L’aéroport à la frontière franco-suisse a retrouvé un seuil de 7 millions de passagers l’an dernier, près de trois fois supérieur à son creux historique de 2020. Son trafic de fret est resté pratiquement stable, à plus de 110.000 tonnes.
« Ce fut une bonne année ». Matthias Suhr, le directeur de l’EuroAirport, l’aéroport de Bâle-Mulhouse-Fribourg, a exprimé une certaine satisfaction en présentant, ce jeudi, le bilan de trafic de la plateforme pour 2022. Le trafic passagers est remonté à 7 millions de passagers, soit près du double de 2021 (3,6 millions) et du triple de l’année 2020 du Covid où le chiffre était tombé à 2,6 millions de passagers.
« Nous restons encore loin du record de 9,1 millions de passagers en 2019 », a poursuivi le directeur. Faut-il souhaiter pour la planète renouer avec un tel niveau ? C’est un débat. En tout cas, l’aéroport table sur une poursuite de sa remontée, il prévoit de parvenir à 7,4 millions de passagers cette année. Cette clientèle provient pour moitié de la Suisse, et pour un quart chacun de la partie française et d’Allemagne.
Par ailleurs, l’activité de fret est restée « globalement stable », lecture faite par la direction de la légère baisse de 4 % sur un an. Elle aboutit à un chiffre au demeurant toujours historiquement élevé de 114.320 tonnes.
Le trafic aérien de marchandises a toutefois souffert l’an dernier à Bâle-Mulhouse : il a reculé de 9,5 % à 66.770 tonnes, dont - 16,3 % pour le cargo qui semble ainsi pâtir des freins à la mondialisation des échanges (total de 16.540 tonnes) et - 7 % pour l’express (50.230 tonnes). Le fret par camion est venu compenser en partie cette évolution, il s’affiche pour sa part en croissance annuelle de 4,4 %, à 47.550 tonnes.
Pour expliquer ce contraste, l’EuroAirport avance l’hypothèse de substitutions d’un mode vers l’autre. « Des logisticiens ont probablement adapté leur organisation, en pré-acheminant des flux par la route vers des aéroports comme Francfort en mesure de massifier les volumes lorsque ceux-ci étaient en nombre insuffisant pour décoller de Bâle-Mulhouse », expose Marc Steuer, directeur adjoint de l’aéroport.
Légère croissance des effectifs

En tout cas, le récent terminal cargo a continué l’an dernier à faire le plein de ses 21.000 m2, partagés entre expéditions par la route ou les airs et notamment dédiés aux produits de la puissante industrie pharmaceutique bâloise. L’activité de fret devrait rester à un niveau comparable cette année, selon l’Euroairport.
La partie « industrie » de la plateforme, constituée surtout des aménagements intérieurs d’avions pour riches clients privés (Jet Aviation, Amac Aerospace…) a engrangé des « carnets de commandes stables, le marché s’est redressé malgré la pandémie et la guerre en Ukraine », analyse la direction de l’aéroport. Elle contribue, ainsi, à la légère croissance des effectifs à Bâle-Mulhouse toutes activités confondues, passés en un an de 6.100 à 6.220 employés.
Au niveau des investissements, une enveloppe de 30 millions d’€ est dégagée cette année pour la modernisation des infrastructures. Le gros dossier, celui du raccordement ferroviaire, avance, mais plutôt toujours au rythme d’une Micheline que d’un TGV. Il a obtenu en mars dernier sa déclaration d'utilité publique. Les études d’avant projet-détaillé de SNCF Réseau sont attendues pour la fin de cette année, ce qui devrait permettre de rentrer dans une phase pré-opérationnelle. Mais avancer un calendrier de travaux et de mise en service serait hasardeux. « Le financement n’est pas sécurisé », a reconnu Matthias Suhr jeudi. Il est vrai qu’il s’agit de rassembler une coquette somme de l’ordre de 330 millions d’€.
























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