Dans un contexte de marché hexagonal du meuble très perturbé, la direction de Meubles Parisot a confirmé, ce mardi 1er octobre, la nécessité d’un plan de « sauvegarde » de l’emploi qui devrait supprimer 127 postes, ce qui représente plus du quart de l’effectif. L’entreprise de Saint-Loup-sur-Semouse, en Haute-Saône, était en redressement judiciaire depuis le 5 juin.


Le chiffre était connu depuis le 24 septembre, date à laquelle les salariés du fabricant de meubles de Saint-Loup-sur-Semouse (Haute-Saône) avaient reçu un courrier de la direction leur indiquant la nécessité de mettre en place un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) pour tenter de redresser l’entreprise, dans un contexte de marché hexagonal très perturbé. Il a été confirmé ce mardi 1er octobre lors du comité social et économique (CSE) convoqué pour lancer la procédure de consultation – dite R1, d’une durée de trois mois pour un plan de licenciement entre 100 et 249 salariés.

 

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Le PSE prévoit bien la suppression de 127 emplois sur les 480 que compte Parisot SAS. La répartition de ces licenciements n’aurait pas été dévoilée lors de cette réunion. Une partie des salariés avait débrayé devant l’usine mardi 1er octobre à 10 heures, une heure avant le début de la tenue du comité social et économique, sous la pluie, pour montrer son inquiétude et son opposition à la destruction d’un quart de l’emploi. Présent sur place, le délégué CGT de l’entreprise, Philippe Brocheré, annonçait aux médias vouloir limiter au maximum le nombre d’emplois touchés.
L’entreprise emblématique de Saint-Loup-sur-Semouse, spécialisée dans la fabrication de meubles en kit et de meubles meublants (chambres et salles à manger) pour des enseignes comme Conforama et But, avait été fondée par Jacques Parisot en 1936. Elle avait déjà connu un plan de sauvegarde de l’emploi en 2012, dont elle était sortie en 2013 avec des remboursements de créances sur dix ans qui, dans un contexte de marché français déjà très chahuté, avec une forte concurrence de produits importés d’Europe de l’Est et la disparition d’un de ses clients, le distributeur Fly, a contribué à fragiliser l’entreprise.  



Au bord de la cessation de paiement

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Meubles Parisot est un employeur historique dans cette partie du nord de la Haute-Saône : le dirigeant actuel Jean-Charles Parisot est la 3ème génération.

Début 2017, le petit-fils du fondateur, Jean-Charles Parisot, était revenu au capital de l’entreprise et l’avait intégrée au groupe P3G Industries qu’il avait fondé en reprenant d’anciennes filiales de Parisot. Il avait racheté les parts des dix cadres dirigeants qui l’avaient reprise en 2012 et entendait faire profiter Parisot et P3G Industries de synergies, dont les gammes de produits étaient complémentaires. 
Mais le marché du meuble en a décidé autrement, et Parisot SAS a été placée en redressement judiciaire le 5 juin, à la demande de la direction.
Avec une perte de 14 millions d’€ (pour un chiffre d’affaires de 107 millions), l’entreprise était au bord de la cessation de paiement. 
Dans un premier temps, Parisot SAS n’envisageait pas de toucher à l’emploi, comme le confirmait Jérôme Bulté, son président arrivé en avril. Mais l’été fut « plus difficile que prévu », selon deux sources proches du dossier – la direction ne souhaitant pas s’exprimer sur ce PSE. 


 

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Des repreneurs potentiels seraient venus voir le site mais aucun, à ce jour, n’aurait donné suite, ce qui aurait précipité le plan. « Si on ne fait rien, l’entreprise sera de nouveau en cessation de paiement », indiquait l’une de ces sources selon laquelle Parisot a besoin de temps pour réfléchir à différentes solutions. À Saint-Loup-sur-Semouse, salariés, habitants et maire de cette commune de 3.400 habitants retiennent leur souffle face à ce début de sinistre industriel.

Une groupe d'ameublement, de la matière première au produit fini

Meubles Parisot fait partie de la holding P3G Industries (pour Parisot 3e génération) qu'a constitué Jean-Charles Parisot et qui chapeaute d'autres filiales d'ameublement, en premier lieu le fabricant de panneaux de particules, la Compagnie française du panneau, à Corbenay, situé à une trentaine de kilomètres de Lure.
Au début de 2019, P3G Industrie avait complété cet outil de production avec l'acquisition de IKea Industry, l'usine de panneaux de particules de Lure que le Suédois avait racheté à Isoroy en avril 2010 pour alimenter ses usines. Ce site approvisionne toujours Ikea, mais plus exclusivement. P3G Industries forme aujourd’hui un ensemble de onze usines en France, en Europe de l’Est et en Asie, totalisant un effectif de 3.500 personnes.

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