Le site de 10.000 m2 emploie plus de 70 personnes et complète le maillage territorial d'entrepôts du groupement. Il livre toutes les pharmacies du quart nord-est du pays.
À quelques encablures du siège social monde du groupe Savoye au sein de la nouvelle zone d’activité Beauregard de Dijon métropole, le groupement de pharmaciens Giphar a inauguré, mercredi 5 avril dernier, son 4ème centre logistique hexagonal. Le chantier, lancé il y a deux ans, a mobilisé 15 millions d'€ pour faire sortir de terre un bâtiment de 10.000 m2 de surface utile, dont 2.000 m2 en mezzanine.
Si les délais ont été tenus, le coût de construction, initialement chiffré à 12 millions d'€ , a subi l’inflation du prix des matières premières et de l’énergie. « Nous avions prévu un bâtiment en panneaux métalliques. Mais le prix du métal a explosé et nous avons pu construire en béton, qui offre une meilleure résistance au feu, sensiblement au même coût que l’option métallique », note Olivier Cordonnier, directeur supply chain France, qui a supervisé le chantier.
La circulation des produits respecte une organisation stricte. La moitié environ du vaste entrepôt abrite le stockage sur palettes, sur cinq niveaux. La chaîne d’approvisionnement au détail occupe le reste de la surface. Le long serpent que dessine le convoyeur roulant réceptionne les caisses de médicaments et parcourt deux étages.
Chaque caisse reçoit un numéro d’identification unique. Un système informatisé évalue le volume et le poids des médicaments destinés à chacun de ces contenants, avec un contrôle en bout de chaîne. Chaque opérateur est équipé d’un casque et d’un assistant personnel type smartphone, qui le guide dans les rayonnages pour prendre les médicaments. Ceux-ci sont scannés en lot dans la plupart des cas, et individuellement pour les produits stupéfiants.
« Notre métier diffère peu de la logistique classique, sinon par l’exigence absolue de ne faire aucune erreur, et par l’extrême rapidité requise, supérieure à celle des sites de e-commerce les plus performants », détaille Olivier Cordonnier. L’essentiel des livraisons est assuré avant l’ouverture des pharmacies, pour les commandes prises avant 20 h la veille.
Optimisation mais sans excès d'automatisation

Plus de 70 personnes sont employées au sein de ce centre logistique, dont l'entrée en fonction remonte de fait au 2 janvier dernier, sous la direction de Paul de Contenson. Giphar n’a pas choisi d’automatiser au maximum ses opérations. « Nous préférons travailler avec des humains », résume l’un des pharmaciens marseillais du groupement, venu visiter le centre dijonnais, le plus vaste des quatre opérés par Giphar en France, les autres étant situés dans l'Oise, le Maine-et-Loire et l'Hérault. Reste que le métier des opérateurs, jeunes et largement composés de femmes, demeure très répétitif.
Dans le but d'optimiser la vitesse de traitement des commandes provenant de chacune des 1.250 officines du groupement, les stocks sont organisés de manière concentrique, les plus demandés se situant au plus près des « gares de picking », où les opérateurs remplissent les caisses. L’implantation est gérée de manière statistique par un logiciel dédié. Le site dijonnais compte huit antennes, correspondant aux différents types de médicaments, chacune accueillant trois gares de picking. Il gère plus de 1. 000 références de médicaments et produits de pharmacie.
La température au sein du bâtiment est maintenue entre 15 et 25 °C par un système de chauffage et de climatisation, en partie alimenté par des panneaux solaires en toiture. Une chaîne spécifique est mise en place pour les médicaments stockés au froid, entre + 2 et + 8 °C. Giphar utilise des caisses brevetées et passives, pour transporter ceux-ci. Elles ont été développées par la société spécialisée MSI France et permettent d’éviter d’utiliser des pains de glace susceptibles de condenser.
Une livraison externalisée

Des mesures spécifiques président à la gestion des produits stupéfiants. Ceux-ci sont stockés dans une cage grillagée, au milieu de l’entrepôt. Deux personnes accréditées y travaillent en circuit fermé, scannant individuellement chacun des médicaments, lesquels sont placés dans des bacs sertis avant la sortie de la cage. La livraison effective des caisses — une quinzaine environ par jour et par pharmacie — est prise en charge par des prestataires livreurs dévolus uniquement au transport des médicaments, ou qui travaillent également dans les secteurs de la presse et du tabac.
« Nous avons choisi de ne pas opérer nos propres flottes de distribution et d'externaliser la livraison localement, au plus près des pharmacies. Dans tous les cas, nos partenaires sont spécialisés dans les livraisons en tournée répétitive de nuit », précise le responsable supply chain. La phase d’identification des sous-traitants s’avère donc cruciale. Au pont qu'elle a mobilisé les équipes Giphar pendant huit mois avant l’ouverture du site.
Créé en 1968, Giphar (Groupement Indépendant de Pharmaciens Indépendants) est le plus important groupement de pharmaciens de France. Il fédère 1.250 officines soit 1.700 praticiens et emploie 800 personnes en France, pour un chiffre d’affaires de 2,3 milliards d'€ en 2022. Il fonctionne selon nune organisation bicéphale : d’un côté l’organe politique associatif nommé MNPG (Mouvement National des Pharmaciens Giphar) qui élabore la stratégie, de l’autre la SA coopérative Giphar Groupe, qui gère l’aspect économique et prend en charge la logistique. Les pharmaciens sont les associés de cette entité.
Pour assurer la livraison des huit pharmacies dijonnaises Giphar, le groupement a choisi la livraison vélo cargo, ce qui constitue une première nationale dans le secteur du médicament. La coopérative Tous en vélo mobilise 3 de ses 5 salariés, 6 jours sur 7, de 7 h à 9 h pour assurer les livraisons. Les médicaments sont déposés la nuit dans un local dédié. Le vélo cargo emporte une quinzaine de caisses, assez pour livrer une pharmacie. « Nous sommes très satisfaits de ce mode de livraison doux, et songeons à étendre ce service aux autres villes proches d’un de nos trois autres centres logistiques, situés à Grandvilliers (Oise), Angers (Maine-et-Loire) et Montpellier (Hérault) », assure Benoît Le Gavrian, président du directoire Giphar Groupe.




















































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