EVASION. Invitée d'honneur de la foire gastronomique de Dijon qui ouvre le mardi 1er novembre, l'île Maurice nous donne l'occasion de vous offrir un voyage virtuel dans ce petit pays guère plus peuplé que la Franche-Comté, avec 1,2 million d'habitants.

Épisode un : la canne à sucre, première production agricole de l'île (cliquez sur les photos pour les agrandir).

«Ils vont nous faire perdre notre gentillesse (NDLR : qualité des Mauriciens reconnue par tous les voyageurs)», regrette Elizabeth, notre guide. A lui seul, ce propos résume l'histoire contemporaine de la canne à sucre.

Les surfaces cultivées fondent comme neige au soleil (soit dit en passant que les Mauriciens ne connaissent pas, avec des hivers rarement en-dessous de 15 degrés). Ces 8 dernières années, environ 1 500 hectares ont disparu chaque année.

La production de canne à sucre diminue, semble t-il inéxorablement. En  2010, elle s'est élevée à 452 000 tonnes (467 000 tonnes en 2009). L’industrie sucrière ne représente plus que 3 % du PIB. La raison ?

Depuis 2009, l’île Maurice ne bénéficie plus des accords spéciaux du protocole Sucre de la convention de Lomé qui garantissait un prix fixe, supérieur au marché international, et une dérogation aux tarifs douaniers de l’Union Européenne, l'un de ses marchés privilégiés. Déstabilisée, la filière se restructure. De 6 usines sucrières aujourd'hui, il n'en restera bientôt que 4.

Paradoxalement, pour la 1ère fois de son histoire, Maurice a acheté 27 000 tonnes de sucre roux du Brésil, moins cher que le sucre local.

Deuxième production agricole, le thé prend la place des champs à canne. Mais la tendance est limitée car le thé mauricien est principalement un marché national.

Le tourisme est, en revanche, un gros consommateur de terres. Le gouvernement encourage les investissements immobiliers dans les résidences secondaires par une politique de défiscalisation soutenue.

Aussi, le secteur cherche t-il à diversifier ses activités. Brûlée pour faire fonctionner les machines, la bagasse - le résidu fribreux de la plante, après le pressage pour récupérer le jus -, alimente des centrales électriques. 40% de l'électricité mauricienne provient ainsi des firmes sucrières.

Le rhum est aussi un débouché pour le jus de canne, par fermentation. Une poignée d'acteurs produisent un rhum blanc pour la consommation domestique locale, et pour les touristes, un rhum vieux vieilli 5 ans en fûts de chêne et des rhums "arrangés", parfumés par macération de fruits ou épices.

Ethanol et sucre blanc

Ces dernières années, les compagnies Suds et Fuel ont implanté chacune une raffinerie d'éthanol, d'une capacité cumulée de 30 millions de litres. Omnicanne lance elle aussi un projet, de 40 millions de litres, avec une valorisation de la vinasse (résidus du raffinage) en fertilisant agricole.

Médine, l'un des plus gros opérateurs, investit pour sa part dans le maraîchage.

Les sucriers se tournent aussi vers la production de sucres spéciaux et de sucre raffiné, plus rémunérateurs et destinés à l'exportation. Le Mauritius Sugar Industry Research Institute travaille sur d'autres pistes, en particulier sur un plastique biodégradable à base de bagasse.

Plus qu'un problème économique, la réflexion de notre guide révèle un problème culturel. En effet, la canne à sucre a façonné non seulement le paysage de l'île Maurice, mais aussi la société mauricienne.

Implantée par les colons blancs à la fin du 18ème siècle, et exploitée par des esclaves d'origine africaine, l'industrie sucrière a généré une vague d'immigration indienne après l'abolition de l'esclavage, réellement mise en pratique vers 1824, nous apprend la visite de l'écomusée de l'aventure du sucre, implanté dans une ancienne usine à sucre, à Plan, près de Pamplemousse (nord-ouest du pays).

Aujourd'hui, près de 70% de la population est d'origine indienne, dont la moitié de religion hindoue.

En savoir plus sur le procédé de transformation de la canne au sucre :

www.aventuredusucre.com/index.php?nv=content&id=11

En savoir plus sur la mutation du secteur :

Maurice importe 27 000 tonnes de sucre roux brésilien , Le Matinal.

Le sucre a permis de developper Maurice, mais il a emprisonné l'agriculture , L'Express mauricien.

Les bénéfices générés par le sucre raffiné se volatilisent avec la roupie forte , L'Express mauricien.

1 commentaire(s) pour cet article
  1. camlinsdit :

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