ENERGIE. Solar Euromed vient de décrocher le 1er permis de construire en France pour la construction d’une centrale solaire thermodynamique à concentration.

Récemment transplantée de Genlis (Côte-d'Or) à Dijon, la PME dirigée par Marc Benmarraze lève 20 millions d'€ pour concrétiser cette centrale de 12 mégawatts localisée en Corse, qui produira la consommation d'électricité d'environ 10 000 habitants. En ligne de mire, une entité industrielle d'ici 2012.

La dizaine d'ingénieurs réunie autour de Marc Benmarraze, le Pdg fondateur, n'a pas ménagé ses efforts pour s'accorder une longueur d'avance dans la technologie du solaire thermodynamique à concentration.

Contrairement au photovoltaïque classique, le solaire thermodynamique à concentration  présente comme principal avantage de stocker la chaleur, permettant de produire de l'électricité à tout moment et de répondre immédiatement aux pics de consommation.

Sous la chaleur des rayons, le fluide qui circule dans les tubes de la surface réfléchissante, se transforme en vapeur. Cette dernière actionne une turbine et, grâce à l’énergie mécanique fournie, l’alternateur produit de l’électricité. (voir schéma).

C'est l'abandon d'un premier projet dans les Hautes-Alpes, monté avec Dalkia, filiale de Veolia Environnement, qui a débouché sur  une technologie 100% propre. Car en France, la technologie traditionnelle, à base de sels fondus, est soumise à la réglementation Seveso (ce qui n'est pas le cas de tous les pays européens, et encore moins au plan mondial).

En un an et demi, Solar Euromed a trouvé la solution : le fluide caloriporteur est de l'eau et la vapeur est stockée dans de la céramique issue du recyclage d'amiante, rendue inerte par vitrification.

Le projet Alba Nova, pour lequel l'entreprise vient d'obtenir un permis de construire sur le domaine de Pinia à Ghisonaccia, en Corse, fonctionne à partir de miroirs ancrés dans le sol sur des pivots qui suivent la course du soleil, de façon à profiter d'un ensoleillement maximum tout au long de la journée.

Un prototype "Augustin Fresnel 1" installé à Odeillo (Pyrénées-Orientales) en a prouvé la rentabilité. Inauguré en septembre, il a été financé par Oséo Innovation et l'Union Européenne.

«Le passage de cette étape déterminante nous conforte dans la pertinence du développement en France de ces technologies, également destinées à être déployées dans les régions du monde dotées d’un fort ensoleillement comme le Maroc qui a lancé en 2010 un plan solaire de 2000  mégawatts» indique Marc Benmarraze.

Une entité industrielle pour l'été 2013

Reste que pour mener à bien son projet, la PME a besoin de gonfler ses fonds propres. Avec un capital social de 200 000 € et un chiffre d'affaires  prévisionnel 2011 de 3 millions d'€, Solar Euromed dispose aujourd'hui d'1,5 million d'€ de fonds propres.

Entamée en juillet et close en octobre, la levée de capitaux porte sur des investisseurs «avisés», précise Marc Benmarraze qui restera actionnaire majoritaire de la société qu'il a créé en 2007. Des contacts sont en cours avec la caisse des dépôts. Le projet sera déposé auprès des appels à manifestation d'intérêt solaire du ministère du développement durable et est éligible du programme "Investissements d’Avenir" de l’État français.

Cet argent frais servira à financer la recherche et développement de la future centrale et créer une entité industrielle, probablement l'été prochain. Des contacts sont en cours pour qu'elle se pose à Dijon (Côte-d'Or). Solar Euromed y fabriquera «la partie noble», en l'occurrence toute la technologie ; «les commodités», c'est-à-dire les équipements étant sous-traités.

La société d'ingénierie n'en est pas à son premier coup d'essai. En 2010, elle a signé avec le ministère de l'énergie et des mines du Soudan, la construction et l'exploitation d'une centrale solaire à concentration de 250 mégawatts, pou un investissement estimé à 1,25 milliard d'€.

Son business plan est prometteur avec une progression du chiffre d'affaires de 15 millions d'€ en 2012 à 64 millions d'€ en 2015 et des effectifs, d'une quinzaine de personnes aujourd'hui, qui pourront atteindre 87 salariés d'ici 5 ans.

Marc Benmarraze, aux côtés duquel travaille son fils Simon, a une expérience de 20 années dans des grands groupes d'énergie électrique (Schneider, Alstom, General Electric, SNC Lavalin).

Crédit photos: Solar Euromed.

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