Le fabricant alsacien d’équipements industriels sur mesure rebondit après deux mois difficiles. Il enrichit sa gamme de robots d’assistance à la manutention et à la préparation de commandes avec un petit nouveau dédié à la désinfection des surfaces, imaginé avec une entreprise de Nantes. Norcan espère que cette offre de circonstance permettra de pallier le manque de commandes. 



Depuis 2018, Norcan, spécialiste des solutions mécano-montées modulaires et sur mesure à base de profilés en aluminium à Haguenau (Bas-Rhin), commercialise des robots d’assistance à la manutention et à la préparation de commandes. En mars dernier, au début du confinement, l’entreprise alsacienne est interpelée par l’un de ses clients industriels historiques pour développer une solution de désinfection autonome.
L’équipe dédiée à la gamme de robots mobiles et collaboratifs Sherpa se met alors au travail. Elle se rapproche de Devea, société de la région nantaise qui fabrique un appareil de désinfection et décide de l’installer sur le plateau supérieur du robot Sherpa B que Norcan avait développé pour la préparation de commandes.
L’appareil de désinfection de Devea, baptisé Phileas, utilise la technologie de centrifugation pour projeter des microgouttelettes. Son procédé virucide est certifié NF T 72-281, la norme de référence pour valider l’efficacité des couples appareils / produits pour les fabricants de ce type de dispositifs. Le produit utilisé, à base d’eau oxygénée, possède une autorisation de mise sur le marché depuis 2014.

 

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Avec la collaboration de Norcan, cette solution de désinfection devient mobile pour être utilisée facilement dans les vestiaires, les halls, les bureaux… Toutes les surfaces lui sont accessibles, jusqu'au fond des tiroirs de bureau. Et comme il diffuse un brouillard sec qui ne laisse aucune trace en surface, il n’y a pas de risque de corrosion. « L’autre avantage c’est que ce robot peut être programmé pour désinfecter les locaux en soirée ou pendant la nuit, et le lendemain, les salariés peuvent revenir travailler en toute sécurité », commente Arnaud Debs, responsable marketing de Sherpa Mobile Robotics (SMR), la filiale qui recouvre depuis le 1er janvier 2020, la branche innovation de Norcan dédiée aux robots mobiles et collaboratifs.
Les ventes du robot désinfectant ont démarré en ce début juin, en priorité sur les marchés français et allemand. Mais via ses filiales en Suède, Espagne, Pologne et au Maroc, le fabricant espère aussi trouver des débouchés dans ces pays.

Deux nouveaux robots d’ici à 2021

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L'intérêt d'un robot autonome est qu'il peut être programmé pour faire son travail la nuit, lorsque les salariés ont quitté les locaux. © Norcan/Devea

La gamme Sherpa de Norcan continue de s’agrandir : en test, le Sherpa P dédié au transport de palettes sera commercialisé à partir du mois de septembre. Destiné au marché de la logistique, de l’industrie de production et du e-commerce, il pourra transporter des charges jusqu’à 1.000 kg entre deux postes de travail ou vers des quais d’expédition.
Un troisième robot, le Sherpa W, sera commercialisé à partir de 2021. Multi-usages et multi-fonctions, il est destiné à des espaces plus contraints et plus complexes. Muni de grosses roulettes, il sera en mesure de tracter et de tirer des charges jusqu’à 200 kg. « Avec ce robot, nous visons toujours les mêmes marchés mais aussi de nouvelles cibles comme les aéroports, les gares et la grande distribution », prévient Arnaud Debs.
Les ventes du premier robot, le Sherpa B, commercialisé depuis 2018 avaient démarré lentement. « Les commandes devaient se concrétiser en 2020, mais la crise du Covid-19 a ajouté encore un peu plus de difficultés. Aussi, nous avons lancé une offre d’essai : nous permettons aux clients intéressés d’essayer le robot pendant 3 à 4 semaines. Et nous espérons que l’offre de robot désinfectant nous permettra de pallier le manque de commandes entrantes », confie Arnaud Debs.

 

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En 2019, Norcan qui emploie 150 salariés (dont 120 en France) et réalise un chiffre d’affaires de 21 millions d’€ s’était fixé l’objectif de produire 100 unités en 2020. Elle espère toujours y parvenir justement grâce au robot désinfectant. Car l’entreprise qui a de nombreux clients dans l’automobile, l’aéronautique et le ferroviaire, a été fortement impactée par la crise liée au Covid-19. Partiellement arrêtée en mars, l’usine de Haguenau s’est adaptée aux circonstances en développant une gamme d’équipements de protection : des sas d’entrée, des parois et cloisons de séparation, des hygiaphones, etc.

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