Le futur tramway du Grand Nancy constitue le premier volet d'une série sur les projets structurants des quatre villes de l'Est dont se sont emparés les candidats aux élections municipales des 15 et 22 mars. Cet investissement de 412 millions d'euros figurera en haut de la pile de dossiers sur le bureau de l’équipe qui prendra les commandes de Nancy et de sa métropole au lendemain du scrutin. La phase d’études et de concertation a été bouclée par l’actuelle majorité, mais le projet pourrait être partiellement remis à plat, en cas d’alternance.


Le projet de nouveau tramway sur rail anime la campagne des municipales dans la capitale des ducs de Lorraine. La majorité aux commandes du Grand Nancy (256.700 habitants) a consacré ces quatre dernières années à ficeler le dossier d’études et de concertation. Ce chantier s’est conclu le 11 février dernier avec l’attribution de la déclaration d’utilité publique (DUP) par le préfet. Si la DUP ouvre la voie à la réalisation concrète de l’investissement de 412 millions d’€ HT, le dossier pourrait être en partie revu au lendemain du scrutin des 15 et 22 mars prochain…
En effet, le projet défendu par Laurent Hénart, maire sortant (Parti Radical) et vice-président du Grand Nancy, est contesté par son principal opposant Mathieu Klein (PS), actuel président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle. Or, un sondage Ipsos Sopra-Steria réalisé début février donne les deux candidats au coude à coude à 34% des intentions de vote. Dans ce remake des municipales de 2014, le candidat écologiste, Laurent Watrin (EELV), crédité de 10%, pourrait jouer les trouble-fête.

 

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Le calendrier et le budget annoncés sont-ils tenables ? C’est la question qui taraude une partie des électeurs amenés à se prononcer dans les urnes. Pourtant, Nancy doit impérativement trouver une alternative à l’actuel tramway hybride – capable de se déplacer sur un rail central comme sur route – mis en service à l’aube des années 2000.
Cette technologie dite de « Transport sur voie réservée » (TVR) développée par Bombardier a connu nombre de dysfonctionnements au point d’être déclarée aujourd’hui obsolète. Le Grand Nancy a choisi d’aller au bout de son autorisation de circuler prévue jusqu’en 2022 et a racheté douze rames à Caen, suite au remplacement de son TVR par un tramway sur rail.

Un plan de déplacement urbain obsolète

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Le futur tramway sera prolongé de 3,8 km, jusqu'au plateau de Brabois pour desservir le campus et le CHRU. © Grand Nancy

Le nouveau projet vise à renouveler et étendre de 3,8 km le réseau existant de 11,1 km tout en changeant de matériel roulant. Au stade actuel, le renouvellement et l’extension de la ligne 1 sont programmés en trois phases entre 2023 et 2028. Dans ce contexte, la future majorité ne pourra faire l’économie d’un système de transport de substitution ? Mais combien de temps durera le provisoire ? Conscients de l’urgence de la situation à Nancy, les candidats ne s’accordent pas sur la question du calendrier, pas plus que sur la soutenabilité de son financement.
Pour l’équipe sortante de Laurent Hénart, après quatre années d’études et de concertations, la solution est limpide : « Là où toutes les alternatives (trolley, bus, etc.) se révèlent insuffisantes en termes de capacités, seul un tramway sur fer permet de relever le défi. Nous pensons qu’il est vital de lancer ce projet dès 2020. »

 

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Ses challengers, Mathieu Klein et Laurent Watrin, plaident tous les deux pour inscrire le projet dans le cadre plus global du Plan de déplacement urbain (PDU) qui n’a pas été révisé depuis treize ans.  « Nous nous apprêtons à reproduire l’erreur d’une approche en silo des mobilités dans le Grand Nancy. Il faut repenser le réseau dans sa globalité en y associant les intercommunalités voisines », insiste Mathieu Klein. Le candidat socialiste, bien que favorable au futur tramway, dénonce un calendrier « irréaliste » et souhaite engager un audit financier de la métropole, afin de mesurer la réalité de ses capacités d’investissement.

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La prolongation de la ligne de tramway et le remplacement des rames alourdirait l’endettement du Grand Nancy jusqu’à un milliard d’€ en 2024, au terme du pic d’investissement. © Philippe Bohlinger

À l’issue de l’enquête publique, les commissaires enquêteurs ont questionné la faisabilité financière du nouveau tramway pour Le Grand Nancy dont l’endettement avoisinait 669 millions d’€ fin 2018 et devrait atteindre le milliard en 2024, au terme du pic d’investissement suscité par le projet. « Il faudra alors autour de quatorze ans d’épargne brute pour rembourser la dette, un peu au-delà du seuil d’alerte usuel de douze ans », analyse la métropole.

