DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE/ALSACE. On a retrouvé le Cahr !  Le comité d’action économique du Haut-Rhin n’avait pas disparu de la circulation, mais il faut reconnaître que de longs mois de flottement avaient rendu sa présence moins visible.

Nouvelle direction, feuille de route renouvelée dans le contexte de la réforme territoriale : la structure publique estime avoir désormais repris sa marche en avant.

 

rhenalu
L’usine de transformation d’aluminium Constellium de Neuf-Brisach dont le Cahr suit l’investissement en cours de 180 millions d’€. ©Christian Robichon.

 

Ce cheminement suit deux voies : l’accompagnement des entreprises et le développement territorial.

 

Le premier correspond à la vocation du Cahr depuis ses débuts. Pas de bouleversement à attendre donc, mais une attention renforcée aux questions financières. Un point  auquel n’est pas étranger le profil du nouveau directeur Claude Mouquin, venu de la Banque de France de Mulhouse.

 

« Nous souhaitons faire œuvre de pédagogie auprès des TPE/PME sur ces sujets essentiels, les aider dans la fiabilisation de leurs projets, la définition des montages les plus appropriés. Les conseils que nous pourrions apporter sur les questions de trésorerie s’inscrivent dans la vision globale de l’entreprise qui doit nous caractériser », expose-t-il. 

 

Dans la longue chaîne des structures alsaciennes d’accompagnement aux entreprises, le Cahr entend jouer un rôle pragmatique : «  Nous sommes souvent le premier contact. Ensuite, à nous de déterminer le meilleur moment pour passer le relais à un autre partenaire sur un thème plus spécialisé, comme l’innovation. Nous devons être là pour faire gagner du temps à l’entreprise », souligne le nouveau directeur.

 

banniere adhex

 

Premier contact avant le passage de relais

 

Sans aucun doute, cette mission d’accompagnement s’adresse aux entreprises implantées dans le Haut-Rhin pour leur développement « endogène ». La question d’une prospection « exogène », celle d’investisseurs potentiels basés dans la Suisse (région de Bâle) et l’Allemagne (Pays de Bade) voisines, peut se poser.

 

Mais ce point rencontre le champ de compétences de la nouvelle Agence de l’attractivité de l’Alsace. Et, le Cahr manifeste la prudence du plus précautionneux des Sioux…

 

La mission « territoriale » est un peu plus neuve. Depuis la fin de l’année dernière, le Cahr va à la rencontre de l’ensemble des communautés de communes du Haut-Rhin.

 

Objectif principal : prendre note de leur stratégie en foncier et immobilier d’entreprise, l’affiner, éventuellement l’amender plus fortement en fonction de ce que fait le voisin. « Nous sommes incontestablement l’organisme qui a une vision globale des disponibilités sur le département et qui peut donc veiller à la cohérence des stratégies », rappelle Claude Mouquin.

 

L’agence de développement encourage également les initiatives de réseau qui peuvent vivre d’elles-mêmes, comme le club d’entreprises du pays Thur-Doller. Elle lance par ailleurs des petits-déjeuners thématiques, les premiers ont porté sur les relations avec les banques ou encore les femmes cadres d’entreprise.

 

1,4 milliard d’€ d’investissements

 

hydra
Chez le fabricant de produits d'hygiène, Hydra à Moosch, dont le Cahr suit le projet de développement consécutif à la reprise par Philippe Legrand. ©Christian Robischon.

 

La nouvelle feuille de route se déploie dans un climat économique que le Cahr note en amélioration.

 

En 2014, l’organisme a suivi 57 projets d’implantation qui représenteraient jusqu’à 1,4 milliard d’€ d’investissements et 3 000 emplois s’ils se concrétisaient tous.

 

Les dossiers de développement de 118 entreprises créeraient 600 emplois pour leur part. Vingt dossiers d’entreprises en difficulté ont été suivis pour aboutir au maintien de 44 % des effectifs, soit 2 282 emplois sauvés.

 

L’année en cours a débuté avec quelques signaux positifs : des dossiers de croissance externe, ou encore des marques d’intérêt d’entreprises suisses dans le contexte de la montée de leur devise et d’un règlement en cours du dossier fiscal de l’Euroairport,  dont l’incertitude a déteint plus généralement sur le tissu entrepreneurial helvétique présent dans le département.

 

« Le rapport de compétitivité avec l’Allemagne s’inverse peu à peu. Des entreprises suisses nous disent que leur usine alsacienne est (re)devenu aussi compétitive que l’usine allemande », rapporte le Cahr.

 

Relire les articles de Traces Ecrites News sur Constellium et Hydra.

Commentez !

Combien font "4 plus 3" ?