Le bilan 2018 de la Caisse d’Épargne de Bourgogne-Franche-Comté a été l’occasion de présenter le nouveau président du Conseil d’Orientation et de Surveillance (COS), Eric Fougère, fraîchement élu. La banque régionale accentue ses services en ligne, restructure ses agences physiques et prépare l’accueil des employés des fonctions support de Besançon dans son futur siège social de Dijon.

Il est bien loin l’Écureuil qui entassait ses noisettes pour les grignoter tout l’hiver. Certes, la Caisse d’Épargne de Bourgogne-Franche-Comté reste une banque qui attire toujours les bas de laine – elle a créé un compte livret régional (plus de 10.500 clients) qui assure que les économies de ses clients sont investis dans l’économie régionale –, une banque solide avec un résultat financier net maintenu en 2018 au niveau de l’année précédente (65,1 millions d’€) et de proximité avec 223.000 sociétaires. Mais elle devient aujourd’hui de plus en plus digitale.
La caisse de Bourgogne-Franche-Comté est la première à avoir mis en oeuvre début 2019, la souscription de crédits immobiliers par l’Internet. La simulation d’un prêt peut aboutir à une conclusion entièrement réalisée à distance par le client grâce à la transmission des documents légaux. « Sur 600 simulations, 20 ont été finalisés en ligne, c’est encore peu car les conseillers accompagnent cette mutation en rappelant le client sous 24 heures », explique Cédric Mignon, membre du directoire, responsable de la banque de détail. Le crédit consommation sera également réalisable en ligne d’ici fin mai. Et cette offre digitale s’adresse aussi aux professionnels pour les petits investissements en équipements.

 

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La Caisse d’Épargne de Bourgogne-Franche-Comté est-elle alors en train de  devenir une banque en ligne ? Le directoire que préside Jean-Pierre Deramecourt s’en défend mais l’Écureuil ne veut pas perdre une miette du marché qui est en train de muter sous l’impulsion des jeunes générations. « Nous ne voulons pas imiter la banque en ligne, mais nous ne voulons pas non plus se laisser dépasser par elle », argumente Cédric Mignon. Plusieurs services suivent cette tendance : le virement instantané (4.000 utilisateurs à ce jour) et le paiement par mobile (25.000 clients en 2018).

 Eric Fougère, nouveau président Conseil d’Orientation et de Surveillance (COS)

fougereÉlu le 30 avril 2018, Eric Fougère succède à Antoine Sylvain-Blanc, président du Conseil d’Orientation et de Surveillance (COS) depuis 2015.  L’homme, 52 ans, connaît bien le métier de la banque pour avoir travaillé dans le secteur pendant 17 ans, à Paris puis à Dijon, au Crédit Lyonnais, devenu LCL.
Depuis 2006, Eric Fougère est le directeur financier de la maison de vins Louis Latour à Beaune (Côte-d’Or). 
Il connaît également bien la Caisse d’Épargne de Bourgogne-Franche-Comté pour avoir été président de la société locale d’épargne (SLE) Sud Côte-d’Or depuis 2015 et simultanément président du comité des risques du COS. 
Cette structure représente les sociétaires qui, en Bourgogne-Franche-Comté, sont regroupés en 12 sociétés locales, avec une représentation géographique et sociologique de la clientèle. Son rôle est de veiller à ce que « la banque ne fasse pas une course au profit dans l’absolu, mais soit fidèle à ses valeurs. » Le COS veille notamment à ce que les investissements profitent à l’ensemble du territoire régional.
Le directoire, quant à lui, constitué de cinq membres, assure la direction effective de l'entreprise.

Conséquence de la digitalisation, la carte des agences physiques est modifiée. La banque supprime depuis quelques années les petits agences en milieu rural tout en préservant une proximité dans « 90% des bassins de vie », précise Jean-Pierre Deramecourt.
En ville aussi, des agences de taille moyenne ferment pour donner naissance à de plus grandes où se côtoient l’accueil physique des conseillers et les services digitaux. Ce sera le cas de l’agence historique du Théâtre à Dijon qui fermera le 1er janvier 2020 en fusionnant avec celle de Darcy pour donner naissance à un espace de 900 m2 place Grangier.
Un budget de 10 millions d’€ en 2019 est réservé au réagencement des agences, parmi lesquelles la reconstruction de celle de l’avenue Victor Hugo à Dijon. « Dans les agences, les opérations à moindre valeur ajoutée pourront être réalisées par les clients, le personnel intervenant dans le  conseil, ce qui entraîne en même temps moins de travail administratif. »

Les conditions de transfert du siège de Besançon désormais définies

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Parmi les investissements 2019, la reconstruction de l'agence Victor Hugo à Dijon. © CEBFC

Ces transformations vécues par les collaborateurs de terrain, le président du directoire veut les véhiculer jusqu'au siège social de Dijon à l’occasion de la construction du nouveau dans le parc Valmy, d’ici deux ans. Les 85 employés de l'ancien siège de Besançon qui pour leur majorité – à part quelques démissions ou transferts en agences – rejoindront leurs collègues de Dijon pour former un effectif de 450 personnes, seront invités à travailler en équipe de façon plus collaborative et transversale, bousculant les habitudes de travail basées, dans la culture bancaire, sur la hiérarchie.
Entré depuis peu dans la banque, le télétravail sera généreusement proposé aux employés bisontins, avec l’accord des syndicats, à raison de deux jours par semaine. Pour faciliter le trajet quotidien domicile-travail – peu d’entre eux ayant choisi de déménager –, un bus connecté est mis en place : sur les 3 heures de trajets aller et retour, une sera rémunérée comme heure de travail.

 
LCRDijon


La synthèse revient au nouveau président du Conseil d’Orientation et de Surveillance (COS), Eric Fougère : « La digitalisation peut perturber les clients et les salariés, mais cela ne doit pas être un obstacle mais plutôt un levier de transformation. » Le chemin qui peut désorienter les clients historiques, ceux du livret A à l’époque pas si lointaine où la Caisse d’Épargne en avait l’exclusivité, n’est pas forcément le mauvais. Car avec 178.000  clients de moins de 25 ans, elle s’affirme la banque des jeunes.

Isabelle Brouté féminise le directoire

isabellebrouteElle est entrée au directoire de la banque régionale à l’automne 2018 pour gérer un large portefeuille constitué des entreprises (la Banque de Développement Régional), les collectivités locales et le marché du logement social.
Dans le réseau Caisse d’Épargne depuis presque le début de sa carrière, Isabelle Brouté a pour mission de renforcer la position de la banque sur le marché des entreprises où elle revendique une PME cliente sur 4. Cela passe par des financements spécifiques selon la situation de l’entreprise (transmission, crédits de trésorerie en cas de difficultés, premiers pas à l’export, projets d'innovation etc.), mais aussi une participation en fonds propres. Ce fut le cas pour 7 entreprises en 2018 dont 5 portant des projets innovants pour un engagement de 1,5 million d’€.
La banque va également continuer de s’ancrer sur le marché des collectivités locales qu’elle domine (avec 1 sur 2), comme prêteur mais aussi investisseur de projets régionaux aux côtés de sociétés d’aménagement. On retrouve la Caisse d’Épargne dans le projet Viotte, dans le quartier de la gare de Besançon, et prochainement, dans la restructuration du centre commercial Dauphine à Dijon.

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