L’année 2021 devrait voir la montée en puissance commerciale de deux innovations technologiques majeures portées par des start-up lorraines : le robot de préparation des médicaments radioactifs mis au point par Sysark et les capteurs sans fil pour l’industrie développés par Ewattch.


• Sysark abaisse l’exposition des soignants aux médicaments radioactifs


Le robot développé à Nancy (Meurthe-et-Moselle) par Sysark protège les soignants des risques liés à la manipulation des radio-médicaments en médecine nucléaire. La medtech fondée en 2018 à Nancy (10 personnes) présente sa technologie comme une innovation inédite, « le premier dispositif automatisant la préparation des produits de contraste injectés aux patients lors des examens de scintigraphie », détaille Guénolé Mathias-Laot, président et co-fondateur de Sysark avec Quentin Thomas.

La solution baptisée SLE (Sysark Low Energy) est commercialisée depuis l’automne 2019. En avril prochain, le CHRU de Nancy, partenaire historique de la start-up, va engager une étude destinée à tester l’efficacité de la technologie auprès d’une cinquantaine de professionnels de santé à Nancy, Metz, Bordeaux et Clermont-Ferrand.
Sysark estime que son robot diminuerait de 80 % l’irradiation des manipulateurs radio lors des examens, tout en leur faisant gagner du temps grâce à l’automatisation de la mise en seringues et flacons, des médicaments radioactifs à la dose adaptée à chaque patient.

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L’équipe du CHU de Nancy et de la plateforme d’imagerie Nancyclotep qui a participé au montage de l'étude et à la conception de la solution :  de gauche à droite : Guenolé Mathias-Laot (confondateur de Sysark), Rachel Grignon (manipulateur d'électroradiologie médicale), Quentin Citerne (radiopharmacien), Véronique Roch (responsable des projets de recherche clinique) Nicolas Veran (radiopharmacien). © Sysark


Cette success-story est née des observations de Guénolé Mathias-Laot, manipulateur radio de formation. Diplômé d’un double Master en ingénierie médicale et en administration des entreprises, l’entrepreneur a développé sa solution avec l’appui de l’Université de Lorraine, tout d’abord via le Pôle entrepreneuriat étudiant de Lorraine (PeeL), puis l’Incubateur lorrain. Son projet soutenu par la société de transfert de technologies SATT Grand Est/Sayens, est issu d’une collaboration scientifique avec le Centre CNRS de Recherche en Automatique de Nancy (CRAN).

« Les soignants bénéficient actuellement des plus hauts standards de protection dans les services de médecine nucléaire. Ce que nous proposons, c’est de franchir un niveau supplémentaire. L’avènement de l’imagerie par PET Scan – ou tomographie par émission de positons  (*) – a conduit plusieurs sociétés à développer des solutions de préparation automatique de radio-médicaments. En revanche, rien n’existait pour l’examen scintigraphique, car cela nécessitait davantage de recherche et développement », conclut le président de la jeune pousse.


(*) Une tomographie par émission de positons est une scintigraphie effectuée après avoir injecté dans une veine un traceur faiblement radioactif.

 

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• Ewattch simplifie la gestion des données informatiques des machines industrielles


Une habile exploitation des données informatiques ou « data » demeure une des clés de la compétitivité dans l’industrie. En la matière, Ewattch à Saint-Dié-des-Vosges (Vosges) a mis au point des capteurs sans fil qui simplifient la maîtrise des consommations énergétiques, tout en permettant la supervision des parcs machines et l’optimisation de la production.
La start-up de 15 personnes boucle en ce début d’année une levée de fonds de 2 à 3 millions d’€ en vue de financer le déploiement international de sa solution, mais également d’investir dans le marketing et poursuivre ses travaux de recherche et développement.


La société fondée il y a 8 ans (chiffre d’affaires de 1 million d’€ en 2019) s’était initialement positionnée sur le marché du bâtiment, en lien avec les exigences de la règlementation thermique 2012. Faute d’une valeur ajoutée suffisante dans l’efficacité énergétique des logements, elle s’est ouverte au secteur industriel. Sa double expertise dans les domaines des capteurs et des logiciels applicatifs y a fait mouche. « Nous concevons nos propres capteurs qui fonctionnent selon le réseau bas débit de longue portée LoRaWAN et proposons en parallèle plusieurs applications de suivi en mode SaaS », détaille Nicolas Babel, le président d’Ewattch.

 

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Les planètes semblent dorénavant alignées pour Ewattch. L’efficacité énergétique dans l’industrie est désormais encouragée par la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et les appels à projets du Plan de relance du Gouvernement.

Utilisateur, l’intégrateur de systèmes de mesurage Kalliope (3 personnes) vante la simplicité de la technologie de la start-up vosgienne. Il a déjà installé sa technologie auprès d’une dizaine d’industriels du quart Nord-Est parmi lesquels le fabricant de tuiles Wienerberger et le fabricant de profils pour l’ameublement Elsa Profil (tous les deux dans Bas-Rhin) ou encore le laboratoire pharmaceutique vétérinaire Vetoquinol (Haute-Saône). La PME spécialisée dans l’injection plastique Platex à Raon-l’Etape (Vosges) dit, elle, avoir économisé 25% de sa consommation énergétique en trois ans grâce aux capteurs d’Ewattch.

Toutefois, l’investissement dans les instruments et l’abonnement aux applications logicielles n’apparaissent pas neutres dans une période économiquement tendue en raison de la crise sanitaire. Jean-Yves Dosdat, responsable industriel et logistique de Gris Group (Meurthe-et-Moselle) reconnaît que « le retour sur investissement d’un outil de supervision industrielle n’est pas simple à établir, mais si nous mettons le doigt sur de potentielles économies d’énergies, cela peut accélérer la prise de décision. »

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L'entreprise de plasturgie Platex a économisé 25% de sa consommation énergétique en trois ans grâce à des capteurs sur son outil de production. @ Platex

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