Lab To Field est depuis 2012 une entreprise spécialisée en physiologie digestive animale. Son atout : maîtriser de A à Z les expertises permettant de dresser les liens entre une bonne gestion de l’alimentation des animaux et l’amélioration de leur santé. Son équipe de 15 personnes répartie entre Dijon et Créancey s’occupe d’une ferme et d’un laboratoire d’analyses.


Dans les années 2000, Véronique Julliand fait référence dans le monde de la recherche autour d’un sujet particulier : la nutrition du cheval athlète. Parce que les connaissances ne se diffusaient pas assez vite vers les professionnels de l’alimentation et de la santé impliqués dans ce domaine en Europe, et parce que le sujet dépasse largement le cadre « du bon sens paysan ou du marketing », elle a initié en 2010 la création d’une start-up pour valoriser son expertise.

Un directeur a été recherché, et c’est ainsi que son fils Samy a candidaté et créé en 2012 Lab To Field, en français « du laboratoire au terrain. » A l’époque, ce Dijonnais d’origine, ingénieur agronome de formation, manifestait une appétence pour la recherche et le développement en alimentation animale et en écologie des populations, mais aussi pour l’entrepreneuriat. Des sujets transverses qu’il mettait en pratique dans ses expériences professionnelles dans des laboratoires ou entreprises aux quatre coins du monde (Vietnam, Canada, Mozambique, République Centrafricaine, Belgique, etc.). 
 

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« A l’époque, je travaillais dans une réserve naturelle au Mozambique. Ma maman m’a transféré une offre de poste émanant de son équipe pour créer une entreprise à Dijon autour de l’alimentation animale et de l’écologie des populations microbiennes, en me demandant si j’avais des contacts intéressés... Finalement j’ai décidé de candidater moi-même : j’avais une trentaine d’années et l’envie profonde d’entreprendre dans cette thématique
», explique-t-il.

Lab To Field a développé toute une offre de services pour accompagner scientifiquement et techniquement des partenaires qui souhaitent « développer des aliments ou compléments alimentaires bénéfiques aux animaux, ou monter en compétences en suivant des formations sur l’importance de l’alimentation pour la santé. » 

A titre d’exemple, de nombreux projets ont été conduits sur l’intérêt des légumineuses en alimentation équine autour de questionnements comme : « A partir de quelle quantité quotidienne la luzerne limite-t-elle les ulcères gastriques chez le cheval ? Dans quelles conditions le sainfoin permet-il de réduire la présence de parasites digestifs ? En substituant une fraction des céréales par des légumineuses, la santé est-elle améliorée ?… »

 

Une ferme pour améliorer la santé et le bien-être animal

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Lab To Field constiute le principal centre de recherche dans le monde en alimentation équine. Une gestion raisonnée de l’alimentation des vaches peut être bénéfique tant pour la santé des animaux que pour l’environnement, en réduisant la production de méthane.


Afin d’analyser de façon robuste le bénéfice pour les animaux, Lab To Field a racheté en 2018 une ferme à Créancey (Côte-d'Or) et embauché une équipe de techniciens animaliers et vétérinaires. Aujourd’hui, une quinzaine de salariés travaillent entre le site dijonnais et la campagne.

Cette équipe aborde de nombreux sujets de recherche autour de la relation entre alimentation, digestion, santé et bien-être de l’animal. « Le fait de développer les connaissances mondiales sur l’impact que l’alimentation peut exercer sur la santé permet d’améliorer la gestion de l’alimentation pour tous les animaux, qui est encore perfectible dans de nombreuses situations », expose Samy Julliand. Lab to Field quantifie par exemple le bénéfice de bien nourrir un cheval pour réduire ses infections parasitaires, ou améliorer ses capacités sportives.
 

CIRCUIT PRENOIS 


Mais le pendant avec l’Homme apparaît bien vite. Les animaux prennent de l’âge eux aussi, et c’est ainsi que des projets en cours visent à analyser les mécanismes qui interviennent lors du vieillissement, afin de proposer des recommandations alimentaires visant à rester en bonne santé le plus longtemps possible. « Dans nos études, nous travaillons beaucoup sur la digestion et le microbiote. Les animaux qui digèrent le mieux les fibres grâce à leur microbiote intestinal sont plus performants », souligne le responsable de l'entreprise. En d’autres termes, le « bien manger » préserve notre écosystème digestif, ce qui permet de vivre sainement.

La clientèle de Lab To Field vient du monde entier. Elle se répartit à parité entre des fabricants d’ingrédients ou d’aliments pour l’alimentation animale d’une part, et des acteurs académiques ou institutionnels d’autre part. Par ailleurs, « un tiers de nos projets de recherche se mène avec des partenaires européens », poursuit Samy Julliand, qui annonce un chiffre d’affaires pour l’activité de R&D d’environ un million d’euros en 2023.

 

Une structure unique en son genre

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Lab To Field possède une ferme consacrée à l’étude de la nutrition. Avec l’extension des locaux, de nouvelles formations de vétérinaires ou fabricants sont accueillies sur site.


Depuis 2018, la société a investi environ 2 millions d’euros dans la création et l’expansion de ses outils de travail : une ferme pour gérer au mieux l’alimentation, un laboratoire d’analyses et des locaux de formation pour les vétérinaires ou fabricants d’aliments intéressés par le sujet. Les projets ont été soutenus par le plan France Relance.La plateforme compte une équipe de techniciens animaliers et vétérinaires qui suivent quelques dizaines d’animaux (vaches, cochons, chevaux). « A partir des observations du comportement, ou de l’analyse des bouses ou des crottins, nous évaluons les meilleures solutions pour améliorer la santé et le bien-être des animaux », explique Samy Julliand.

L’activité localisée en Côte-d'Or rayonne bien au-delà, grâce à la renommée internationale que Lab to Field s’est taillée. Une des chercheuses de la société présente ainsi en ce moment des résultats sur l’alimentation comme vecteur de santé des vieux chevaux lors un congrès à Chicago aux Etats-Unis. « Dernièrement, un important groupe mondial m’a confié que notre rigueur, notre implication et l’expertise dans notre domaine, il ne les trouvait nulle part ailleurs, rapporte Samy Julliand. Un très beau compliment ! »
 

Une nouvelle société en incubation

Lauréate de France Relance en 2021
, l’équipe de Lab To Field grandit vite et affiche un taux de 40% de croissance annuelle en termes de chiffre d’affaire (hors années Covid). Ceci est en partie dû à la prise de conscience mondiale concernant l’importance d’une gestion raisonnée de l’alimentation pour promouvoir la santé.

Baignant dans cet écosystème, Samy Julliand et quatre associés développent actuellement une autre start-up dédiée au microbiote et à la santé chez l’Homme. Incubée à Deca BFC à Dijon, la nouvelle nouvelle entreprise poursuit l'objectif de proposer aux acteurs mondiaux de la santé des probiotiques aux fonctions nouvelles. Le financement de ce projet est en cours.


 Photos fournies par l’entreprise 

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