ENERGIE/FRANCHE-COMTÉ. Lons-le-Saunier fait partie du cercle encore fermé des villes de moins de 20 000 habitants à s'engager dans un contrat de performance énergétique.

En rénovant les bâtiments communaux les plus énergivores, la préfecture du Jura espère réduire sa consommation d'énergie primaire de 42% et ses émissions de CO2 de 63%.

Un projet ambitieux chiffré à 6,8 millions d'€.

 

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Le groupe scolaire François Rollet, en travaux dès ces vacances d'été, sera entièrement isolé par l'extérieur et les menuiseries remplacées. ©Agence Courtois Architecte.

 

Selon la fédération des villes moyennes, les dépenses d’énergie d’une commune de 10 000 à 50 000 habitants, coûtent 40 € par habitant et par an. Un poids non négligeable dans un budget, mais qui n'est pas la seule motivation de Jacques Pellissard, le maire de Lons-le-Saunier  (18 000 habitants) et ancien président de l'Association des maires de France (AMF) qui a signé l'an dernier, un contrat de performance énergétique.

 

« Il est faux de croire qu'il y a une rentabilité immédiate, cependant les travaux de rénovation et la remise à plat des installations valorisent le patrimoine et améliore le confort des occupants », expose Bertrand Weigele, directeur des services techniques.

 

Le contrat de performance énergétique (CPE) étalé sur trois ans concerne la rénovation thermique de huit des bâtiments les plus énergivores, dont cinq des onze écoles. Les trois premiers chantiers, portant sur un centre social et une école maternelle et primaire, sont achevés. Sitôt les vacances scolaires, ce sera au tour d'un autre groupe scolaire et cet automne, de la maison des jeunes et de la culture.

 

Pour ces deux premières phases, le groupement d'entreprises de Franche-Comté, Groupe 1000 réalise les travaux et en assure le pilotage et la coordination. L'ensemble doit être réalisé à la fin de l'année prochaine.

 

La ville espère réduire sa consommation d'énergie primaire de 42% et ses émissions de CO2 de 63%. Soit un volume annuel de 1084 mégawatteurs (Mwh) et 231 tonnes de CO2 évitées. Sur la facture, cela se traduit par des économies estimées, sur l'ensemble du contrat, entre 60 et 70 000 € par an selon le cours des énergies primaires.

 

Pour parvenir à ses fins, la collectivité a choisi un marché public de performance énergétique. Le groupement EDF Optimal Solutions et l'Agence Courtois Architectes (Jura) est chargé de la conception et de la coordination des travaux, ainsi que de l'exploitation et de la maintenance pendant 16 ans.

 

Un prêt croissance verte

 

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Le centre social rénové l'été dernier.©Ville de Lons-le-Saunier.

 

A la différence d'un partenariat public-privé (PPP) qui peut être utilisé pour ce genre de prestation, c'est la ville qui finance elle-même le projet chiffré à 6,8 millions d'€.  La moitié provient d'un autofinancement, l'autre est apporté par un prêt croissance verte de la Caisse des dépôts, remboursable sur vingt ans.

 

Pour ses prestations d'exploitation et de maintenance, l'opérateur perçoit un loyer assorti d'un système de bonus et malus. La ville lui rétrocède un tiers des gains en cas de dépassement des objectifs ou il paie une pénalité en cas de contre-performance. Le bilan est réalisé chaque année.

 

Une clause engage également le prestataire à prendre en charge les travaux suite à une défaillance technique. « Ce montage apporte une garantie de performance énergétique sur la durée », expose Bertrand Weigele, directeur des services techniques.

 

Un  réseau de chauffage urbain déjà performant

 

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L'essentiel des travaux porte sur l'enveloppe des bâtiments (ici l'école Georges Brassens), les installations de génie thermique étant déjà très performantes. ©Agence Courtois Architecte.

 

Pour réduire les consommations d'énergie, les travaux portent essentiellement sur l'amélioration de l'enveloppe des bâtiments avec une isolation par l'extérieur et un remplacement des menuiseries et sur le remplacement de la ventilation et de l'éclairage.

 

Peu d'interventions sont prévues sur les installations de chauffage. La ville a peu de marge de ce côté-là, car la plupart des bâtiments sont déjà reliés au réseau urbain connecté à l'usine d'incinération des ordures ménagères et à une chaufferie au bois.

 

En revanche, une centrale de gestion technique automatisée améliorera leur fonctionnement avec une surveillance des consommations en temps réel. Là où la chaudière doit être remplacée, c'est le gaz qui prime.

 

« On pourrait certainement faire mieux, mais les choix relèvent du meilleur équilibre entre le coût des travaux et l'efficacité énergétique », commente Bertrand Weigele.

 

La ville qui en profite pour faire les travaux d'accessibilité sur ces bâtiments (pour 1,54 million d'€ inclus dans l'enveloppe globale), est consciente que les résultats dépendront du comportement des usagers.

 

Aussi, conduit-elle des actions pédagogiques, notamment auprès des enseignants et des associations. Une mission confiée le centre permanent d'initiatives pour l'environnement de la Bresse du Jura.

 

A Belfort aussi

 

La ville de Belfort vient de confier un contrat de performance énergétique à Spie Est, basée à Illkirch (Haut-Rhin).


Conclu pour 9 ans, le contrat porte sur l'ensemble des installations de génie climatique des 30 principaux bâtiments publics avec pour engagement d'obtenir au bout de 5 ans une réduction des consommations d'énergie de plus de 18% (soit 2279 mégawatteurs) et une baisse des émissions de CO2 de 20% (équivalent à 464 tonnes).

Les travaux sont réalisés par la société locale MDTE pour près d'un million d'€ étalés sur les 4 premières années du contrat. Spie assurera seule la maintenance et l'exploitation des installations.

Comme à Lons-le-Saunier, il s'agit d'un marché public mais aucune intervention n'est prévue sur le bâti.

 

Là aussi, un outil de monitoring permettra à la commune de suivre l'évolution des consommations des installations en temps réel et un programme de formation des usagers sera réalisé en partenariat avec l'association locale Gaïa Énergies.

 

La ville de Belfort dépense chaque année près de 3 millions d'€ en énergie, dont 1,8 millions en gaz, la principale énergie utilisée. A l'issue des travaux, elle devrait faire 94 000 € d'économies par an.

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