Une partie des acteurs de l'opération immobilière.
Une partie des acteurs de l'opération immobilière.

IMMOBILIER. Inaugurée en fin de semaine dernière, l'opération immobilière La Jonxion, face à la gare TGV Belfort-Montbéliard, est la première depuis la mise en service du TGV Rhin-Rhône.

Elle se réalise grâce à l'implication de vingt-quatre entrepreneurs du BTP aux côtés de la société d'économie patrimoniale du Territoire de Belfort (Sempat).

Et contourne le risque de la "gare betterave" posée au milieu de nulle part, à l'écart des centres urbains.

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Inaugurée le 13 mars, la première tranche de La Jonxion est un exemple de partenariat public privé comme les Belfortains ont appris à le faire depuis qu'ils ont vécu le choc de la fermeture de Bull dans les années 1990.

Mais cette fois, la démarche va plus loin. Aménageur du Techn'Hom - l'ancienne friche de Bull étendue au site d'Alstom -, au centre de Belfort, la société d'économie patrimoniale du Territoire de Belfort (Sempat) dont le capital est porté par les collectivités locales et les principaux industriels belfortains, supplante l'absence des grands acteurs de la promotion privée.

Vingt-quatre entrepreneurs du BTP de l'aire urbaine Belfort-Montbéliard-Héricourt la rejoignent au sein de la SAS Alliance Développement créée pour mener à bien l'opération de promotion immobilière.

La plupart membres du groupement L'Aube, les entrepreneurs y trouvent un double intérêt : « fournir de l'activité à leurs entreprises et participer au dynamisme » de leur région, expose Alain Albizzatti, P-DG de l'entreprise éponyme de gros œuvre à Danjoutin (Territoire de Belfort).

Un investissement de près de 38 millions d'€

Un apport en capital de 4,5 millions d'€ des associés d'Alliance Développement (dont la Sempat est actionnaire majoritaire) et une une avance de 3,6 millions de la part des entrepreneurs bâtisseurs a complété une ligne de trésorerie de 11 millions d'euros ouverte auprès de la Caisse d'épargne de Bourgogne-Franche-Comté (pour 6,5 millions) et le Crédit Agricole.

Les moyens étaient réunis pour lancer un programme qui représente au total un investissement de 37,8 millions d'€.

Des locations à la carte au centre d'affaires.
Des locations à la carte au centre d'affaires.

Confiée à Dessaules CBRE à Mulhouse, également présent en Franche-Comté, la commercialisation table sur 39,3 millions de recettes.

« Nous dégageons une marge de 1,5 million d'€, certes moins importante qu'une opération 100% privée, mais qui prouve que le projet est réaliste et rentable », affirme Christian Proust, président d'Alliance Développement et P-DG de la Sempat.

La première tranche de 20 000 m2 se compose d'un centre d'affaires de 1800 m2, d'une tour de bureaux de 15 000 m2 sur 5 étages et d'un hôtel de 68 chambres à l'enseigne Campanile.

Actionnaires locaux

Conservé dans le patrimoine d'Alliance Développement et géré par une SAS réunissant une dizaine d'actionnaires locaux, industriels comme Delfingen Industry, PME et particuliers, le centre d'affaires développe une formule nomade, directement inspirée par la proximité de la gare TGV.

Si une partie des bureaux est classiquement louée au mois, une autre est disponible à la journée et même à l'heure avec des services de télécommunications ou à la carte (secrétariat, domiciliation commerciale, permanence téléphonique, etc.). Il dispose aussi de salles de réunions et d'un espace conférence pour 150 personnes.

L'arrivée de Réseau Ferré de France (RFF) dans le centre d'affaires illustre sa flexibilité.

Pour surveiller de près la modernisation de la ligne Belfort-Delle qui reliera le réseau ferré suisse à la gare TGV, l'opérateur s'installe sur 250 m2 jusqu'en 2018 avec à terme une vingtaine de techniciens.

De son côté, l'agence de développement économique du Territoire de Belfort (Adebt) y a déménagé le mois dernier.

Vue générale du site avec l'hôtel en travaux.
Vue générale du site avec l'hôtel en travaux.

Un emplacement précurseur de ce que certains élus appellent de leurs vœux : une structure de promotion économique inter-agglomérations qui parle d'une même voix pour le nord Franche-Comté.

L'idée, dont les obstacles sont autant politiques que culturels, fait doucement son chemin.

La seconde tranche est en route

Les bureaux de la tour sont en vente ou en location. « 50% sont déjà commercialisés », assure Christian Proust.

Quant à l'hôtel encore en travaux, il sera exploité par la société Immoparts que préside Stéphane André, l'un des principaux franchisés  de Louvre Hôtels. Il ouvrira en septembre prochain.

Président du conseil général du Territoire de Belfort, Yves Ackerman, se félicite d'avoir anticipé l'arrivée du TGV Rhin-Rhône. En 2004, se rappelle t-il, « nous avons pris la décision de créer une zone d'aménagement concerté (ZAC), de fait les terrains étaient viabilisés lorsque la gare a ouvert ».

Réunissant les mêmes investisseurs, une seconde tranche de 12 000 m2 est en route. Maître d'ouvrage délégué de l'opération, la société d'équipement du Territoire de Belfort (Sodeb) vient de déposer le permis de construire.

Les travaux démarreront en fonction du succès de la commercialisation. L'investissement s'élève à 20 millions d'€.

Photos : Traces Ecrites.

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