VIE PUBLIQUE. Le conseil général de Saône-et-Loire rend accessible aux internautes des millions de données de la collectivité territoriale : subventions accordées, délibérations, marchés publics… Une sorte de WikiLeaks, mais en version « soft ».

Comme toujours avec Arnaud Montebourg, député et président PS du conseil général de Saône-et-Loire, chacune de ses initiatives est savamment programmée pour faire un maximum de bruit au bon moment et, en l’occurrence ici, du buzz.

De quoi s’agit-il ?

Le candidat à la primaire socialiste s’est inspiré de Barak Obama qui, une fois élu à la Maison Blanche, a libéré toutes les données de l’administration fédérale, concept connu sous le nom d’Open Data.

Le mouvement a ensuite fait tache d’huile dans beaucoup d’états américains, puis en Angleterre, avant d’arriver en France. Les villes de Rennes, Montpellier, Nantes l’appliquent. Paris également, mais dans une moindre mesure.

«Il s’agit bien plus qu’un portail Internet, c’est une révolution démocratique, d’autant que nous allons très loin dans la transparence», explique l’élu bourguignon.

Si l’on tape www.opendata71.fr, en ligne aujourd’hui 30 septembre 2011 à midi, on arrive sur le portail départemental et, que trouve t-on ?

Des millions d’informations qui progressivement remonteront sur une dizaine d’années : le prix de l’eau, sa qualité, les différents travaux effectués dans les bâtiments publics comme les collèges, les marchés publics.

Mais aussi, toutes les subventions accordées aux associations, aux entreprises, avec les montants cumulés, les rapports des délibérations publiques, les votes des commissions d’appel d’offres, les jugements s’ils impliquent la collectivité territoriale…

Les limites légales du système

«Nous rendons, de plus, toutes ces données exploitables grâce à un logiciel qui permet de les croiser, de les comparer, de les analyser, avec histogrammes et camemberts à l’appui», argumente Arnaud Montebourg. L’effort est louable et répond à un enjeu de société : comment les politiques dépensent-ils l’argent du contribuable.

Reste que ce système de démocratie plus directe a ses limites. Certaines sont logiques, comme de s’interdire de publier la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA).

D’autres moins !

Pourquoi ne pas publier les indemnités de chaque élu (*), leurs frais de mission, la dépense engendrée par chaque voyage d’études, avec sa justification, les frais de réception poste par poste, ou encore les sommes liées aux voitures de fonction. On pourra certes connaître ces montants, mais de manière globale.

«Pour ma part, j’y suis favorable, mais une loi nous interdit d’individualiser, aussi ce sera à chaque conseiller général de décider (*)», justifie le président départemental, par ailleurs avocat de métier. Dommage que la transparence ne soit pas totale dans l’exercice de mandats publics...

La mise au point de cet Open Data représente un investissement qui frise les 60 000 €.

(*) Arnaud Montebourg perçoit 4 000 € mensuels en tant que président du conseil général.

Illustrations : conseil général de Saône-et-Loire.

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