Premier à lancer sa campagne de terrain, le candidat de la République en Marche, Denis Thuriot, maire de Nevers, s’est rendu hier 18 mars à Dijon à la Banque alimentaire de Bourgogne. Son président Gérard Bouchot a proposé que le chèque alimentaire que veut mettre en place Emmanuel Macron, soit expérimenté sur deux publics qu’il a bien identifié depuis le début de la crise sanitaire : les étudiants et les retraités précaires.
La préparation des élections régionales qui se dérouleront les 13 et 20 juin, se fait pour l’instant discrètement dans les instances politiques qui, pour la plupart, en Bourgogne-Franche-Comté, ont présenté leurs tête de liste (Lire à ce propos en fin de texte *). Premier à « sentir » le terrain, peut-être parce qu’il n’est pas connu hors de ses terres nivernaises, le candidat de la République en Marche, Denis Thuriot, maire de Nevers, s’est rendu hier 18 mars dans la capitale régionale, accompagné du délégué général du parti de la majorité gouvernementale, le député Stanislas Guerini.
Point de rencontre avec des militants, mais une visite de deux activités économiques aux antipodes l’une de l’autre, la Banque Alimentaire de Bourgogne et le fabricant de prothèses Proétor. D’un côté, le social, de l’autre, l’innovation.

L’association de distribution de l’aide alimentaire de Bourgogne n’est pas une inconnue pour Denis Thuriot puisque l’une de ses trois antennes départementales se situe dans sa ville de Nevers dont il est maire depuis 2014. Et l’économie sociale et solidaire dont relève l’activité de la banque alimentaire sera un point fort de programme de la liste En Marche, confie le directeur de campagne, le député de Côte-d’Or, Didier Paris.
L’accompagnement du député Stanislas Guérini fut l’occasion d’un partage de points de vue avec le président de la banque alimentaire Gérard Bouchot sur l’actualité du chèque alimentaire. Le président de la République a fait sienne cette proposition de la Convention citoyenne pour le climat. Avec ce chèque, les ménages les plus modestes achèteraient des fruits et légumes dans une logique de circuit court, apportant de fait également une aide aux agriculteurs.
Les modalités d’organisation, encore en discussion entre Bercy et le ministère de l’Agriculture, font débat comme l’a prouvé l’échange entre Gérard Bouchot et Stéphane Guérini. « Les associations sociales ne peuvent être tenues à l’écart, a défendu Gérard Bouchot, car elles ont une connaissance des publics potentiellement bénéficiaires sur l’ensemble d’un territoire donné. »
Le président de la banque alimentaire s’interroge aussi sur les canaux de distribution de ces chèques qui a priori pourraient être multiples : boutiques d’agriculteurs, marchés locaux, commerces de proximité, supermarchés : « Il ne faudrait pas, comme aux Etats-Unis où la distribution des « Food Stamps » (ndlr : bons alimentaires) n’est pas bien contrôlée, qu’ils empruntent des canaux de distribution mercantile », estime -t-il. Gérard Bouchot craint aussi que le rôle de réinsertion sociale de la distribution alimentaire ne soit pas rempli.
Expérimentation du chèque alimentaire après des étudiants et des retraités

Gérard Bouchot a proposé que le chèque alimentaire soit expérimenté par la Banque alimentaire de Bourgogne sur deux publics qu’elle a bien identifié depuis le début de la crise sanitaire : les étudiants et les retraités précaires. En 2020, en effet, l'association caritative a constaté une hausse de la demande des jeunes comme des plus âgés. Elle a fait un « gros effort » en direction des étudiants du campus de Dijon – les étrangers en particulier qui ne pouvaient pas rentrer chez eux –, auxquels 100.000 repas ont été fournis et les « grands exclus » en distribuant en direct 200.000 repas.
Selon la banque alimentaire, la crise sanitaire a amplifié un mouvement d’appauvrissement en progression continue depuis 2012 dans la région : 30% des bénéficiaires sont des familles nonoparentales, en majorité des femmes et ,20% ont pour autant un emploi. On constate également un nombre croissant de bénéficiaires de plus de 50 ans : 25 % en 2012, 45% en 2020. Grosse progression aussi des retraités : 5% en 2012, 17% en 2020.

