Comblanchien, Messangis, Buxy, Anstrude… les pierres naturelles fleuron de la région sont reprises par le leader mondial du secteur, à l’occasion de son rachat complet de la société Rocamat dont il était déjà actionnaire minoritaire. Continuité de stratégie, investissements et synergies avec le monde immobilier sont annoncés.


Les pierres de Bourgogne avaient déjà pris l’accent québecois, désormais elles vont s’y frotter encore davantage. Le groupe canadien (francophone) Polycor a annoncé, ce 6 septembre, sa prise de contrôle de l’exploitant français de carrières Rocamat, dont plusieurs des joyaux se situent dans la région.

La transaction, conclue en fait le 1er août (pour un montant non communiqué), comprend les carrières de Comblanchien (Côte-d’Or), de Messangis (Yonne), de Buxy (Saône-et-Loire) ou encore d’Anstrude (Yonne), parmi quelques autres « pépites » hexagonales comme la pierre de Tuffeau dans la Vienne et celle de Saint-Maximin dans l’Oise.

 

frtp

 

Rocamat accueillait déjà Polycor à titre minoritaire à son capital depuis cinq ans. La transition devrait rester douce en particulier à Saint-Nicolas (Yonne), Messangis, ainsi qu'à Rocherons et Chassagne - les sites de la pierre de Comblanchien en Côte d'Or -  quatre des huit carrières bourguignonnes (*) concernées dont le groupe canadien (1.500 salariés pour un chiffre d’affaires de 370 millions de dollars canadiens en 2022, soit environ 250 millions d'€) avait déjà pris la direction opérationnelle à partir de 2018, à l’occasion de son entrée au capital de Rocamat pour extirper celui-ci de la cessation de paiement qu’il avait subie alors.

Au total, la filialisation à 90 % de la société française va inclure 30 carrières, dont également Euville et Savonnières dans la Meuse.  

rocamat
La pierre d'Anstrude sert à la construction de nombreux bâtiments de standing, comme ci-dessus le palais de justice
de Mont-de-Marsan (Landes).

 
A ce gisement national de 35.000 m3 de blocs de pierre extraites par an, s’ajoutent quatre usines de transformation, parmi lesquelles Ravières dans l’Yonne qui emploie 50 salariés. L'ensemble de l'effectif Rocamat concerné en France, et repris, se monte à 160 personnes. Ces unités « vont bénéficier d’un programme d’investissement de 20 millions d'€ sur dix ans », souligne Jonathan Cantin, directeur général de Polycor France. 

 

Monter en gamme

usine rocamat
La transaction comprend quatre usines de transformation de pierre naturelle, dont celle de Ravières (Yonne) qui emploie 50 personnes.


Le groupe met ainsi la main sur « le leader français de la pierre naturelle, celui dont les sites ont réalisé les plus belles constructions en France, depuis les châteaux de la Loire jusqu’au Paris haussmannien », souligne avec fierté son dirigeant pour l’Hexagone. « Faire l’acquisition de Rocamat, c’est hériter de l’expertise et d’un savoir-faire inégalable, c’est aussi appuyer notre mission de redonner ses lettres de noblesse à la pierre naturelle », renchérit par voie de communiqué Patrick Perus, le président-directeur général de Polycor.

Au sein de la grande famille de la pierre calcaire de taille massive dans laquelle Rocamat se déploie, « ce sont plus de 50 nuances que nous déclinons désormais », calcule Jonathan Cantin. Le nouveau propriétaire des prestigieuses carrières de l’Est et d’ailleurs (Poitou-Charentes, Gard, Dordogne, Oise) entend ainsi monter en gamme. En même temps qu’il prend le contrôle de Rocamat, il s’allie par un « partenariat de développement » avec une signature française de la construction en pierre de taille, le promoteur Verrecchia, qui prend 10 % du capital de l'exploitant désormais franco-canadien. 

(*) les autres sont Buxy (Saône-et-Loire), ainsi que Barberet, Chassagne-Montrachet et Pouillenay toutes situées en Côte-d'Or

 Photos fournies par l'entreprise

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