Il y a deux ans, l’office du tourisme du Pays de Montbéliard a relancé la production de la verquelure, un tissu à carreaux typique de Montbéliard qui avait disparu au XXe siècle. La tradition renaît grâce à Cédric Plumey, un jeune tisserand installé à Etupes.


ARTICLE DÉJÀ PUBLIÉ LE 26 JUIN 2020.

Tout a commencé à l’été 2018 : l’office du tourisme de Montbéliard souhaitait ouvrir une boutique pour refléter les savoir-faire locaux. Ainsi a germé l’idée de proposer des objets en verquelure. Cette toile qui trouve son origine au Moyen-Âge est un tissu de chanvre tissé à la main avec des motifs à carreaux. Caractéristique du Pays de Montbéliard, elle était d’ailleurs connue sous le nom de « montbéliard ». 


Dans sa démarche de renaissance de la verquelure, l’office du tourisme souhaitait trouver un fabricant dans la région, éventuellement en Alsace et dans les Vosges.

« Nous avons téléphoné un peu partout et nous avons su que quelqu’un avait repris les machines de Michel Gander, le dernier tisserand de tissu kelsch, l’équivalent alsacien de la verquelure », raconte Déborah Reichert, la directrice de l’office du tourisme.

 

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C’est ainsi qu’a lieu la rencontre avec Cédric Plumey, 28 ans, qui avait créé son entreprise, Manufacture Metis, en 2016. Passionné des techniques de tissage, le jeune tisserand a restauré de vieilles machines et installé son atelier à Etupes où il fabrique des tissus en coton, lin et laine pour des marques de vêtements haut de gamme, en France et à l’étranger.

En septembre 2018, l’office du tourisme lui passe une commande de verquelure pour le marché de Noël de Montbéliard. « Nous avons été victimes de notre succès : une semaine avant la fin du marché de Noël, tout était vendu », se souvient Déborah Reichert.

 

« Les gens d’ici étaient très contents de retrouver ce tissu »

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Pour démarrer la Manufacture Metis, en 2016, Cédric Plumey, avait racheté les machines de Michel Gander, un tisserand alsacien. © Julie Giorgi


A partir des lais de verquelure tissés par l’artisan, les objets  – nappes, serviettes, tabliers… – sont dans un premier temps réalisés par des couturières bénévoles du comité des fêtes de Montbéliard. Puis, la confection se professionnalise. Depuis 2019, l’office travaille avec l’association Frip’Vie à Grand Charmont, toujours dans le Pays de Montbéliard, qui favorise l’insertion sociale et professionnelle des personnes en difficulté. Aujourd’hui, sept personnes formées au lycée professionnel des Huisselets à Montbéliard façonnent trousses, sacs, tabliers, coussins, décorations, etc.

Le tissu n’est plus en chanvre, mais en lin et coton, car plus souple, mais toujours à carreaux et essentiellement dans les couleurs traditionnelles rouge et bleu. « On dit que le rouge était réservé aux familles catholiques et le bleu aux protestants », précise Déborah Reichert.


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La vente du tissu au mètre et des objets confectionnés s’effectue dans la boutique de l’office du tourisme de Montbéliard et bientôt sur Internet. Les clients sont surtout des locaux. « Les gens d’ici étaient très contents de retrouver ce tissu ! Mais nous avons aussi des clients parmi les touristes car ces objets sont faciles à emmener et à glisser dans une valise », indique la directrice.

Au sein de la Manufacture Metis, parmi les six machines à tisser, Cédric Plumey en dédie une à la verquelure. Cette production représente aujourd’hui 20% de son activité.


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La fabrication de verquelure représente aujourd’hui 20% de l’activité de la Manufacture Metis. © Julie Giorgi

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