne de traitement de surface chez Figeac Aéro. © Figeac.

L’idée a germé en 2017 autour des sous-traitants de l’aéronautique, comme Figeac Aéro à Auxerre (7,5 millions d’€ de chiffre d’affaires) ou encore Kep Technologies, près Sens. Elle a cheminé au point de créer l’association GISAERO en octobre suivant, qui fédère aujourd’hui 13 adhérents parmi lesquels les entreprises Davey Bickford ou encore Anthalys.
Toutes ou presque rencontrent le besoin d’améliorer le traitement de surface des pièces et composants (*). Ce groupement, épaulé par la Maison de l’Entreprise et l’UIMM de l’Yonne, va monter une plateforme mutualisée, sous la forme d’une SAS baptisée CITAS, avec des objectifs précis en matière de R&D, expertise et transfert technologiques, équipements innovants.
« Nous voulons faire vraiment avancer les savoir-faire en traitement et amélioration de surface et nous en donnons les moyens », argumente Jean-Marc Denis, responsable du développement industriel et de l’innovation à l’UIMM Bourgogne. Pour preuve, l’initiative bénéficie du programme d’Investissement d’Avenir, dit PIA3, doté de 21 millions.
Seul projet de Bourgogne-Franche-Comté à ce jour du PIA3, il va bénéficier de 2 millions d’€, dont la moitié en subventions, l’autre en avances remboursables, versées à parité par l’Etat et le Conseil régional. L’investissement global s’élève à 4,2 millions.
Il consiste à construire et équiper un bâtiment de 2.800 à 3.000 m2 que réalisera la SEM Yonne Équipement. A trois ans, une trentaine de personnes pourraient y travailler en lien avec des laboratoires, dont celui de l’Ensam de Cluny et l’Institut Carnot de Bourgogne.

(*) Le traitement de surface recouvre le revêtement anticorrosion, la peinture industrielle ou encore le traitement chimique destiné à réduire l'usure des pièces.

 

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Le Ridy 2019 a aussi accueilli de vieilles connaissances de Traces Ecrites, dont l'entreprise sénonaise Braizat Etiquettes de Marie Aubin. © Traces Ecrites.
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Autre habitué des colonnes de Traces Ecrites News, Denis Boulinier du câbleur électrique STI Genlis. © Traces Ecrites.
2 commentaire(s) pour cet article
  1. Thierry Lafarge dit :

    Bonjour, un grand bravo pour soutenir les PMI locales. Je tiens à vous signaler que TÔLERIE MÉCANIQUE SERVICE (TMS), basée à Stigny 89160 était aussi exposant au Ridy.

  2. Claudie DAMADEdit :

    Bravo aux entreprises industrielles de l'Yonne et de Bourgogne Franche Comté. Un clin d’œil particulier pour Boudin SAS et son équipe, emmenée par Dominique et Antoine Vié, dont le projet d'extension à la mise au point, maintenance et réparation de moules de forts tonnages augure une belle réussite pour la Sté Boudin.

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