 

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Pour le candidat écologiste, « la difficulté de l’équipe qui sera en responsabilité au lendemain du scrutin, sera de faire la part des choses entre les urgences et la vision des mobilités futures. En quelques mois, il faudra revoir le PDU, la voilure technique et financière du tramway et son phasage en priorisant la montée vers Brabois. »
Épicentre du développement économique de l’agglomération à l’ouest, le plateau de Brabois constitue un élément clé du projet. Le TVR avait l’avantage de franchir des pentes importantes, là où un tramway sur fer implique un tracé sinueux et la construction de deux ouvrages de franchissement. Dans le dossier de DUP, le tronçon ne devrait être mise en service qu’en 2026. Or pour les détracteurs du projet, la desserte de ce pôle universitaire, hospitalier et entrepreneurial est une priorité.

4 commentaire(s) pour cet article
  1. Pierre DEBANOdit :

    Merci. A noter que je ne soutiens personne, ne votant pas à Nancy. La liste Unis pour Nancy, intéressée par la proposition de Super-trolley que j'avais faite lors de l'enquête publique, m'a demandé d'affiner ma proposition et de l'étendre à tout le Grand Nancy, ce que j'ai fait et comme je l'aurais fait pour toute autre liste qui me l'aurait demandé, toutes ces autres listes connaissant mes propositions pour les avoir critiquées ou avoir reçu un courriel de ma part. Et la liste Unis pour Nancy a repris la quasi totalité de mes propositions dans son programme, et notamment tout ce qui concerne le Super-trolley. A noter qu'ayant été contacté hier par une autre liste très éloignée de Unis pour Nancy sur l'échiquier politique, la liste Unis pour Nancy a accepté que je diffuse à cette liste toutes les réflexions faites initialement pour elle. Bien évidemment, je suis très reconnaissant à la liste Unis pour Nancy de s'être fait le porte-voix de ma proposition, superbement ignorée par le Grand Nancy. Il est vrai que seulement 145 millions d'économies, en cette période d'abondance, cela ne mérite pas que l'on y jette un oeil !!. A votre disposition pour vous adresser par mél l'exposé que j'ai fait le 3/03/2020 à Nancy; donnez-moi un Mél. Cordialement

  2. La rédactiondit :

    Précision de la rédaction sur le commentaire ci-dessous : Nous avons choisi de relater le point de vue des candidats qui peuvent vraisemblablement compter quelques élus au prochain conseil municipal. M. Pierre Debano qui poste ce commentaire est ancien adjoint à Nancy de 1977 à 1983, professionnel des transports, soutient la liste "Unis pour Nancy" mais n'y figure pas. Elle est portée par Patricia Melet, militante LR, créditée de 4% des intentions de vote dans le sondage évoqué dans l'article. Ce qui ne retire rien à l'intérêt de ses propos, mais sort du cadre éditorial que nous nous sommes fixés ici.

  3. La rédactiondit :

    Précision de la rédaction : Nous avons choisi de relater le point de vue des candidats qui peuvent vraisemblablement compter quelques élus au prochain conseil municipal. M. Pierre Debano qui poste ce commentaire est ancien adjoint à Nancy de 1977 à 1983, professionnel des transports, soutient la liste "Unis pour Nancy" mais n'y figure pas. Elle est portée par Patricia Melet, militante LR, créditée de 4% des intentions de vote dans le sondage évoqué dans l'article. Ce qui ne retire rien à l'intérêt de ses propos, mais sort du cadre éditorial que nous nous sommes fixés ici.

  4. Pierre DEBANOdit :

    Un détail d’abord. Les rames de Caen, c’est pour les pièces détachées. Ensuite, là où le mot trolley apparait, c’est pour rapporter les paroles d’un élu, qui n’y connait pas grand-chose en transport, déclarant qu’il est insuffisant en capacité !!! Qu’il montre ses calculs qu’il n’a pas faits !. En ce qui concerne le caractère tortueux du tracé du tram pour monter à Brabois, ce n’est pas le fait d’un tramway sur fer, mais bien le fait du cerveau du Grand Nancy. Pas un mot sur la liste Unis pour Nancy qui propose tout un réseau de super-trolleybus, non seulement pour remplacer le tramway, mais aussi pour irriguer la majeure partie du Grand Nancy, pour un coût total moindre que celui du projet de tramway, qui avec l’impasse faite pour certains travaux, va forcément connaître des dérapages. Tout le dossier sur www.unispournancy.fr. qui démontre que le trolley a la capacité nécessaire, va générer moins de CO2 et consommer moins d’électricité que le tram, tout en créant 20 emplois de conducteurs supplémentaires.

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