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Les coques de la Formule 4 (au premier plan), en attente de préparation. ©Traces Ecrites.

AUTOMOBILE/BOURGOGNE. Co-développeur de la Formule 4, le constructeur de voitures de course Mygale, implanté sur la technopole du circuit de Nevers Magny-Cours, renoue avec la croissance.

Seul fabricant français du châssis de la dernière née des monoplaces de compétition, la PME nivernaise enregistre déjà plus d'une centaine de commandes.

Ce projet collaboratif piloté par le cluster du Pôle de la Performance de Nevers Magny-Cours associe sept autres entreprises de la Nièvre.

 

Vingt-huit monoplaces pour le marché chinois, une vingtaine pour l'Australie, une trentaine pour la Grande-Bretagne, 26 pour le championnat espagnol, deux pour l'Amérique du Sud… La Formule 4, nouvelle catégorie de la compétition automobile destinée à recruter de futurs champions de F1, donne le sourire à Estelle Decoster qui codirige Mygale avec son mari, Bertrand, P-DG et actuel président du Pôle de la performance de Nevers Magny-Cours.

 

« Nous sommes en pourparlers avec une dizaine d'autres pays », assure la directrice générale. Ils devraient entrer progressivement les unes après les autres dans ce nouveau championnat qui permet aux jeunes de piloter un monoplace à partir de l'âge de 15 ans. La Fédération internationale de l'automobile (FIA) a en effet ajouté cette série à une filière de promotion unique dotée des mêmes règles techniques et sportives, quels que soient les pays.

 

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Membres du cluster du Pôle Performance Nevers Magny-Cours, sept entreprises implantées sur la technopole (*) du circuit automobile ne se sont pas laissées prendre de vitesse par la concurrence étrangère. Fabricant de voitures de courses depuis une vingtaine d'années, Mygale, animateur du projet, a mobilisé sept autres spécialistes pour la mise au point d'une maquette simulant une voiture complète, avec l'aide de l'Etat, du conseil régional de Bourgogne et de l'Europe.

 

130 commandes

 

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ACE a réalisé les études aérodynamiques, Danielson Engineering, les fonderies de bâches moteur et de porte-moyeux, Sodemo et Texys, l'électronique du châssis et du système de pilotage, Onroak Automotive/Ligier, la coque carbone. L'Isat, école d'ingénieurs de Nevers et Welience, la filiale de transfert de technologie de l'Université ont apporté leur contribution pour les essais.

 

Depuis l'été dernier, les premières commandes tombent à vitesse fulgurante chez Mygale, l'un des trois fabricants, avec l'Italien Tatuus et le Japonais Dome, homologués par la FIA pour fabriquer les châssis de la F4. Après une période à vide dans les années 2008-2013 à cause de la crise du sport automobile, Mygale retrouve la sérénité.

 

Selon Estelle Decoster, à elle seule, la Chine serait donneur d'ordre de 300 à 400 voitures dans les cinq à six années qui viennent. Tous pays confondus, 130 véhicules sont en commande. « Nous avons plus que doublé nos effectifs à aujourd'hui une quarantaine de salariés et nous continuons d'embaucher », s'enthousiasme la directrice générale.

 

Profils anglophones

 

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Point commun entre tous les recrutements (ici, le bureau d'études) : parler l'anglais. ©Traces Ecrites.

 

Les profils sont variés : ingénieurs en mécanique, ajusteurs, soudeurs, techniciens en matériaux composites, contrôleurs qualité, magasiniers … avec, comme point commun, l'obligation de parler l'anglais. « L'Isat fournit une partie de l'encadrement, mais ce n'est pas suffisant, nous recrutons sur tout le territoire et même en Europe - un Marocain et un Roumain ont récemment rejoint l'équipe - et nous prenons également des apprentis ».

 

Le chiffre d'affaires a suivi le rythme des effectifs : il a doublé en 2014 à 3 millions d'€. « L'impact des commandes se fera sentir surtout sur 2015 », précise la directrice générale. Les voitures sont en effet la partie émergée de l'iceberg. Car un contrat avec une fédération et un constructeur inclut les pièces détachées, « un volume équivalent à la valeur d'une voiture ».

 

Destinée à faciliter l'accession d'un plus grand nombre de pilotes en Formule 3 ou Formule 1, la Formule 4 est commercialisée à un prix plafond de 33 000 € l'unité hors moteur (environ 50 000 € avec moteur). « Pour rester dans l'enveloppe et rentabiliser une voiture dotée des mêmes technologies que la F1, notamment une coque en carbone, il faut optimiser toutes les phases de la production et fabriquer une centaine de voitures par saison », précise la directrice générale.

 

mygalehautLaissé au libre choix des fédérations nationales de sport automobile, le moteur est également en partie préparé à Magny-Cours. Oreca (ex-Snobeck) en prépare pour le constructeur chinois Geely, propriétaire de Volvo, choisi par la fédération de son pays. Déjà en charge de toute la partie électronique des Formules 4 produites à Magny-Cours, Sodemo prépare les moteurs Ford pour les équipes britannique et espagnole.

 

(*) Le 20 janvier, Patrice Joly, président du conseil général de la Nièvre, et Yvette Morillon, présidente de Nièvre Aménagement, ont lancé la commercialisation de l’extension du Parc technologique de Nevers Magny-Cours : 150 ha de terrains viabilisés et équipés de la fibre optique, ainsi des locaux à louer au sein d'un village d'entreprises.

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