Labellisée Industrie du Futur, l’entreprise bressane de 23 salariés rivalise avec les plus grands groupes, que ce soit dans son organisation, sa robotisation, comme sa créativité. Jérôme Puget, le dirigeant, compte encore aller plus loin, avec demain la géolocalisation en temps réel de sa matière première et de ses nombreux outillages.


Il faut prendre une toute petite route sur deux kilomètres en sortie de l’A39 (Dijon-Dole-Bourg-en-Bresse), et gare au croisement avec un poids lourd digne de ce nom... Et puis, à la sortie d’un tournant face à un très beau panorama, nous voici arrivé chez Puget Production Mécanique, sous-traitant industriel, principalement pour l’aéronautique : il a fournit des pièces pour les A-320, A-350…

Sur ce bout de Saône-et-Loire qui jouxte l’Ain, dans le village de Condal (420 habitants), se divise la Bresse d’Oc avec ses maisons en pisé et soubassements en pierre et la Bresse d’Oïl, où prédomine les murs en briques sous des toits à deux pans. C’est sur cette terre des « ventres jaunes » (Ndlr : surnom donné aux habitants de la Bresse) qu’Hubert Puget a fondé en 1974 l’entreprise que préside aujourd’hui son fils Jérôme.

 

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Depuis le début d’année, Puget Production Mécanique est entrée dans le club restreint des labellisés « Industrie du Futur ». La prouesse tient à sa taille : 23 salariés, 3 apprentis et un peu plus de 3 millions d’€ de chiffre d’affaires sur l’exercice 2019. Mais également à l’absence de bureau d’études et d’ingénieurs. « On a toutefois l’esprit très ingénieux », s’amuse à dire Jérôme Puget.

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Atelier de stockage des matières premières. Les différentes barres de métal sont identifiées d'une étiquette spécifique et bientôt RFID pour une géolocalisation. © Traces ecrites


La visite des ateliers, scindés en deux vastes bâtiments issus de cinq agrandissements depuis l’origine, fait découvrir une gestion avant-gardiste de la production. Le parc machines compte 23 équipements à commande numérique (de cinq à seize axes), dont trois uniquement de contrôle. « Nous fabriquons de nombreuses pièces de sécurité qui doivent être livrées sans aucun défaut », justifie Guillaume Girodet, le directeur général.

 

Une numérisation très poussée

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L'une des trois machines de contrôle qui combine scanning et palpage. © Traces Ecrites


Chaque collaborateur dispose d’une tablette avec des applications maison. Elles lui permettent, à l'aide de codes-barres, de trouver immédiatement le métal adapté à sa fabrication : inox spéciaux, aciers, titane, cuivreux, fonte ou encore plastiques techniques.
L'opérateur choisit aussi ses outils d’usinage (tournage et fraisage) à partir d’une armoire connectée lui indiquant celui en cours de travail, celui prêt à l’emploi, car affûté, et le troisième du genre, tout neuf.

 

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« Chaque mercredi, un prestataire vient assurer la maintenance de ces centaines d’outillages », assure le dirigeant. Une autre armoire connectée, reliée au progiciel de gestion intégré (ERP), indique à l’appui de certificats d’étalonnage, le calibre de contrôle vérifié. Demain, une géolocalisation des outillages et des matières premières se fera grâce à des étiquettes RFID, par radio-identification
« Nous avons aussi poussé la robotisation au maximum de nos possibilités, avec plusieurs bras préhenseurs, et contrairement aux idées reçues, cela nous a permis de recruter quatre personnes. » Ce qui fait quand une demi-heure à peine, les changements de séries de production s’opèrent facilement.

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Les collaborateurs en production travaillent sur tablette ou à leur choix sur écran 28 pouces. © Traces Ecrites


S'ajoutent à ce plan de modernisation, une climatisation adiabatique (sans mélange d’air avec l’extérieur), un plan de continuité qui double chaque poste et une aide du Feder (Europe) pour épauler l’entreprise. Précisons en outre l’appui judicieux du Cetim, et Puget Production Mécanique peut dorénavant jouer parmi les Petits Poucets de l’Industrie du Futur.

 

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Qui sont Jérôme Puget  et Guillaume Girodet ?

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Jérôme Puget (à droite), en compagnie de Guillaume Girodet, son directeur général. Pour les besoins de la photo, les deux hommes ont retiré leur masque juste une poignée de secondes. © Traces Ecrites

Jérôme Puget (44 ans), diplômé en génie mécanique, entre chez Puget Mécanique en 1998, déjà au tournage-fraisage, puis aux méthodes et gestion de fabrication, enfin aux achats et commercial. Il rachète la société à son père Hubert en 2011. Depuis cinq ans, il aura investi pas moins de 5 millions d’€ dans l’outil industriel.

Guillaume Girodet arrive dans l’entreprise la même année. Titulaire d’un BTS de productique, il commence au contrôle, puis passe à la qualité, à la production et devient directeur général en 2018.  Les deux hommes assurent qu’ils se complètent parfaitement.
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Contrôle visuel de certaines pièces. © Traces Ecrites

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