Par le rachat de deux PME, Mecalec en 2017 puis AMGS l’an dernier, François Pfister a posé les jalons d’un petit groupe régional de mécanique de précision, dont il conçoit comme seulement provisoire la taille actuelle de 100 salariés pour près de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018.

En deux ans, François Pfister a a posé les jalons d’un petit groupe régional de mécanique de précision qu'il ambitionne de porter à la taille d'une ETI. Par développement interne d'abord. Spécialiste de l’usinage et de la mécano-soudure à Hochfelden (Bas-Rhin), Mecalec qu'il a racheté en 2017, a investi 1,2 million d’€ en fin d’année dernière pour se doter de deux nouveaux centres de fraisage et de robots.
AMGS (Atelier Mécanique Générale et Services) à Sarreguemines (Moselle), acquis en 2018, va bénéficier d’une enveloppe d’un montant comparable, soit 1,5 million d’€, en équipement mais surtout en immobilier : elle va déménager du centre-ville de Sarreguemines vers l’Europôle de Hambach, la zone de l’usine automobile Smart. « Le permis sera déposé en avril, dans l’objectif d’ouvrir l’unité dans un an, sur 1.500 m2 pour commencer », précise François Pfister.



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Comme il a aussi pris goût à la croissance externe, le dirigeant compte la poursuivre. « L’ambition, c’est de franchir à l’horizon de cinq à sept ans le cap de l’ETI, soit 50 millions d’€ de chiffre d’affaires et 250 salariés », annonce-t-il. « Nous avons identifié des cibles, situées à plusieurs maillons de notre chaîne d’activité : en amont des bureaux d’études pour nous renforcer en ingénierie, et en production sur le métier complémentaire de la robotique, à profil de PME et non de TPE ». La définition de ce spectre découle de l’analyse fine que François Pfister a dressée de la mécanique générale, avec l’aide de cabinets extérieurs.
Sa conviction est forgée : l’avenir du secteur « passe par l’évolution vers un profil authentique d’industriel, au lieu de l’artisanat traditionnel ». Autrement dit, des entités dont les effectifs se comptent en dizaines de salariés, plutôt que sur les doigts d’une main.

Un bureau outre-Rhin courant 2019

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Le groupe Pfister réalise des petites et moyennes séries de pièces mécaniques pour tous les types d'industries. © Mathieu Noyer.

« En tout cas, c’est ma vision compte tenu de notre portefeuille de clientèle. Il est constitué de grands donneurs d’ordre locaux de l’industrie, qui attendent de nous une réponse d’industriel : fiabilité sur les prix, la qualité, les délais et  la traçabilité, montée en compétence, capacité  d’intégrer l’automatisation pour aller vers l’usine 4.0 », expose François Pfister. Dans ce but par exemple, Mecalec s’est doté l’an dernier d’une machine tridimensionnelle de contrôle  de la dimension des pièces.
Ses clients portent des noms qui font référence dans le tissu d’Alsace du Nord et de la Moselle, comme Siemens, Trumpf, Mars, Schaeffler à Haguenau, SEW-Usocome, ou encore la câblerie Lapp à Forbach. Cette liste a une forte consonance de filiales de groupes germaniques… qui donne envie au dirigeant d’être de plus en plus actif outre-Rhin. Ses PME y travaillent déjà, pour Linde par exemple.

 

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Dans cette dynamique, un bureau ouvrira en Allemagne dans le courant de l’année. Mais de ce côté-ci du fleuve, Pfister entend aussi élargir son champ d’intervention à d’autres bassins d’emploi, de proche en proche.
À la mécanique pour des pièces de petite et moyenne séries dans tous les types d’industrie, s’ajoute une activité de lubrifiants automobiles et industriels. Minoritaire, elle puise toutefois à la source du groupe. En effet, les Établissements Pfister ont démarré en 1878 puis ont rejoint le groupe de lubrifiants Hafa, dont l’entité Est basée à Hoerdt, près de Strasbourg, constitue la troisième branche du Pfister actuel.

Qui est François Pfister ?

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© Mathieu Noyer.
La constitution de son groupe familial est synonyme de retour aux sources de l’entreprenariat. Diplômé de l’école de commerce Iseg, François Pfister a commencé son parcours par la création d’une société dans l’informatique.
Après la revente de celle-ci, il a intégré le groupe de lubrifiants Hafa auquel s’était rattachée l’entreprise familiale fondée par son trisaïeul. Il en est sorti pour racheter l’entité Est, premier étage de son groupe, dont la progression nourrit sa prédilection pour le monde de l’industrie. « On y rencontre des clients passionnants », souligne-t-il.

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