Transports collectifs. Le premier "vrai" tram-train de France est inauguré samedi 11 décembre à Mulhouse.

Authentique, il sera par le fait que le matériel spécifique construit par Siemens utilisera pour la 1ère fois, la double fonctionnalité inscrite dans le nom : circuler indifféremment sur les voies ferrées classiques et sur celles du tramway urbain.

Le tram-train reliera sur 20 km Mulhouse à Thann, le chef-lieu de la vallée de la Thur, au pied des Vosges, dans l’optique de désengorger le trafic routier parallèle à la ligne de chemin de fer.

Il circulera toutes les demi-heures de 5 h à pratiquement 23 h et sera complété par le TER classique, de sorte à proposer un cadencement de trois « trains » par heure. Par rapport à aujourd’hui, l’offre sera doublée.

C’est aussi un doublement de trafic qu’ambitionnent les deux maîtres d’ouvrages, la Région Alsace et l’agglomération de Mulhouse et les co-exploitants SNCF et Soléa (groupe Transdev) déjà en charge du tram.

Comment ? Essentiellement en attirant les usagers occasionnels (représentant seulement 3 % de la fréquentation de la ligne SNCF en 2009) par l’argument que le tram-train leur permettra de s’arrêter aux stations du centre-ville mulhousien - pour leur travail, leurs courses, leurs rendez-vous médicaux…-  sans avoir besoin d’aller jusqu’à la gare qui se situe plus loin.

15 à 20% de trafic routier en moins

Selon la Région, le 2 500 voyageurs supplémentaires quotidiens espérés délesteraient de 15 à 20 % le trafic routier.

Les critiques ont une autre lecture.

Formés d’une partie des élus locaux et de l’association d’usagers Thur Ecologie Transports, ils craignent que le tram-train ne fassent fuir les usagers habituels.

Ils avancent quelques failles : certains horaires inadaptés, un temps parcouru mécaniquement rallongé jusqu’à la gare et surtout, l’arrêt du projet au milieu de la vallée de la Thur.

Pour des raisons budgétaires, le tram-train a été phasé. Sa mise en service ne concerne pas l’arrière de la vallée. Cette population-là devra prendre un TER avant de changer à Thann, avec des temps d’attente.

Cette «rupture de charge» n’est pas loin d’être vécue comme une «rupture psychologique» et le signe d’un «abandon» d’un bout de territoire.

Le projet tel que mis en service a coûté 150 millions d’€ en infrastructures et matériels.

Sa seconde phase, estimée entre 40 et 50 millions d’€, n’est pas enterrée, mais son lancement dépendra du succès commercial de la première…

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