Percés d'une membrane zénithale en PVC et de baies vitrées ouvrantes sur le pourtour, des bacs aciers isolés remplacent la coque en résine de la coupole. ©TNA architectes.
La nouvelle coupole de la piscine de Sens. ©TNA architectes.

CONSTRUCTION. Peu utilisée par les collectivités locales de Bourgogne et de Franche-Comté, la procédure de conception-réalisation a été choisie pour la rénovation de la piscine intercommunale de Sens, dans l'Yonne, et du centre nautique de Malbuisson, dans le Doubs.

Les deux maîtres d'ouvrages publics avancent deux arguments : les délais de réalisation et le respect d'une enveloppe budgétaire. Mais pas seulement.

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Fermée au public depuis 2012 à cause d'un risque d'effondrement de la charpente et la couverture, la piscine de Sens fait partie des 183 piscines Tournesol construites dans les années 1970, ainsi baptisées en raison de leur toiture ouvrante en forme de coupole.

Sa rénovation complétée par une extension de 400 m2 a démarré en avril avec la dépose de la couverture en polyester qui risquait de s'effondrer.

La communauté de communes du Sénonais, le maître d'ouvrage, a choisi la procédure de conception-réalisation.

 La réorganisation des espaces intérieurs débouche sur une extension de 400 m2 et la création d'une plage extérieure de 100 m2. ©TNA architectes.
La réorganisation des espaces intérieurs débouche sur une extension de la piscine de Sens de 400 m2 et la création d'une plage extérieure de 100 m2. ©TNA architectes.

Contrairement à la loi Mop (maîtrise d'ouvrage publique), généralement utilisée par les maîtres d'ouvrage publics et qui consiste à sélectionner d'abord un maître d'œuvre, puis les entreprises de construction, la conception-réalisation réunit dès le départ une équipe de maîtres d'œuvre (la conception) et d'entreprises (la réalisation).

Ensemble, ils s'engagent à construire un équipement public, dans des délais et à un prix négocié.

Cela n'empêche pas le maître d'ouvrage public de solliciter des subventions auprès d'autres collectivités, mais à prestation égale, l'enveloppe définie avant les travaux ne doit pas être dépassée.

La maintenance pendant sept ans

Après consultation, la communauté de communes de Sens a retenu le groupement C3B (groupe Vinci), mandataire d'une équipe formée avec TNA architectes, le bureau d'études Katene (Rhône) et Cofely Ineo.

Aux délais de réalisation et au respect d'une enveloppe budgétaire - les deux principaux arguments avancés en faveur de la conception-réalisation -, la communauté de communes a trouvé un autre avantage.

Elle a également confié au groupement la maintenance de la future piscine pendant 7 ans. Ce sera l'affaire de Cofely Ineo.

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A Malbuisson, les vestiaires positionnés au centre desservent à la fois le nouveau bassin couvert de 600 m2 et les plages extérieures en contrebas. Le bassin de sport-détente est logé dans l’emprise du bassin sportif existant. ©Agence Coste Architectures.

« La durée du contrat est un gage de fiabilité et d'économies de fonctionnement », affirme Jean-Sébastien Soudre, directeur des services techniques de la communauté de communes du Sénonais.

Les systèmes de traitement de l'air et de l'eau qui seront mis en place promettent un renouvellement quotidien de l'eau de baignade limité à 40 litres par baigneur.

Du côté de la durée du chantier, le directeur des services techniques estime à « au moins deux mois les gains de temps par rapport à la loi Mop ».

L'opération qui sera livrée en mars 2015, coûte à 3,87 millions d'€ hors taxes dont 3,429 millions pour les travaux et 1 million pour la maintenance sur 7 ans.

Des solutions techniques pertinentes

A Malbuisson, dans le Doubs, le syndicat mixte des deux Lacs justifie le choix de la procédure de conception-réalisation pour adapter les installations de traitement de l'air et de l'eau d'un bâtiment lui aussi des années 1970.

L'équipe de réalisation qu'ont rejoint les bureaux d'études Teckicéa (bois) à Pontarlier, FDI (béton) et B3G2 (géotechnique) prévoit une large place aux énergies renouvelables, en particulier la récupération des calories des bassins et des douches.

« Nous cherchions des solutions techniques pertinentes et réalistes pour minimiser le coût des travaux », explique le maître d'ouvrage.

A Malbuisson, une attention particulière est portée à l'intégration dans la pente naturelle du site du bâtiment de 2128 m2, largement vitré au sud pour bénéficier des apports solaires.  ©Agence Coste Architectures.
A Malbuisson, une attention particulière est portée à l'intégration dans la pente naturelle du site du bâtiment de 2128 m2, largement vitré au sud pour bénéficier des apports solaires. ©Agence Coste Architectures.

L'équipe qui associe l'agence Coste Architectures (Montpellier), le bureau d'études Auberger-Favre (Lyon) et Eiffage Construction Franche-Comté a trouvé la réponse en s'aidant d'une maquette 3D.

Cet outil leur a permis d'optimiser les volumes et les surfaces en fonction d'un cheminement le plus fonctionnel possible entre les surfaces existantes et l'extension de 800 m2.

D'un coût de 5,850 millions d'€ hors taxes, le projet sera livré en octobre 2015.

 
1 commentaire(s) pour cet article
  1. Mariedit :

    C'est marrant que ce type de construction se développe au profit de la construction de logement alors qu'il existe des lois pour favoriser la construction de logements neufs (cf : http://www.loi-duflot-toulouse.org/comprendre-loi-duflot/) et non pour les piscines ... Mais je pense que l'objectif est le même avec la construction de piscine : rendre dynamique et attractive la ville en question ! En tout cas il est important que, comme vous le dites, ce type de construction soit en accord avec les normes environnementales de construction (cf : http://www.icfhabitat.fr/groupe/normes-environnementales-batiment). Espérons que nous pourrons vite profiter de la nouvelle piscine !

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