Louer du matériel sans option d’achat à l’issue du contrat, plutôt que de s’endetter pour l’acquérir via un prêt classique : le financement locatif a le vent en poupe. Analyse de son succès avec Laurent Wittmann, président de grenke France. Cette filiale d’un groupe allemand basée à Schiltigheim (Bas-Rhin) et qui s’appuie sur un réseau de 19 implantations régionales a signé pour 600 millions d’euros de production financée l'an dernier par la mise en place de près de 63.000 nouveaux contrats, soit 20 % du total du groupe, faisant ainsi de la France le premier marché en importance pour sa maison-mère juste devant l’Allemagne. Elle emploie 257 collaborateurs et prévoit 15 à 20 recrutements cette année.


Quels avantages identifiez-vous à la location financière pour l’entreprise qui y recourt ? 

Elle permet à son bénéficiaire final (*) de concentrer son financement sur son appareil productif, sans obérer ainsi sa capacité d’endettement. C’est en somme le produit idoine pour continuer à investir sans consommer de cash, nous le voyons comme une excellente solution « anti-crise. »

 

Quels sont les achats typiquement adaptés à ce montage ?

Le financement locatif est depuis longtemps le standard des revendeurs de systèmes d’impressions. Il va dès lors concerner notamment ce type d'appareils, ainsi que les matériels technologiques. Ces assets concentrent près de 80 % des volumes. La formule s’étend toutefois, au matériel de nettoyage, à la domotique et à bien d’autres produits…Chez grenke, nous tendons également à nous diversifier, comme par exemple vers les vélos à assistance électrique, les équipements médicaux, ceux de sécurité. Nous sommes en mesure de financer presque tout type d’équipements pour le professionnel. 

 

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Et en montant d’investissement, quelle est la cible appropriée ?

Les montants les plus fréquemment financés se chiffrent de quelques milliers à quelques dizaines de milliers d’euros. Pour ce qui concerne le ticket moyen des 62.678 contrats souscrits auprès de grenke France en 2024, il s’est établi à 9.500 euros (en hausse de 10 à 15 % sur les quatre dernières années), pour une durée moyenne de quatre ans. Une part conséquente de nos locataires sont des TPE/PME en passant par l’artisan et la profession libérale mais nous comptons également une part croissante d’ETI et d’administrations publiques sans oublier les associations de toute taille. En clair, nous pouvons couvrir les besoins en financements locatifs de tous les professionnels. Cependant, nous ne finançons pas les actifs soumis à immatriculation comme les véhicules, ni les projets immobiliers. Et les investissements productifs structurants (un centre d'usinage, etc.) ont vocation d'abord à être pris en charge par des prêts classiques, ils touchent à la propriété de l'entreprise.

 

Quelle est la concurrence avec les banques ?

Nous évoluons dans le domaine où les banques disposent de leurs filiales de leasing. Ces compétiteurs sont performants et compétents, nous rencontrons une saine concurrence qui ne peut qu’être bénéfique à la location financière en général. Nous veillons à ce que nos propositions tarifaires, dans un tel modèle, soient tout à fait compétitifs par rapport au taux d’intérêt d’un emprunt bancaire. Mais comme exposé auparavant, la cible produit même est distincte de celle du prêt.

 

Comment se porte ce marché ?

Le financement locatif progresse de 5 à 6 % par an en France depuis plusieurs exercices. Nous-mêmes avons réalisé une croissance de 13 % l’an dernier et visons + 7 à + 8 % en 2025. Il s’inscrit dans la montée en puissance de l’économie de l’usage. Nous avons ainsi connu, fin janvier, notre semaine record en terme de nombre de demandes de financement traitées. A voir si la tendance se confirmera sachant que toute demande ne débouche bien sûr pas sur une concrétisation en contrat.

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La filiale française du groupe allemand s'est établie à Schiltigheim au nord de Strasbourg (Bas-Rhin), dans l'Espace européen de l'entreprise, où elle emploie 120 personnes, près de la moitié de son effectif hexagonal de 257 salariés. © grenke France

 

Sur quels points de son offre cette formule peut-elle encore s’améliorer ?

Un tel dispositif contribue à accélérer la rotation du parc matériel, l’entreprise ne se posant pas de longues questions sur y aller ou pas, maintenant ou plus tard. Elle obtient ainsi la garantie de disposer d’appareils toujours à jour et ainsi de bénéficier de gains de productivité. Dès lors, un vecteur d’avenir vient de la capacité à proposer une offre d’économie circulaire : s’engager à récupérer le matériel à la fin du contrat de location pour le reconditionner ou pour lui donner une seconde vie dès lors que c’est possible. Il en résulte une valeur résiduelle qui pourrait être prise en compte dans le modèle économique et permettrait de diminuer le montant du loyer. Un tel mécanisme est encore embryonnaire, mais nous y travaillons. Avec grenke Asset Broker, nous avons constitué notre propre cellule de revente à quelques kilomètres du siège France au nord de Strasbourg.

 

(*) grenke achète le matériel au fournisseur pour le louer au client

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