Vin. Après la Cave des Vignerons des Terres secrètes, implantée à Prissé, en Saône-et-Loire (lire sur le sujet : www.tracesecritesnews.fr/actualite/les-vignerons-des-terres-secretes-se-revelent-6775), portons aujourd’hui notre regard sur la Chablisienne, autre coopérative viticole bourguignonne située à Chablis (Yonne) et qui porte le nom d’un des vignobles à vin blanc parmi les plus connus dans le monde.

L’entreprise (44 millions d’€ de chiffre d’affaires attendu en 2011, dont 70% à l’export, 62 salariés) représente pas moins du quart de l’appellation Chablis, avec ses 252 adhérents vignerons et ses 1250 hectares de vignes.

Et comme cela ne suffisait pas à sa peine, elle vient de racheter, plus au sud, le domaine des Mouchottes, à Villers-la-Faye (Côte-d’Or).

Grâce à cette opération au montant non communiqué, la coopérative s’offre 65 hectares, essentiellement plantée en pinot noir (Hautes-Côtes-de-Nuits et Savigny). «Nous ne voulions pas laisser partir un tel domaine qui est le plus important adhérent de la Cave des Hautes-Côtes», explique Damien Leclerc, directeur général de la Chablisienne.

Explication : dans le monde coopératif, la solidarité sait encore jouer.

En légères difficultés financières du fait de la crise économique, la Cave des Hautes-Côtes (environ 11 millions d’€) ne pouvait pas racheter cette exploitation et risquait de voir sa production annuelle chuter fortement en cas d'acquisition par un tiers.

Des marchés plus diversifiés à l’exportation

«Elle continuera, bien évidemment, de vinifier la récolte des Mouchottes et de commercialiser le vin, en pouvant compter sur notre soutien technique», souligne le directeur général.

De son côté, la Chablisienne, même plombée comme en 2009 par la mévente du vin à l’international, sait rebondir. Pour se préparer à la sortie de crise, elle a continué d’investir ces deux dernières années pour un montant de 2,5 millions d’€.

Une nouvelle cuverie de stockage de 10 000 hectolitres a ainsi vu le jour et tout le système informatique a été renouvelé. En outre, la coopérative viticole bénéficie dorénavant d’un caveau de vente entièrement refait et d’un lieu de dégustation digne de ce nom au pied de la Montagne des Grands Crus.

Autre force : son appartenance à Blasons de Bourgogne (120 millions d’€ de chiffre d’affaires).

Ce GIE regroupe quatre autres caves coopératives de Bourgogne (*), pour lesquelles elle assume le marketing, la logistique, ainsi la commercialisation des produits à l’étranger et en grandes surfaces.

«Nous restons toutefois maître de nos stratégies», ponctue Damien Leclerc. Et pour la Chablisienne, exportation rime avec diversification des débouchés géographiques.

Si les pays anglo-saxons demeurent les principaux clients, le premier producteur de Chablis conquiert de plus en plus de parts de marché sur toute la Scandinavie, les pays de l’Est et en Asie : Singapour, Hong-Kong et la Corée-du-Sud.

«Avec l’espoir à terme de rayonner encore plus largement afin que notre raison sociale devienne une véritable marque mondiale», indique le dirigeant.

(*) Les Vignerons des Terres Secrètes, les Vignerons de Buxy, la Cave des Hautes-Côtes et celle de Bailly-Lapierre, plus spécialisée dans le crémant.

Crédit Photo : La Chablisienne

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