Après la crise sanitaire, l’atelier du céramiste Christan Feyl, L’émaux pour le dire, redémarre ses stages de Raku. Découverte de cette technique japonaise, dans un village de Haute-Marne, entre Langres et Chaumont.


ARTICLE DÉJA PUBLIÉ LE 5 JUIN 2020.

C’est un petit atelier au fond d’un jardin fleuri, dans le village de Luzy-sur-Marne, entre Langres et Chaumont (Haute-Marne). Céramiste, Christian Feyl y office toujours, à 70 ans passés. Son épouse Martine organise l’accueil des stagiaires qui viennent s’initier ou se perfectionner dans une technique céramique bien particulière, le Raku. Dans une semaine (*), ils seront de retour après l’interruption liée à la crise sanitaire.
La galerie installée sur les lieux donne un panorama des possibilités de cette technique japonaise devenue à la mode et reconnaissable par les craquelures de la surface des poteries. Le Raku (prononcez rakou) trouve son origine dans la cérémonie du thé au Japon. Elle était surtout employée pour la fabrication de bols à thé.


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« Modelés, non tournés, ceux-ci possédaient une forme volontairement rustique et souvent asymétrique. On sortait ces bols brûlants du four. Après leur refroidissement, on les utilisait pour la cérémonie. Le thé pénétrait alors dans les fissures qui s’étaient produites et ainsi il les colorait », raconte Christian Feyl qui, après un parcours professionnel dans l’industrie et le BTP, est devenu céramiste au moment de la retraite.
Il est allé se former à Saint-Amand-en-Puisaye, dans la Nièvre, lieu réputé des techniques de la poterie et de la céramique, mais aussi source d’approvisionnement en argile, la matière première. 


La magie du feu révèle des formes et des couleurs

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Modelage de l'argile. © Traces Ecrites

« J’aime le contact sensuel avec la terre et la magie du feu qui révèle des formes et des couleurs ; le croisement des techniques est quasi inépuisable », s’enthousiasme Christian Feyl.
Pour fabriquer un objet avec la technique du raku, la pièce une fois modelée est montée rapidement en température, à 1000 degrés. Sortie du four, elle subit à l’air ambiant un choc thermique. « La pièce a un frisson », décrit-il, et des craquelures, plus ou moins nombreuses, apparaissent selon le temps laissé à l’air libre.
Puis la pièce est déposée dans un récipient contenant des copeaux de bois qui s’enflamment sous l’effet de la chaleur, encore à une température de 900 degrés. On appelle cette étape, l’enfumage. L’absence d’oxygène révèle les couleurs et le carbone vient dessiner de subtils traits noirs dans les craquelures. Pour finir, le refroidissement se fait dans l’eau.

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Ces deux images montrent l'enfumage. L'objet brûlant à la sortie du four est posé sur des copeaux de bois qui s’enflamment à son contact. L'absence d'oxygène révèle les couleurs et le carbone .

En présentant ses oeuvres – des poteries décoratives et culinaires, des sculptures –, Christian Feyl explique les variantes du Raku, comme le Raku nu qui donne des irrégularités de surface et de couleur.
Ou d’autres techniques, comme les Terres sigillées qui révèlent les plus fines particules de l’argile ou encore, l’obvara, d’origine biélorusse, aussi nommée céramique au levain, car l’enfumage se fait dans un mélange à base de farine, de levain, de sucre et d’eau.

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Quelques objets utilitaires et décoratifs de la galerie de l'atelier L'Emaux pour el dire. © Traces Ecrites

Un public de passionnés et de curieux fréquentent les stages, toute l'année ou presque, où l’on apprend le façonnage de la terre et l’émaillage. Quand ils ne parcourent pas les marchés locaux ou les expositions d’art ou d’artisanat, Christian et Martine Feyl aiment aussi se déplacer dans les établissements accueillant des handicapés mentaux et dans les écoles de la région. Une façon de dire à leur public que le travail de la terre est une activité historique en Haute-Marne : en 1937, il existait encore 136 tuileries.

 

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(*) Les stages ont repris en juin. En août, les 20,21,22 et 23 de 14h à 16h30. Le nombre de places étant réduit à cause dela crise sanitaire, les inscriptions sont prises par ordre d'arrivée.
Possibilité d'autres dates pour les groupes constitués d'au moins 4 personnes, ou pour les cours individuels :  prendre contact au 06 68 99 63 55 ou c
ontact@lemauxpourledire.com
Venir avec un masque, un "vêtement de travail" et un sac vestiaire.
Les groupes constitués d’avance d’au moins quatre personnes peuvent être accueillis sur demande.

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Christian Feyl : « J’aime le contact sensuel avec la terre et la magie du feu qui révèle des formes, des couleurs ». © Traces Ecrites

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