Le musée inséré dans la Citadelle a fait l’objet d’une impressionnante rénovation d'un montant de plus de 5 millions d'€, à l'initiative de la Ville de Besançon. Après plus de trois ans de fermeture, le public pourra découvrir un parcours de visite enrichi dès ce vendredi 8 septembre, une date forte dans l'histoire contemporaine de la cité et en rapport direct avec le thème de l'équipement.
Fermé depuis le 6 janvier 2020, le musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon (Doubs) ouvre de nouveau ses portes ce vendredi 8 septembre (*), à la date anniversaire de la libération de la cité comtoise en 1944. Seize mois de travaux et 5,422 millions d’€ d’investissement ont été nécessaires pour métamorphoser l'équipement qui avait été créé en 1971 au sein de la Citadelle.
Propriété de la Ville de Besançon depuis 1951, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, la forteresse édifiée par Vauban a une partie de son histoire contemporaine douloureusement liée à la Seconde Guerre mondiale : durant le dernier conflit, elle servit de lieu d’exécution des résistants condamnés à mort par le tribunal militaire de la Feldkommandantur de l’occupant nazi.
Déployé sur 670 m2, le parcours de visite a été entièrement repensé : création d’un espace d’accueil vitré, nouvelle muséographie et aménagement de six salles d’exposition temporaire au rez-de-chaussée qui doivent inciter le visiteur à revenir une ou plusieurs fois après sa première découverte. À l’étage, accessible via un nouvel escalier taillé dans un mur défensif, l’exposition permanente a été condensée en onze salles, avec une progression chronologique et thématique. « La précédente présentation était trop longue et peu adaptée au public de la Citadelle », reconnaît Vincent Briand, le directeur du musée.

réalisées par les détenus. © Edwige Prompt
La restructuration crée une ambiance toujours grave, mais moins oppressante qu'auparavant. Elle valorise, en outre, un « trésor » : le remarquable fonds d’art en déportation. Riche de 600 œuvres (dessins, sculptures, peintures) réalisées par les détenus dans les prisons et les camps de concentration, cette collection dispose désormais d’un espace dédié.
Des femmes et des hommes plongés dans la guerre

au grand public. © Edwige Prompt
Fondé par une rescapée de Bergen-Belsen, Denise Lorach (1916 - 2001), et un historien, François Marcot, le musée bisontin accueillait en moyenne, avant sa fermeture, 50.000 à 60.000 visiteurs chaque année. Reconnu au sein de la communauté scientifique et muséale à une échelle nationale voire internationale, il s’est spécialisé dans la déportation décidée « par mesure de répression » des résistants et opposants à la collaboration avec le régime hitlérien. Ces déportés et prisonniers politiques étaient identifiés par un triangle rouge, qui est devenu l’élément principal de l’identité visuelle du lieu de visite.
Mise au service d’un « musée d’histoire fidèle à ses origines » et d’un « outil citoyen au service de l’éducation historique », la nouvelle muséographie s’appuie sur des parcours personnels. En s’éloignant des grandes figures historiques, elle propose un récit incarné, placé à la hauteur des femmes et des hommes plongés dans la guerre.
Alors que la résistance est souvent résumée à la lutte armée, l’accent est mis ici sur le combat par les mots et le langage artistique, entre propagande et presse clandestine. Photos, lettres, vêtements, carnets, petits objets du quotidien, médailles… plus de 60 % des pièces présentées n’avaient jamais été exposées. Toutes sont issues de dons d’anciens résistants, de déportés ou de témoins, puis de leurs descendants.
Ce délicat processus de transmission de la mémoire et des archives familiales se situe d’ailleurs au cœur de l’exposition temporaire de réouverture, à travers le regard de la photographe bisontine Brigitte Chartreux.
Porté par la Ville de Besançon, le projet de rénovation a été soutenu par l’État, à hauteur d’1,84 million d’€, les collectivités (région Bourgogne-Franche-Comté, département du Doubs, Grand Besançon Métropole) pour 1,59 million d’€ et le legs de l’ancienne déportée et résistante Odile Selb-Bogé.
Il a également permis de mettre en valeur, en face du musée, le monument des fusillés de la citadelle, dressé derrière les quatre poteaux où 100 hommes ont été exécutés de 1941 à 1944.

d'une restructuration pour 70.000 €.© Musée de la Résistance en Morvan
D’ambition bien plus modeste que son homologue franc-comtois, le musée de la Résistance en Morvan a également renouvelé sa muséographie. Inauguré par François Mitterrand en 1983 dans les locaux de la maison du Parc naturel régional (PNR) à Saint-Brisson (Nièvre), cet équipement associatif est né de la volonté d’anciens résistants, de témoins de la Seconde Guerre mondiale et d’historiens de l’Université de Bourgogne. Comptabilisant 7.500 visiteurs annuels, il comprend trois salles d’exposition consacrées à l’Occupation, aux maquis et à la Libération du Morvan dont la mise en scène et les contenus scientifiques ont été revus et modernisés avant l’été. Décidé à l’occasion des 40 ans du musée, ce chantier de 70.000 € a été financé à 80 % par la région Bourgogne-Franche-Comté via son enveloppe de soutien au PNR du Morvan.
(*) L’accès au musée sera gratuit pendant le week-end inaugural, soit vendredi 8 de 17h à minuit, samedi 9 et dimanche 10 septembre de 9h à 19h. Pendant ces trois jours, des spectacles seront proposés dans l’enceinte de la Citadelle : marionnettes, DJ set, chansons françaises et jazz avec un concert du trompettiste Erik Truffaz dimanche à 17 heures.





















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