L’usine démarrée en mars à Amancey produit du mobilier professionnel haut de gamme pour l’horlogerie helvétique. Le patron d’Orma Swiss, Benjamin Leuenberger, a trouvé en France les savoir-faire et l’espace nécessaires au développement d’une activité en pleine expansion.
À Amancey, près d’Ornans dans le Doubs, les anciens locaux de Bourquin Décolletage sont toujours en chantier. « On doit encore refaire les aménagements extérieurs et 350 m2 d’espaces tertiaires pour la réception de nos clients », annonce le nouveau propriétaire des lieux : Benjamin Leuenberger, le président d’Orma Swiss venu du canton de Neuchâtel. Toutefois, la majeure partie de la grande halle, dévolue à la fabrication de mobilier professionnel pour l’industrie de précision, est opérationnelle depuis le 1er mars. Assemblés sur des palettes, des dizaines d’établis high-tech seront bientôt expédiés dans les ateliers des plus grandes maisons horlogères de la Confédération Helvétique.
Une société suisse qui produit en France des articles destinés à son marché domestique, voilà qui peut surprendre au premier abord. Mais c’est dans l’Hexagone qu’Orma Swiss a trouvé des sous-traitants, menuisiers et métalliers, quand elle s’est lancée sur le créneau des établis horlogers (lire ci-dessous). « Il y a ici des savoir-faire notamment en tôlerie et dans le travail du solid surface (*) qui n’existent pas en Suisse », souligne le dirigeant.
Internaliser la menuiserie
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La firme helvète a mis un premier pied de l’autre côté de la frontière, dans le département du Jura, dès 2020 afin de se rapprocher de ses fournisseurs. Elle a alors ouvert un site d’assemblage de 800 m2 à Vadans puis a déménagé dans 1.600 m2 à Bans. « En termes de formalités douanières, il est plus simple d’importer un seul produit fini. Si les meubles avaient été assemblés en Suisse, nous aurions dû procéder au dédouanement de toutes les pièces qui les composent », explique Quentin Ligier, le jeune responsable d’Orma France, menuisier-ébéniste formé à l'Institut européen des Compagnons du Tour de France de Mouchard (Jura).
Face à un volume croissant de commandes, l’entreprise avait besoin de grandir encore. Mais aussi d’internaliser la menuiserie. « Pour que l’activité soit pérenne, il fallait devenir plus autonome », affirme Benjamin Leuenberger. Sa quête de surface l’a donc conduit jusqu’à Amancey où les ateliers de Bourquin Décolletage, une filiale du groupe bisontin Mantion, étaient à vendre depuis 2019. En restant donc en France : « en Suisse, il y a très peu d’offres pour ce type d’espace », reconnait Antoine Blasing, le responsable projet d’Orma Swiss.
Une extension déjà programmée
© Laurent Cheviet
Le bâtiment de 3.000 m2, qui recevra en 2025 une extension programmée de « 3.000 à 4.000 m2 », accueille 13 salariés, dont 10 travaillaient déjà pour la société dans le Jura. Ils devraient être une vingtaine à la fin de cette année, quand l’outil industriel pourra tourner à plein régime.
Le parc machines, qui comprend un centre d’usinage à commande numérique cinq axes installé il y a quelques semaines, sera bientôt complété par tous les outils du menuisier : scie, toupie, plaqueuse de chants, presse à membrane... Discret sur le volet financier, Benjamin Leuenberger indique réaliser cette opération « sur fonds propres, sans l’aide des banques. » L’entrepreneur avoue qu’au départ il était un peu réticent à investir dans l’Hexagone. Depuis, il a été convaincu par l’implication et la qualité de ses collaborateurs, comme par l’accueil qui lui a été réservé dans la commune. Au point de déborder d’enthousiasme et de préparer même d’autres projets en Franche-Comté.
Née en 1948 dans le canton de Neuchâtel et reprise en 2000 par Benjamin Leuenberger, l’entreprise Orma (soit « or » pour organisation et « ma » pour machine de bureau) est spécialisée dans l'aménagement de bureaux. Implantée à Renens (près de Lausanne), Neuchâtel et Genève mais aussi au Portugal et au Maroc, elle compte une quarantaine de salariés et se présente comme leader du marché en Suisse romande. Elle ne communique pas son chiffre d'affaires.
Depuis 2012, elle s’est diversifiée dans la fabrication d’établis alliant ergonomie, technicité et design pour l’horlogerie de luxe. « Nous réalisons du sur-mesure afin de répondre aux demandes les plus complexes, dans le cadre de projets clés en main qui vont de la conception à l’installation chez les clients, relate Antoine Blasing, responsable projet. Ceux-ci forment un milieu particulier, c'est un marché très dur à pénétrer mais une fois que la confiance est établie, on arrive à nouer des partenariats sur le long terme. »
(*) Le solid surface (ou résine de synthèse) est un matériau composé de minéraux naturels et de résine acrylique. Très résistant, lisse et non poreux, il se travaille comme le bois et se prête au thermoformage.






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