Plus de 350 personnes se sont réunies au palais des congrès de Dijon, vendredi dernier 16 février, pour la synthèse de dix mois de parcours collaboratif dans la région avec la CEC, la Convention des Entreprises pour le Climat. Focus sur l’expérience de deux de ces sociétés qui s'investissent dans la démarche : GBEA Groupe, à Savigny-lès-Beaune et Diager, à Poligny.


Bouleversements climatiques, effondrement de la biodiversité, épuisement des ressources, perte de sens dans le monde du travail : pour inverser cette spirale infernale, la CEC (Convention des Entreprises pour le Climat) se mobilise. Ce mouvement national fondé en 2021 par des dirigeants et des cadres supérieurs de grandes entreprises a débuté sa déclinaison en Bourgogne-Franche-Comté en mai 2023. Dans la région, il rassemble 49 dirigeants, qui forment chacun un binôme avec un collaborateur ou une collaboratrice engagé(e), en vue d’accélérer leurs stratégies bas carbone et basculer de l’économie extractive vers l’économie régénérative.

Ces termes propres à la CEC se rapportent à deux notions : extractive désigne toutes les ressources de la planète que l’on exploite jusqu’à épuisement des stocks ; régénérative renvoie à l’objectif de réinscrire l’activité des entreprises dans les limites planétaires, sans accumuler les dettes environnementales.

 

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Le programme de la Convention s’est étalé sur six sessions de deux jours sur l'ensemble du territoire de Bourgogne-Franche-Comté. « Cluny, Dijon, Joigny, Besançon…, nous avons souhaité venir au plus près des entreprises », introduit Brieux Michoud, responsable de la CEC BFC. Suivant un parcours apprenant-agissant à destination des dirigeants - points de vue d’experts, apports pédagogiques et méthodologiques utilisant l’intelligence collective, éclairages et inspirations de précurseurs - la première session « Constat et monde d’après » permet à tous les participants « de prendre conscience ensemble de l’urgence et de l’ampleur des enjeux, de partager les informations sur les risques systémiques et les limites planétaires », explique Brieux Michoud.

Les sessions suivantes « Cap vers le régénératif »« Entreprendre avec le vivant »« Nouvelle boussole » « Coopérer avec ses écosystèmes »  aboutissent à l’écriture d’une feuille de route à l’horizon 2030, propre à chaque entreprise.

 

Quatre leviers de redirection chez Diager

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Fabricant d’outils professionnels pour le perçage du béton à Poligny (Jura), Diager développe depuis de nombreuses années une politique de RSE aux facettes multiples. © Traces Ecrites.


Pour Diager, fabricant d’outils professionnels pour le perçage du béton à Poligny (Jura), l’implication dans la CEC permet d’actionner « quatre leviers de redirection : rediriger notre offre, influencer notre chaîne de valeur et en particulier transformer le management et les hommes, nouer de nouvelles coopérations, et régénérer le système terre », décrit Dominique Poncet, responsable RSE de l’entreprise de 220 salariés pour un chiffre d’affaires annuel de 50 millions d’€.

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« Planet champion »
de son entreprise, selon l'expression consacrée dans la CEC, la responsable a formé un binôme avec le président de Diager François Defougères, auquel incombe la tâche de concilier ces objectifs avec ceux d’ordre économique. La PME jurassienne cumule déjà les distinctions : certification environnementale ISO 14001 et label engagé RSE niveau « confirmé » de l’AFNOR basé sur l’ISO 26000, « et notre premier bilan carbone date de 2009 ! », rappelle Dominique Poncet. La PME ressort pourtant de la CEC munie d’autres pistes d'amélioration encore, comme la mutualisation de services avec des entreprises voisines.

 

Une vraie claque

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La table ronde autour de la coopération à laquelle a participé Dominique Poncet, responsable RSE de Diager, le 16 février au palais des congrès de Dijon pour la restitution régionale de la convention. © Diager


Pour Eric Bornert, gérant du groupe GBAE à Savigny-lès-Beaune (Côte-d'Or) - réunissant l’entreprise Embag spécialisée dans le design et le négoce de produits de conditionnement pour le secteur viticole et Vectoeur, un laboratoire d’analyse sur l’amélioration de la qualité de l’air intérieur - le temps fort de la participation à la CEC s’est produit dès le coup d’envoi. « Lors de la première session, j’ai pris une vraie claque. Le film diffusé « The Week » m’a empêché de dormir la première nuit », témoigne-t-il.
 

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Le groupe de 36 collaborateurs et son dirigeant ne sont pourtant des novices de l’investissement sur l’humain. « Fin 2015, lorsqu’il nous a fallu nous réinventer pour sortir de difficultés financières, nous avons créé un concept qui demeure le fondement de notre politique sociale : l’EBE pour « écoute bienveillance efficience » entre collaborateurs, avec les clients, avec nos fournisseurs… Un salarié ne peut pas être à 100 % tout le temps, il faut apprendre à gérer ses propres ressources pour être plus efficace. Nous sommes convaincus que le bien-être des collaborateurs contribue également à l’EBE comptable : l'excédent brut d’exploitation. »

Avec Maylis Lockhart, sa « planet champion », ils ont écrit une feuille de route centrée sur la coopération tout le long de leur chaîne de valeur, avec les fournisseurs, les clients, les banquiers…. « Un jour, un client m’a dit, je travaillerai avec vous indéfiniment ! Le terme est fort, il m’a profondément touché parce j’ai compris que notre démarche est sincère », confesse Eric Bornert. Pour « vivre une RSE engagée et non défensive », le duo de PME au chiffre d'affaires proche de 20 millions d'€ s’est fixé le cap de devenir une entreprise à mission à la fin de la décennie.

 

Appel pour un second parcours

En 2024, ce seront plus de 1.000 entreprises qui sont engagées dans la CEC au niveau national. Un second parcours va être lancé, de septembre 2024 à juillet 2025, qui couvrira la région Bourgogne-Franche-Comté. 

Les entreprises désireuses de candidater à la CEC peuvent le faire sur le site internet dédié. Un groupe d’une soixantaine d'entreprises (mais aussi de collectivités et associations) est en cours de constitution, encadrées par une équipe de trente personnes pour un budget approximatif entre 900.000 € et 1,2 millions d’€, financé à 80% par les participants et à 20% par les aides publiques.

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