Installée dans la zone d’activités Cap Nord depuis juin 2019 dans un ancien bâtiment de logistique de 4.000 m2 (dont un local à température négative) co-financé par les collectivités locales et une quinzaine d’entreprises mécènes, la Banque alimentaire de Bourgogne se présente comme « le grossiste » de l’aide alimentaire. C’est là que sont réceptionnées, triées, stockées puis réparties vers les trois antennes départementales de Nevers, Chalon-sur-Saône et Auxerre, ainsi que vers 163 partenaires – comme Les Restaus du Coeur, le Secours catholique ou Populaire, les épiceries sociales, les CCAS –, les denrées de différentes provenances.
L’Union Européenne, la grande distribution avec des produits proches de la date limite de consommation, les produits avec défauts d'emballage ou d’étiquetage de l’industrie agro-alimentaire sont des fournisseurs réguliers auxquels s’ajoute la collecte annuelle auprès du public à la sortie des supermarchés. En 2020, elle a été généreuse, avec plus de 70 tonnes, soit l’équivalent de 140.000 repas.
Au total, 2.800 tonnes sont passées par l’entrepôt de la Banque alimentaire de Bourgogne l’an dernier, ce qui équivaut à 5,6 millions de repas. L’association fonctionne avec un budget de l’ordre de 1 million d’€, 9 salariés et 210 bénévoles. La moitié des recettes provient d’une « participation de solidarité » payée par les associations distributrices selon un calcul au kilo de marchandises, 10% de subventions publiques – « trop peu » commente Gérard Bouchot–, et le reste de dons et du mécénat. Une aide exceptionnelle a été versée l’an dernier par l’Etat et par le Conseil départemental de la Côte-d’Or.
Denis Thuriot a été élu maire de Nevers en 2014, sans étiquette. Il quitte à ce moment-là le Parti Socialiste, et se situe clairement au centre droit face à une liste de gauche. Pour le second tour, il s’allie avec l'UDI et l’UMP (aujourd’hui LR). Il est réélu au 1er tour en 2020. Ce Neversois de naissance, âgé de 54 ans, rejoint Emmanuel Macron pour la présidentielle de 2017. Titulaire d'une maîtrise de droit des affaires et d'un DEA en droit privé préparés à Dijon et Lyon, il est avocat de profession.
Début mars, Denis Thuriot est désigné chef de file d’une liste LREM (La République en Marche) allié par un accord national au MoDem, à Agir et à Territoires de progrès. Denis Thuriot est adhérent à ce dernier mouvement.
Selon un sondage publié fin février 2021, il obtiendrait 18% des voix, en 4ème position derrière la présidente sortante, Marie-Guite Dufay, alliée avec les écologistes, le PRG et les communistes (32%), le Rassemblement National avec Julien Odoul (27%) et Les Républicains, avec Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône (23%).
Denis Thuriot ne compte pas faire d’alliance partisane, avec des formations politiques, mais se dit ouvert à « tous les individus qui se reconnaissent dans des valeurs progressistes, du centre gauche au centre droit, à l’exception des extrêmes. » Il entend aussi donner toute leur place aux villes moyennes, à preuve la présence sur sa liste de Alain Chrétien, le maire de Vesoul (un ancien LR).
S’il est élu, Denis Thuriot fera un mandat « de la relance solidaire. » Il compte sur sa position d’élu dans un département excentré, à l’ouest de la Bourgogne, pour « unir » les deux régions, d'ouest en est, à l’opposé de Nevers. « On raisonne encore trop Bourgogne et trop Franche-Comté », a t-il déclaré lors de son déplacement le 18 mars dans la capitale régionale, en compagnie des parlementaires En Marche de la région, le sénateur François Patriat et les députés Didier Paris et Didier Martin.
(*) Les candidats au élections régionales en Bourgogne-Franche-Comté déclarés à ce jour sont : Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) et conseiller régional sortant, est tête de liste pour les Républicains. Julien Odoul (Yonne), conseiller régional sortant représente le Rassemblement national. Stéphanie Modde, conseillère municipale de Dijon, est la tête de liste d'Europe Écologie Les Verts. Lilian Noirot (Montceau-les-Mines, Saône-et-Loire), lui aussi sortant, portera les couleurs du parti de Nicolas Dupont-Aignan, Debout La France (il avait élu en 2015 sur la liste Front National). Bastien Faudot (Belfort) conduit une liste de gauche : Gauche démocratique et sociale, Gauche républicaine et socialiste, France Insoumise, Nouvelle Donne, Place Publique. La présidente Marie-Guite Dufay qui avait été élue sur une liste PS en 2015, n’a pas encore dit son intention, fort probable, de se représenter. Et surtout quelles seront ses alliances.























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Merci d'avoir profité de cette occasion pour souligner l'action de la BA Bourgogne qui s'insère dans notre organisation régionale B-FC avec la Ba Franche-Comté et la BA Jura. Bien confraternellement, Gérard Ferrand, vice-président BA Franche Comté