Le producteur de grillons pour l’alimentation humaine Alim’Ento poursuit sa conquête du marché des sportifs. Après le lancement de barres énergétiques, la société de 10 personnes basée à Faulquemont (Moselle) s’apprête à lancer une gamme de pâtes enrichies en protéines.

Les aliments enrichis en protéines demeurent prisés des athlètes soucieux d’améliorer leurs performances sportives et leurs facultés de récupération. A Faulquemont (Moselle), Alim’Ento s’apprête à lancer à leur attention une gamme de pâtes contenant dans sa recette de la poudre d’insectes.
Concrètement, la petite société de 10 personnes va intégrer de la farine de grillons à des légumineuses, ainsi qu’à des céréales d’origines bio. La complémentarité des céréales et des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots rouges, etc.) est bien connue des végétariens, car elle contribue à garantir les apports journaliers en protéines.
« La poudre d’insectes va encore améliorer le potentiel protéinique offert par cette association », éclaire Déborah Findeis-Schäfer, la présidente d’Alim’Ento, cofondatrice avec Pauline Barré de la société en 2016. Elle annonce un taux de protéines de 70,5%, plus de deux fois supérieur à des gammes concurrentes. Avec ce produit innovant, le spécialiste de la transformation de grillons pour l’alimentation humaine cible la distribution spécialisée dans les produits à destination des sportifs. Sur ce créneau, Alimen’Ento propose d’ailleurs déjà des barres de céréales énergétiques.  

 

BPALC


Depuis sa création il y a trois ans, la jeune société avance au rythme d’un 100 mètres courus tambour battant. En juin 2017, une première levée de fonds de 200.000 € avait démontré le potentiel des insectes comme réelle source de protéines. En juin 2018, une seconde de 800.000 € auprès des fonds régionaux, le Lorrain Yeast et Alsace Business Angels lui a donné les coudées franches pour monter en cadence dans l’élevage et la transformation de grillons domestiques.
La société a déménagé en septembre dernier pour se doter de nouvelles capacités sur 1.600 m². L’insecte logé dans des alvéoles en cellulose s’y nourrit de céréales et de fruits bio. La dirigeante compte sur ce nouvel équipement pour doubler sa production et atteindre 10 tonnes en 2019.
« Nous avons voulu frapper un grand coup en nous dotant d’un outil d’élevage reproductible, bénéficiant d’un laboratoire suffisamment dimensionné pour absorber différentes phases d’accroissement », poursuit-elle en revendiquant la position de leader européen dans la production de grillons. Le nouvel équipement devrait lui permettre d’atteindre un chiffre d’affaire de 700.000 € cette année, avec un objectif affiché de 1,4 million d’€ en 2021. L’entreprise se met en effet en ordre de marche pour se développer sur son principal marché, la France, et élargir son périmètre à l’Allemagne, au Royaume-Uni et à l’Europe du nord.


Déshydratés, salés, sucrés ou nature, à grignoter

ihou
  Dans la gamme de produits commercialisés par Alim'Ento sous sa marque Ïhou : des insectes à croquer et des barres énergétiques. © Ïhou.

L’avènement d’une règlementation européenne le 1er janvier 2018 a en effet permis à la société de franchir un cap.  « L’insecte est désormais reconnu comme une denrée alimentaire, ce qui implique pour les fabricants de déposer des demandes d’autorisation », se félicite la dirigeante.
Les pâtes enrichies en protéines viennent compléter la gamme proposée par la marque Ïhou de grillons déshydratés salés, sucrés et nature pour l’apéritif et le grignotage, ou encore l’agrément de salades. Au total, neuf produits composent cette gamme. L’entreprise est également pourvoyeuse de matière première pour les transformateurs intéressés par cette source de protéine alternative, une activité qui représente 70% de son chiffre d’affaires.


granvelle

Qui est Déborah Findeis-Schäfer ?

schaferLa présidente d’Alim’Ento s’est appuyée sur une première partie de carrière dans le conseil en sécurité sanitaire des aliments pour lancer sa société en 2016. Cette autodidacte s’est associée à Pauline Barré, ingénieure agroalimentaire de formation, pour faire décoller ce projet ambitieux.
L’audace et  la persévérance de Déborah Findeis-Schäfer ont été salués le 15 décembre 2017 à Paris à l’occasion des Trophées des Femmes de l’Économie. Esprit visionnaire, la cofondatrice d’Alim’Ento met en avant une source de protéines peu émettrice de gaz à effet de serre et donc une solution pour nourrir une planète de plus en plus peuplée.
1 commentaire(s) pour cet article
  1. Marielle SELIGdit :

    Coupe de "gueule" - trop c'est trop ! l'Homme est décidemment capable de "dévorer" la totalité du règne animal...jusqu'où s'arrête t'il ? Cannibalisme = prochaine étape ? Il serait grand temps de nous songions tous à "manger - consommer autrement" pour préserver notre planète et l'ensemble des espèces vivantes qu'elle abrite !!! Pour les Celtes, le grillon était le porte-parole de la terre et pour les chinois, le triple symbole de la vie, de la mort et de la résurrection. Je présume que ces insectes sont broyés/mixés vivants...juste écœurant ! Quid d'une avancée technologique, cela ressemble plutôt à un retour vers la préhistoire.

Commentez !

Combien font "6 plus 6" ?