Fin 2022, Nevers a décroché le label numérique responsable qui vise à réduire l’impact environnemental du digital. Première municipalité du pays à recevoir la distinction, elle compte bien profiter de ce classement pour augmenter son attractivité auprès des entreprises et des associations sur son territoire.


Nevers conforte sa place dans les villes intelligentes de demain, en intégrant directement le niveau 2 du label numérique responsable (NR). Ce titre permet à la municipalité de s’inscrire dans une démarche continue pour réduire l’empreinte écologique, économique et sociale des technologies de l’information et de la communication. Il lui a été attribué en fin d'année dernière par l'Institut du numérique responsable, une association d'entreprises et d'autres types d'organisations, et par l'agence Lucie, structure codétenue par des entreprises et des associations pour constituer une communauté d'acteurs digitalement responsables.

Le maire et président de Nevers Agglomération Denis Thuriot ainsi qu'Alain Boursier, vice-président au numérique et à l'innovation de l'intercommunalité, oeuvrent depuis plusieurs années à mettre en place une politique en faveur du digital en s’appuyant sur la caractéristique d’un territoire ni trop gros, ni trop petit. « La révolution urbaine en cours peut représenter une aubaine pour les villes médianes comme la nôtre, parce qu’elles sont assez agiles pour expérimenter, sur un périmètre restreint, l’hybridation de la société liée aux apports du numérique », énonce Denis Thuriot.

 

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Le label amène la collectivité à s’engager dans une démarche continue sur le NR. Une des premières étapes consiste à former les agents pour les inciter à optimiser l'utilisation de leur ordinateur, participer à des opérations de nettoyage des boîtes mail, ou encore évaluer la quantité de data mises à la poubelle. De plus, « privilégier les achats durables et réparables, éco-labellisés » fait partie des engagements du service municipal des achats, en vue de l'allongement de la durée de vie des produits.  

Ces démarches s’inscrivent dans la continuité de ceux de la loi Agec (Anti-gaspillage pour une économie circulaire) de 2020 qui impose aux collectivités de consacrer 20% de leurs dépenses à l’achat de produits reconditionnés ou de matériaux recyclés. Car selon le GreenIT.fr, fédérant les acteurs du NR, le numérique aurait été à l'origine, en 2019, de 3,8% des émissions de gaz à effet de serre dupays, une empreinte environnementale qui a triplé en l’espace de 15 ans.

   

Un appel aux entreprises  

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Nevers anime avec Shawinigan au Québec le SIIViM, un réseau ayant pour objectif de créer un consortium international des villes médianes autour de sujets tels que la coopération économique et les services numériques. © Ville de Nevers


Parmi les engagements lié au label, Bertrand Couturier, adjoint au maire de Nevers (Nièvre) en charge de l'économie sociale et solidaire, insiste sur la nécessité de créer une filière autour de la réutilisation du matériel informatique, téléphonique, de câblage et autres composants électroniques. Une fois le matériel reconditionné, la municipalité envisage de le réemployer à destination des personnes fragiles afin de favoriser l’inclusion au numérique. Via des ateliers dans les centres sociaux ou encore les médiathèques, elle a déjà contribué à former de la sorte 1.000 habitants.

Pour structurer une telle filière, la Ville a conscience qu'elle doit rassembler l’ensemble des acteurs économiques, associatifs et administratifs prêts à s’engager. Sans oublier le campus universitaire nivernais qui pourrait, selon Bertrand Couturier, en profiter pour développer des formations sur ce thème. Dans une première étape, la municipalité cherche à s’appuyer sur  l'événement national annuel « le printemps du numérique » afin d'identifier les acteurs prêts à s’inscrire dans une chaîne de valeurs autour de la réutilisation. La deuxième étape, ensuite, vise à répondre à un appel à projet européen avec Nièvre Numérique, le syndicat mixte de déploiement de la fibre optique dans le département.

 

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Dans cette perspective, Bertrand Couturier en appelle aux acteurs du territoire, et à ceux qui auraient envie de s’y installer, à commencer par les entreprises : « les engagements ne se limitent pas aux frontières de la collectivité », appuie l'élu. Le numérique porte ainsi un enjeu induit, celui d’attirer des starts-ups et des sociétés matures sur le bassin nivernais en vue de créer des emplois.  

 

Au coeur d'un réseau international des « villes médianes »

Depuis 2018, la Ville de Nevers organise une rencontre annuelle avec son homologue de Shawinigan au Québec : le SIIViM (Sommet International de l'Innovation en Villes Médianes), ayant pour objectif de créer un consortium international des cités de taille moyenne autour de sujets tels que la coopération économique, les échanges sur les services numériques, le partage de solutions sur des logiciels libres, l’accompagnement d’experts en innovation ou encore la création d’expérimentations. La prochaine réunion en octobre à Nevers prévoit de réunir la French Tech Bourgogne-Franche-Comté ou encore la Mission Ecoter France et Territoires Numériques, interface d’accompagnement entre les collectivités territoriales et les entreprises. Durant trois jours, se succéderont tables rondes, séminaires et démonstrateurs autour de projets innovants. Au titre de la veille sur les nouvelles tendances, le maire de Nevers Denis Thuriot a participé au CES de Las Vegas début 2023, le grand salon mondial des nouvelles technologies.  

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