L'établissement relevant de l'université de Strasbourg a acquis ces dernières années, pour un cumul de plus d'1 million d'euros, plusieurs équipements qui rivalisent avec les meilleures technologies des industries. Ces dotations proviennent souvent du riche tissu qui l'entoure dans le nord de l'Alsace.
Ce n’est pas l’usine 4.0, mais cela y ressemble fortement. Au nord de l’Alsace, l’Institut universitaire de technologie de Haguenau (relevant de l’université de Strasbourg) se distingue par la qualité de ses équipements de formation. Ceux-ci n’ont que peu à envier au matériel des industriels qui l’entourent dans son bassin d’emploi.
Et pour cause : ces derniers (Siemens France, SEW-Usocome, Norcan…) lui cèdent un certain nombre de machines, certes pour passer de leur côté à une génération suivante, mais ces matériels présentent encore un degré d’avancée technologique suffisant pour placer les étudiants dans les meilleures conditions pour se familiariser avec le monde de l’industrie du futur.
Ces collaborations peuvent d’ailleurs dépasser le cadre local. L’un des derniers « joyaux » installés dans les locaux de l’IUT, au printemps dernier, est une ligne pédagogique de type lean du groupe Bosch-Rexroth (systèmes d’entraînement) qui n’est pas présent au niveau industriel en Alsace. Automatisée, digitalisée, elle initie les élèves à l’assemblage de petites séries de manière flexible, en étant dotée d’un poste de contrôle à assistance intelligente et de petits robots de transport de pièces. Elle équipe le département QLIO qui débouche sur le BUT (*) du même nom - Qualité, logistique industrielle et organisation - et sur la licence professionnelle MEQ (Management des entreprises par la qualité) à raison d’une cinquantaine de diplômés par an. « Ceux-ci trouvent un emploi sans problème, et rapidement », souligne la responsable du département, Lorène Dubreuil.
Ergonomie et recyclage

La halle « Flextory » dans laquelle cet équipement a pris place rassemble d’autres matériels et technologies dernier cri : exosquelettes pour les sujets d’ergonomie qui associent le département QLIO au laboratoire de recherche I-Cube de l’université de Strasbourg, lecteurs RFID, système Andon d’alertes et indications visuelles le long de la chaîne de production…l'ensemble des systèmes sont interopérables et permettent un pilotage complet de production. De plus, une machine de mesure tridimensionnelle est attendue à la rentrée prochaine.
« Au bout du process, nous avons aussi installé une ligne de recyclage des chutes de matière plastique de notre Fablab », ajoute Gauthier Hentz, ingénieur pédagogique spécialisé 4.0. L'IUT héberge aussi en effet, à l’étage supérieur, un tel Fablab depuis la rentrée dernière, avec machine de découpe laser, imprimantes 3D, etc.
Autre filière dans les locaux d'Haguenau, le département Génie électrique et informatique industrielle (GEII) n’est pas en reste. Il regorge de robots, cobots et autres équipements d’interface homme/machine qui font plonger les 170 élèves (trois promotions) du BUT GEII dans le bain de l’industrie 4.0. La salle de robotique comprend ainsi quatre robots industriels et un cobot du fabricant Fanuc. « Les logiciels CAO et de vision industrielle 2D et 3D qui leur sont associés aboutissent à un outil de formation de très bon niveau, pour l’identification de défauts de pièces par exemple », décrit Eric Lorrain, chef du département.

L’enseignant poursuit la visite de son département en poussant les portes d'un autre hall de l’ « usine-école ». « Smart Prod » justifie bien sa dénomination, par le concentré de matériels qu’il offre. Deux robots collaboratifs « Sherpa Mobile Robotics » de la PME de Haguenau Norcan précèdent une ligne de production mise à disposition par l’industriel allemand Festo depuis cinq ans. Celle-ci reproduit en condition réelle le conditionnement de flacons en appliquant les préceptes du « Manufacturing Execution System. »
Plus loin, pas moins de 20 postes automates d’interface homme/machine sont accessibles aux élèves, principalement de 2ème et 3ème année. « L’investissement pour le département ces dernières années s’est élevé à plus de 400.000 € avec des aides de la région Grand Est et du programme Idex (Initiative d’excellence) dont l’université de Strasbourg est lauréate », précise Eric Lorrain. Au total, l'investissement dans l'IUT pour le projet usine-école s'est monté à 1,3 million d'€.
Apprentissage et formation trinationale

Le BUT Génie électrique et informatique industrielle est décliné en trois spécialités : électronique et systèmes embarqués, automatismes et informatique industrielle, et enfin, électricité/maîtrise de l’énergie qui ouvre notamment aux enjeux croissants de transition énergétique en entreprise. Trois licences professionnelles sont également proposées en contrats d’apprentissage d'un an : intégration robotique industrielle (12 élèves par an), industrie du futur, contrôle des systèmes industriels électriques (CSIE), en association avec les CFA de l'industrie de l’UIMM Alsace ou le CFAU de l’université de Haute-Alsace de Mulhouse (Haut-Rhin).
Au total, là aussi, « nous ne rencontrons pas de problème de débouché pour les étudiants du département », souligne Eric Lorrain.
Celui-ci offre également une ouverture vers le transfrontalier voisin depuis plus de dix ans : une formation trinationale franco-germano-suisse de trois ans avec la Hochschule d’Offenburg et la Haute école Arc de Neuchâtel bénéficie chaque année à une dizaine d’étudiants des trois nationalités.
(*) Bachelor universitaire de technologie, diplôme bac + 3 ayant succédé aux DUT préparés en deux ans



















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