Transfert d'un lingot (fond primaire de générateur de vapeur) à Creusot-Forge (photo Areva Carillo Georges).
Transfert d'un lingot (fond primaire de générateur de vapeur) à Creusot-Forge (photo Areva, Carillo Georges).

METALLURGIE. Le numéro un mondial de l'énergie nucléaire accroît ses capacités productives de composants lourds des centrales.

Les sites du Creusot et de Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire, investissent  dans de nouveaux équipements.

Areva fédère en Bourgogne toute une filière qui emploie plus de 12 000 personnes.

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En Bourgogne, les cuves à vin cohabitent depuis longtemps avec les cuves nucléaires. La bonne santé du secteur viticole, surtout à l’exportation, ne doit pas masquer une autre activité régionale en plein essor : la fabrication des composants lourds des centrales.

Tête de pont d’une filière qui regroupe localement une grosse centaine d’entreprises et emploie plus de 12 000 personnes, Areva renforce les capacités productives de ses deux sites du Creusot et de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) pour répondre à un important carnet de commandes, de trois à cinq ans selon la nature des pièces à livrer.

Il résulte en partie du programme de maintenance lourde sur le parc de réacteurs nationaux, hérité de la catastrophe de Fukushima et baptisé « Grand Carénage (*)».

Rachetée en 2006 au groupe France Essor et spécialisée dans les grandes pièces forgées et moulées, Creusot Forge (300 salariés), consacre 40 millions d’€ à une nouvelle presse de 9 000 tonnes en remplacement d’une plus ancienne de 7 500 tonnes.

Opérationnelle à la fin de l’été, elle permettra, aux côtés d’une presse de 11 300 tonnes, de forger jusqu’à 200 lingots par an.

Fabrication d'un composant de la boucle primaire à Areva Chalon-sur-Saône.
Fabrication d'un composant de la boucle primaire à Areva Chalon-sur-Saône.

3000 postes à renouveler

À Chalon-sur-Saône (900 salariés, dont 140 ingénieurs et techniciens), où sont assemblés l’ensemble des cuves des réacteurs, leur couvercle, les générateurs de vapeurs, mais également des pressuriseurs et de nombreuses pièces connexes des réacteurs, le numéro un mondial du nucléaire renforce aussi ses équipements.

Il vient de se doter pour 4 millions d’€ dune machine spécifique de perçage des plaques d’entretoises des générateurs de vapeur.

« Ces développements s’intègrent aux 300 millions d’€ investis depuis 2004 dans notre outil industriel bourguignon, le seul que nous exploitons dans ce type très spécifique de production », souligne t-on chez Areva.

Le tissu de sous-traitants profite de ce savoir-faire unique. À titre d’exemple, Valinox Nucléaire, filiale du groupe Vallourec implantée à Montbard (Côte-d’Or) et le plus important d’entre eux, n’a pas hésité à tripler en 2011 ses capacités de fabrication de tubes de générateurs.

L’entreprise (500 salariés, une centaine de millions d’euros de chiffre d’affaires), dirigée par Gérard Kottmann, renforce parallèlement son effectif avec un programme de 315 recrutements engagé depuis 2008. Ce volet social est d’ailleurs l’un des enjeux majeurs de la filière nucléaire bourguignonne.

« D’ici à trois ans, il faudra renouveler pas moins de 3 000 postes avec des métiers actuellement en très forte tension, comme ceux de soudeur, d’usineur, de robinetiers ou encore de chaudronnier », indique Bertrand Gauvain, directeur du Pôle Nucléaire Bourgogne (PNB), labellisé pôle de compétitivité.

Pour répondre à ce besoin crucial de compétences, Areva a dû intégrer sur son site chalonnais sa propre école de soudage qui lui permet de qualifier son personnel maison dans ce métier très stratégique pour l'entreprise.

Sortie du four d'une plaque tubulaire pour générateur de vapeur chez Creusot-Forge (photo Areva, Carillo Georges).
Sortie du four d'une plaque tubulaire pour générateur de vapeur chez Creusot-Forge (photo Areva, Carillo Georges).

Une formation incorporée au programme de 40 000 heures dispensées sur ses deux sites bourguignons.

(*) Chiffré à 55 milliards d’€ et destiné à réaliser jusqu’en 2025 des opérations de maintenance très lourde du parc des centrales.

Autre crédit photos : Areva

2 commentaire(s) pour cet article
  1. Thierry REBETdit :

    Je partage l'avis de Jannin Carnet, car certain de mes collègues avez été approchés en direct avec des arguments de formation par leur école de Soudure Interne en leur promettant des licences. Quelques uns ont accepté la proposition et au bout du cursus de formation ils n'ont pas eu de contrat chez AREVA sans aucunes explications. Fallait-il remplir leur nouvelle école pour justifier les aides reçues auprès des instances Gouvernementales?

  2. JANNIN CARNETdit :

    Attention, nous les petites entreprises d'être vigilantes sur le recrutement que va faire Areva. J 'ai le souvenir, il y a quelques années nous avons été complètement dépouillés par la méthode, cautionnée par nos politiques de l'époque.

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